Constipation : 7 plantes pour y remédier

Être constipé est un problème courant et désagréable. Mais au lieu de se ruer sur des médicaments, on peut se tourner vers des plantes aux propriétés laxatives :

  • en usage très ponctuel : celles qui favorisent la sécrétion de liquide et de mucus sur les parois intestinales et stimulent ses mouvements. Elles ont une action irritante et peuvent parfois entraîner une dépendance.
  • en usage chronique : celles qui sont riches en fibres solubles ou en mucilages et ont un effet dit « de lest ».

Ces 7 plantes sont reconnues pour aider à remédier au problème de constipation. Le choix doit tenir compte du type de constipation et de la présence de pathologies. Faites-vous conseiller par un professionnel de santé.

Quelles plantes pour un usage ponctuel ?

La bourdaine

La bourdaine est un arbrisseau riche en tannins, flavonoïdes, anthrones et anthraquinones (franguline et émodine).

Les anthraquinones de l’écorce séchée de bourdaine sont douées d’un effet laxatif et même, à plus forte dose, purgatif. Ils stimulent les tissus intestinaux et hydratent les selles asséchées

Elle peut se prendre :

  • en infusion : faire infuser 0,5 g de bourdaine séchée dans 15cl d’eau, faire infuser 10 minutes, et prendre le soir pour un effet le lendemain matin,
  • en décoction : mettre à bouillir de 2 à 5 g de bourdaine séchée durant 5 minutes puis laisser infuser 10 minutes, à prendre le soir et le lendemain matin,
  • en gélules ou teinture-mère, selon les indications du pharmacien.

Ce remède convient uniquement aux adultes. La durée est de 10 jours pour une constipation occasionnelle.

Le séné

Le séné est aussi un petit arbrisseau aux gousses dont est extraite une substance laxative. Celles-ci contiennent des dérivés naturels d’anthraquinone alors que les feuilles sont riches en flavonoïdes, en dérivés naphtaléniques et en anthracénique B.

Le séné stimule les fonctions motrices de l’appareil digestif et contribue à hydrater les selles.

Un usage prolongé peut entraîner une dépendance et un surdosage des troubles de santé. Il existe aussi des contre indications à son emploi. C’est pourquoi le séné est le plus souvent prescrit sous forme de médicament. Une cure doit être brève (max 10 jours) et occasionnelle.

La rhubarbe

La richesse de la rhubarbe en pectine et en anthraquinone en fait un excellent laxatif. Elle rétablit également les fonctions digestives en stimulant la sécrétion de bile et prévient la constipation.

A intégrer naturellement dans l’alimentation. En phytothérapie, faire une décoction (faire bouillir 1.5 g de racine séchée dans 200 ml d’eau) ou prendre en gélules.

Ce remède est déconseillé aux femmes enceintes et allaitantes ainsi qu’aux enfants. L’usage de la rhubarbe en phytothérapie doit rester ponctuel.

L’aloé vera

Le latex de cette plante a des propriétés laxatives qui aident l’intestin à se vider et à éliminer les toxines. Elle est riche en nutriments (magnésium, la vitamine C et B9) favorisant le transit. Les feuilles d’aloé vera non épluchées ont une forte concentration d’aloïne, au pouvoir laxatif puissant, pouvant entraîner des diarrhées.

L’OMS reconnait l’aloé vera comme un remède aux constipations occasionnelles. Elle est déconseillée en cas de constipation chronique.

Selon le type de constipation, l’aloé vera peut se prendre en gel frais (mucilage) ou en jus, à raison de 30ml soit 2 cuillères à soupe par jour. Privilégiez des jus à base de mucilage plutôt qu’issus de feuilles broyées. Il existe aussi des compléments alimentaires.

Quelles plantes pour un usage chronique ?

Le psyllium

Le psyllium ou ispaghul est une plante médicinale déjà connue des Égyptiens pour ses vertus laxatives.  Les graines minuscules sont enveloppées d’une cosse de fibres solubles capables de retenir l’eau.

Il aide à réguler le transit intestinal. Il favorise l’évacuation des selles en stimulant les mouvements intestinaux et en absorbant les fluides des parois intestinales. Il est ainsi efficace contre la constipation chronique. Il apaise les troubles du syndrome du côlon irritable ou de colite ulcéreuse (des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin).

Prendre 10 grammes de graines dans 100 ml d’eau, 1 à 3 fois par jour. Il faut la boire rapidement avant la formation d’un gel et bien ingérer 200 ml d’eau après chaque prise.

L’usage du psyllium est déconseillé aux femmes enceintes et allaitantes ainsi qu’aux enfants. Le psyllium peut également interagir négativement avec les médicaments des troubles bipolaires et de l’épilepsie. Il peut aussi provoquer des réactions allergiques et aggraver les symptômes de l’asthme en cas de sensibilité.

Le fenugrec

Les graines de fenugrec agissent comme le psyllium. Riches en mucilages, elles retiennent l’eau dans les selles et aident à prévenir la constipation.

Elles peuvent être utilisées en cas de constipation chronique.

Le dosage usuel est de 2 cuillères à café par jour, accompagné d’une grande quantité d’eau. Le non-respect de cette posologie peut conduire à l’apparition d’autres troubles digestifs.

Les graines de lin

Les graines de lins sont riches en fibres solubles et en acides gras oméga-3.  Elles agissent comme un lubrifiant naturel pour le transit intestinal.

Il est recommandé de laisser tremper 1 cuillère à soupe de graines de lin écrasées dans un verre d’eau au moins 30 minutes, même plusieurs heures, avant de les prendre au cours d’un repas.

Bien s’hydrater pour faciliter leur effet car, si la quantité d’eau ingérée avec les graines de lin est insuffisante, des risques d’obstruction intestinale sont possibles.

Elles peuvent être utilisées occasionnellement et lors de constipation chronique. Mais avec un syndrome du côlon irritable, il est conseillé de les consommer avec précaution et progressivement.

Que faut-il savoir sur les laxatifs à base de plantes ?

« Les laxatifs anthraquinoniques à base de plantes (séné, aloès, bourdaine…) peuvent entraîner des troubles de l’hydratation et une baisse du potassium dans le sang, favorisant ainsi la constipation. Des atteintes du foie et du rein ont été rapportés » notait le Professeur Philippe Ducrotté, ancien chef du pôle hépato-gastro-entérologue au CHU de Rouen.

Il est conseillé de ne pas se limiter à traiter les symptômes de la constipation, surtout si elle est chronique, et de repenser son hygiène de vie : pratique de l’activité physique, alimentation naturellement riche en fibres, excellente hydratation.

Toujours prendre l’avis d’un professionnel de santé car l’automédication peut entraîner des risques, propres à chacun.

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Aline Legrand