Sommeil perturbé entre 30 et 40 ans : une étude révèle des problèmes cognitifs plus tard

Une nouvelle recherche publiée dans la revue Neurology de l'American Academy of Neurology indique que les perturbations du sommeil entre 30 et 40 ans peuvent entraîner des problèmes de mémoire et des difficultés cognitives plus tard dans la vie.

Le sommeil est essentiel pour notre bien-être physique et mental. Des études antérieures ont déjà démontré son rôle crucial dans la consolidation de la mémoire et les fonctions cognitives. Une nouvelle recherche publiée dans la revue Neurology de l’American Academy of Neurology indique que les perturbations du sommeil entre 30 et 40 ans peuvent entraîner des problèmes de mémoire et des difficultés cognitives plus tard dans la vie.

Méthodologie de l’étude

Les chercheurs ont suivi 526 personnes pendant 11 ans pour étudier les schémas de sommeil et leur impact sur la mémoire et les fonctions cognitives. Les participants ont été équipés d’un moniteur de poignet pour enregistrer leur sommeil pendant trois jours consécutifs, une fois par an. Ils ont également tenu un journal du sommeil pour noter leurs heures de coucher et de lever. Enfin, les participants ont complété un questionnaire sur la qualité du sommeil. Les chercheurs ont ensuite évalué les performances de mémoire et de réflexion des participants à l’aide de tests spécifiques.

Les résultats de l’étude

L’étude a révélé que les personnes ayant des perturbations du sommeil entre 30 et 40 ans étaient plus susceptibles de présenter des problèmes de mémoire et des difficultés cognitives 10 ans plus tard. Sur les 526 participants, 46% ont déclaré avoir un sommeil de mauvaise qualité.

Les chercheurs ont également analysé d’autres facteurs liés à la qualité du sommeil, tels que la fragmentation du sommeil, c’est-à-dire les interruptions fréquentes du sommeil, le pourcentage de temps passé à bouger pendant le sommeil et le pourcentage de temps sans mouvement pendant une minute ou moins.

Ils ont constaté que les participants ayant un sommeil plus fragmenté étaient plus de deux fois plus susceptibles de présenter des problèmes cognitifs que ceux ayant un sommeil moins perturbé. En revanche, la durée du sommeil et la qualité auto-déclarée du sommeil n’ont pas été associées à la cognition à l’âge moyen.

Importance de la qualité du sommeil pour la cognition

Le Dr David Merrill, psychiatre gériatrique et directeur du Pacific Brain Health Center de l’Institut de neurosciences du Pacifique en Californie, souligne l’importance de la qualité du sommeil pour la santé du cerveau tout au long de la vie. Selon lui, la qualité du sommeil a un impact mesurable sur les performances cognitives à l’âge moyen.

Il recommande d’utiliser des dispositifs de suivi du sommeil pour évaluer la qualité de son sommeil et encourager ses patients à améliorer leur qualité de sommeil pour bénéficier d’une meilleure énergie et d’une meilleure réflexion au quotidien.

Limitations de l’étude et questions en suspens

Cette étude présente certaines limitations, notamment sa taille d’échantillon relativement réduite et l’absence d’informations sur d’éventuelles différences raciales ou de genre. De plus, il reste encore beaucoup de questions sans réponse concernant le sommeil et ses effets sur la cognition.

Par ailleurs, la question se pose: : est-ce que la mauvaise qualité du sommeil entraîne des problèmes cognitifs ou est-ce que les problèmes cognitifs entraînent une mauvaise qualité du sommeil ?

La plupart des gens se réveillent pendant la nuit, mais ne s’en souviennent pas. Cependant, si le réveil est court et qu’ils se rendorment rapidement, cela ne laisse pas de trace dans leur mémoire à long terme. De même, la qualité du sommeil est subjective et que l’important est de se sentir reposé et en forme pendant la journée.

Sommeil et fonction cognitive : la quantité et la qualité comptent

Une étude récente a révélé que le sommeil avait un impact sur la fonction cognitive. Cependant, les résultats indiquent qu’il existe une plage de sommeil optimale, où la fonction cognitive reste stable.

L’étude a montré que trop peu ou trop de sommeil pouvait entraîner des difficultés cognitives. Les scores cognitifs ont diminué chez les participants qui dormaient moins de 4,5 heures ou plus de 6,5 heures. Cette association était valide même après avoir ajusté différents facteurs, tels que l’âge, le sexe et les niveaux de protéines associées à la maladie d’Alzheimer.

 

Le sommeil perturbé entre 30 et 40 ans peut avoir des conséquences sur la mémoire et les fonctions cognitives à l’âge adulte. La qualité du sommeil, en particulier la fragmentation du sommeil, peut jouer un rôle important dans la santé du cerveau tout au long de la vie.

Il est essentiel de comprendre l’importance du sommeil et de veiller à avoir une bonne qualité de sommeil pour préserver notre santé mentale et notre fonction cognitive.

N’hésitez pas à consulter un spécialiste du sommeil si vous avez des problèmes de sommeil persistants. Une meilleure qualité de sommeil peut potentiellement améliorer votre mémoire et vos performances cognitives. Prenez soin de vous et de votre sommeil, pour une vie épanouissante et en pleine santé.

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Francois Lehn