Endométriose : une bactérie liée à ce problème de santé selon cette étude Japonaise

Des chercheurs japonais ont récemment découvert un lien entre une bactérie pro-inflammatoire présente dans la muqueuse utérine et le développement de l'endométriose.

L’endométriose est une maladie douloureuse qui touche environ une femme sur dix. Elle est causée par la migration et le développement de tissus de la muqueuse utérine en dehors de l’utérus, tels que les ovaires, les trompes de Fallope et le péritoine. Ces localisations anormales entraînent des réactions inflammatoires chroniques et des lésions internes, provoquant des douleurs intenses pendant les règles et les rapports sexuels. L’infertilité peut également être un effet secondaire de cette maladie.

Bien que l’endométriose soit fréquente, il existe encore peu de traitements efficaces contre cette maladie invalidante. Des chercheurs japonais ont récemment découvert un lien entre une bactérie pro-inflammatoire présente dans la muqueuse utérine et le développement de l’endométriose. Cette avancée pourrait ouvrir de nouvelles perspectives dans le traitement de cette maladie.

Les menstruations rétrogrades

La migration des cellules de l’endomètre en dehors de l’utérus est principalement causée par les menstruations rétrogrades. Les menstruations rétrogrades se produisent lorsque le sang menstruel reflue à travers les trompes de Fallope et dans la cavité pelvienne au lieu de sortir du vagin. Cependant, la plupart des femmes en âge de procréer ont des règles rétrogrades, ce qui indique que d’autres facteurs sont responsables du développement de l’endométriose.

Une bactérie pro-inflammatoire

Une équipe de recherche japonaise a récemment publié une étude révélant que la présence d’une bactérie du genre Fusobacterium dans la muqueuse utérine pouvait jouer un rôle crucial dans le développement de l’endométriose. Les chercheurs ont examiné des échantillons d’endomètre prélevés lors d’une hysterectomie chez des femmes atteintes ou non d’endométriose. Ils ont observé que les deux tiers des femmes atteintes de la maladie présentaient des infiltrations de cette bactérie, tandis qu’elle était rarement présente dans les échantillons témoins.

Des analyses plus poussées ont révélé que certains facteurs de croissance produits par ces bactéries étaient également présents en quantités élevées. Ces facteurs de croissance stimulaient la multiplication et la migration des myofibroblastes, une classe de cellules présentes dans le tissu conjonctif. Les myofibroblastes contribuent activement à l’endométriose en raison de leurs propriétés inflammatoires et de leur production abondante de collagène responsable de fibroses.

Il semble donc que l’infection de l’endomètre par la bactérie Fusobacterium provoque une inflammation chronique qui active les myofibroblastes et favorise leur migration à l’extérieur de l’utérus pour former des foyers d’endométriose.

Antibiotiques : une piste de traitement ?

Comme toute infection bactérienne, l’infection par Fusobacterium peut être traitée avec des antibiotiques. Cependant, cette bactérie est connue pour être résistante aux antibiotiques habituels et peut survivre longtemps à l’intérieur des tissus. Elle est fréquemment observée dans les tumeurs colorectales, par exemple. Néanmoins, certaines souches de Fusobacterium restent sensibles à certains antibiotiques, tels que le métronidazole.

Des études sur des souris ont montré que les lésions typiques de l’endométriose étaient plus importantes et plus fréquentes chez les souris infectées par Fusobacterium. Un traitement antibiotique par voie vaginale a ralenti le développement de la maladie et a permis de réduire la taille et le nombre de lésions déjà présentes.

Actuellement, des essais cliniques sont en cours pour déterminer si des antibiotiques de ce type peuvent également soulager les symptômes chez l’être humain.

La découverte d’une contribution bactérienne au développement de l’endométriose pourrait ouvrir de nouvelles perspectives dans le traitement de cette maladie. Il est à espérer que cette avancée scientifique permettra de mieux comprendre l’origine de l’endométriose et de développer des traitements plus efficaces.

L’endométriose est une maladie douloureuse et invalidante qui touche de nombreuses femmes dans le monde. Les recherches récentes suggèrent que la présence d’une bactérie pro-inflammatoire dans la muqueuse utérine pourrait jouer un rôle clé dans le développement de cette maladie. Des études ont montré que la bactérie Fusobacterium était présente en quantités élevées chez les femmes atteintes d’endométriose et qu’elle favorisait la migration des cellules responsables des lésions caractéristiques de la maladie.

Bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires pour mieux comprendre le lien entre cette bactérie et l’endométriose, des essais cliniques sont actuellement en cours pour évaluer l’efficacité de certains antibiotiques dans le traitement de la maladie.

Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives prometteuses dans la compréhension et le traitement de l’endométriose. Espérons que ces avancées scientifiques permettront de soulager les souffrances des femmes atteintes de cette maladie et de leur offrir de nouvelles solutions thérapeutiques.

1) Muraoka A et coll. Fusobacterium infection facilitates the development of endometriosis through the phenotypic transition of endometrial fibroblasts. Sci. Transl. Med. 2023; 15: eadd1531.

 

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Francois Lehn