Virus Epstein-Barr : la principale cause de la sclérose en plaques

La découverte du lien de causalité entre le virus Epstein-Barr et la survenue de la sclérose en plaques pourra offrir des traitements de la maladie à l'avenir

Des chercheurs américains ont récemment étudié le lien entre la sclérose en plaques (SEP) et le virus Epstein-Barr (EBV). Leurs résultats suggèrent que contracter l’EBV multiplie par 32 le risque de développer une SEP. Le résultat suggère également que le ciblage thérapeutique de l’EBV pourrait devenir une nouvelle stratégie bénéfique pour prévenir et traiter la SEP.

Pour le moment, les scientifiques disent qu’il n’existe actuellement aucun remède contre la SEP. La SEP est une maladie potentiellement invalidante qui affecte le cerveau, la moelle épinière et les nerfs optiques. Ses symptômes varient de légers, comme une vision floue, à graves, comme une paralysie ou des problèmes de mobilité.

Dans la SEP, le système immunitaire attaque le cerveau et la moelle épinière, ce qui entraîne des lésions de la gaine de myéline. La gaine de myéline est une couche protectrice qui recouvre les nerfs cérébraux responsables de la transmission des signaux vers et depuis le cerveau. Par conséquent, les lésions de la gaine de myéline interrompent les signaux de communication du cerveau. La raison exacte pour laquelle le système immunitaire attaque le cerveau et la moelle épinière dans la SEP est inconnue. Cependant, la plupart des experts suggèrent qu’une combinaison de facteurs joue un rôle dans ce processus. Dans une étude inédite, des chercheurs américains ont récemment déterminé que le fait de contracter l’EBV, un virus commun, augmente considérablement le risque de développer une SEP.

Cette étude est la première à fournir des preuves irréfutables de la causalité, c’est-à-dire qu’elle suggère que l’EBV est la principale cause de la SEP. Les chercheurs ont constaté que l’infection par l’EBV était associée à un risque 32 fois plus élevé de sclérose en plaques. Un risque de cette ampleur est inhabituel dans la recherche scientifique. Les résultats de l’étude sont publiés dans la revue Science.

Une étude sur 10 millions de personnes pendant 20 ans

L’étude a porté sur une cohorte de militaires américains en service actif suivis entre 1993 et 2013. Les chercheurs ont examiné des échantillons de sang prélevés sur plus de 10 millions d’individus pendant deux décennies afin d’observer l’incidence de la sclérose en plaques parmi un groupe d’individus négatifs au virus EBV.

L’équipe a surveillé le statut EBV des participants à l’étude au moment de la première collecte d’échantillons et la relation entre l’infection EBV et le développement de la SEP. Ils ont découvert environ 955 cas de SEP parmi le personnel en service actif.

Pour chaque cas de sclérose en plaques identifié, les chercheurs ont apparié deux personnes sans sclérose en plaques choisies au hasard, de même âge, sexe, race ou origine ethnique, branche de service militaire et dates de prélèvement des échantillons sanguins,  qui étaient en service actif au moment du diagnostic.

Ce groupe a servi de contrôle.

En outre, l’équipe de recherche a demandé trois échantillons de sérum provenant des cas tests et de leurs témoins. Il s’agit de :

– l’échantillon disponible le plus ancien des participants à l’étude

– le dernier échantillon prélevé avant l’apparition de la SEP

– un échantillon prélevé entre les deux premiers

Pendant l’essai d’investigation, les scientifiques du laboratoire ne savaient pas quel échantillon provenait du groupe test ou du groupe témoin. Seuls les enquêteurs étaient au courant de cette information. Cette pratique de recherche, connue sous le nom de recherche en aveugle, permet de réduire le risque de partialité inconsciente. Au total, le Dr Bjornevik et son équipe ont évalué 801 cas de sclérose en plaques et 1,5 million de cas de cancer.

Le virus Epstein-Barr, cause principale de la survenue de la sclérose en plaques

Au départ, les scientifiques de Harvard ont découvert que 35 des 801 personnes atteintes de SEP étaient séronégatives pour l’EBV. Cependant, lors de la collecte d’échantillons de suivi, ils ont découvert que tous les 35 individus séronégatifs, sauf un, avaient contracté l’EBV. Cependant, toutes les personnes infectées ont fini par devenir positives. La séropositivité est la présence de niveaux détectables d’anticorps EBV dans le sérum, tandis que la séronégativité dénote l’absence de niveaux détectables.

De manière frappante, les chercheurs ont observé qu’au moment de l’apparition de la SEP, seul un des 801 cas de SEP était encore séronégatif pour l’EBV.

Les scientifiques ont découvert que le groupe SEP présentait des niveaux d’EBV séropositifs significativement plus élevés que le groupe témoin.

Lorsque les scientifiques ont poursuivi l’évaluation des caractéristiques comportementales, environnementales ou personnelles susceptibles de prédisposer une personne à la SEP, ils ont constaté que l’infection par le virus EBV restait l’explication la plus solide de l’apparition de la SEP.

Des possibilités de prévention et de traitement pour l’avenir

D’autres facteurs comme la susceptibilité génétique, sont importants dans la pathogenèse de la SEP. L’infection par l’EBV est probablement nécessaire, mais pas suffisante, pour déclencher le développement de la SEP. L’infection par le virus EBV est l’étape pathogène initiale de la SEP, mais d’autres fusibles doivent être allumés pour que la physiopathologie soit complète.

Un vaccin contre l’EBV protégerait-il contre la SEP ? Les antiviraux qui ciblent l’EBV constitueraient-ils un traitement efficace, en particulier lorsqu’ils sont administrés au début de l’évolution de la maladie ?. Ces questions laissent entrevoir des possibilités formidables pour la recherche et surtout de vrais espoirs de traitements pour les personnes atteintes par cette maladie.

Source

Longitudinal analysis reveals high prevalence of Epstein-Barr virus associated with multiple sclerosis

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