Rythme veille-sommeil perturbé, obésité et diabète favorisés

Dimanche 25 Mars, nous passons à l’heure d’été. C’est l’occasion de revenir sur l’impact de la modification du rythme veille-sommeil sur notre santé. L’importance des rythmes circadiens a récemment valu le Prix Nobel de Physiologie 2017 à des chercheurs qui ont mis à jour leur fonctionnement. Décisif pour le bien-être et la prévention de l’obésité et du diabète de type II, le respect de nos rythmes internes est une clé majeure pour préserver notre santé.

Non seulement le soleil est essentiel à la vie sur Terre, mais il contrôle également le rythme auquel se déroule cette vie. Tous les êtres vivants, qu’il s’agisse de bactéries, de végétaux ou d’animaux, ont évolué de façon à coordonner leurs activités avec le cycle jour-nuit associé à la rotation de la Terre. Ces « rythmes circadiens » (du latin circa, autour et diem, jour) permettent de synchroniser les fonctions physiologiques avec un moment précis de la journée : la floraison des plantes, la migration des oiseaux et des papillons, ou encore certaines fonctions physiologiques comme la sécrétion de diverses hormones sont tous des exemples de phénomènes qui dépendent de rythmes circadiens propres à chaque espèce vivante. Cette horloge biologique qui existe à l’intérieur de chaque cellule représente donc un mécanisme fondamental de la vie sur Terre, précieusement conservé pendant les milliards d’années de son évolution.

Chez les animaux plus complexes comme les humains, cette horloge biologique est dictée par un groupe de cellules nerveuses localisées dans l’hypothalamus du cerveau. Ces cellules sont particulièrement sensibles à l’intensité de la lumière captée par la rétine de l’œil et sont capables d’intégrer cette information pour contrôler le cycle sommeil-éveil ainsi que plusieurs aspects du métabolisme. Il s’agit d’un phénomène d’une très grande importance, car la majorité de nos gènes présentent des fluctuations selon le moment de la journée, ce qui fait des rythmes circadiens un des plus importants mécanismes de contrôle du fonctionnement du corps humain.

La modification des rythmes nuit à la santé

L’importance de cette horloge biologique est bien illustrée par le malaise ressenti lorsqu’elle est perturbée, par exemple à la suite d’un voyage en avion à travers plusieurs fuseaux horaires. La variation subite de la luminosité fait en sorte que les fonctions physiologiques qui se déroulent normalement à un moment précis de la journée deviennent décalées par rapport à l’heure en cours, ce qui perturbe la physiologie normale.

Plusieurs études indiquent que notre mode de vie actuel peut également perturber l’horloge biologique et entraîner des effets néfastes sur la santé à long terme. Au cours de l’évolution, notre espèce s’est adaptée à manger et à dormir selon le rythme dicté par le rythme jour-nuit : puisqu’Homo sapiens a vu le jour en Afrique, près de l’équateur, cela signifie donc que notre métabolisme a évolué de façon à fonctionner de façon optimale pour des durées du jour et de la nuit à peu près équivalentes (12 heures chacune).

Les ampoules à LED provoquent une sur exposition lumineuse

L’avènement de l’éclairage électrique a complètement modifié ces cycles jour-nuit et par le fait même les comportements humains, par exemple en favorisant la consommation de nourriture sur de plus longues périodes et en diminuant la durée du sommeil. Cet éclairage nocturne excessif, qu’on qualifie parfois de pollution lumineuse, a plusieurs conséquences fâcheuses sur la faune et la flore (la lumière artificielle perturbe la pollinisation, par exemple) et la situation risque de se détériorer avec la généralisation de systèmes d’éclairage encore plus performants comme les lampes à diode électroluminescente (LED) qui provoquent une sur-illumination.

Cycle du sommeil perturbé: obésité et diabète favorisés

Chez les humains, un des effets les mieux documentés de la perturbation du cycle jour-nuit est son impact sur la glycémie. Pendant la nuit, lorsqu’aucun aliment n’est consommé, le foie fabrique du glucose et le sécrète dans la circulation, tandis que durant la journée, ce système est réduit au silence en raison des quantités suffisantes de sucre provenant de la nourriture. Grâce à un système sophistiqué de gènes régulateurs qui s’expriment selon une chorégraphie très élégante, l’horloge biologique permet donc au corps de contrôler de façon tout à fait autonome le taux de sucre sanguin. Par contre, lorsque le cycle éveil-sommeil est perturbé, ce système devient inefficace et les fluctuations de la glycémie qui en résultent peuvent avec le temps affecter la production d’insuline et mener au diabète de type 2. Ces observations expliquent d’ailleurs pourquoi un très grand nombre d’études ont montré que les personnes qui ont des cycles éveil-sommeil anormaux, les travailleurs de nuit par exemple, sont à plus haut risque d’obésité et de diabète.

Réguler le cycle veille-sommeil et peu manger le soir

Au cours des dernières années, plusieurs études indiquent qu’une façon simple d’éviter ces perturbations du métabolisme est de concentrer la prise de nourriture sur une courte période de la journée. Ce nouveau concept, appelé « alimentation limitée dans le temps » consiste à limiter la consommation de nourriture sur une période déterminée de la journée et surtout à éviter de manger durant la soirée. En pratique, cela signifie de renouer avec la façon dont les humains se sont alimentés au cours de l’évolution, c’est-à-dire en alternant les périodes de prise de nourriture avec des périodes de jeûne d’au moins 12 heures, qui coïncident généralement avec le sommeil. Les travaux réalisés jusqu’à présent indiquent que ce type d’alimentation prévient ou retarde la progression de plusieurs maladies, incluant l’athérosclérose, le diabète, certains cancers, et les maladies neuro-dégénératives, possiblement en régularisant les rythmes circadiens et en optimisant l’efficacité du métabolisme. L’élucidation du fonctionnement des rythmes circadiens ne représente donc pas seulement une avancée majeure dans la compréhension d’un mécanisme absolument essentiel à la vie, mais ouvre également la voie à de nouvelles perspectives pour le traitement de plusieurs maladies chroniques causées par la perturbation de ces rythmes circadiens.

Source

Panda S. Circadian physiology of metabolism. Science; 354: 1008-1015.

Marie Desange est journaliste santé, passionnée tant par les dernières recherches en scientifiques en nutrition, neurosciences et bien être que par les nouvelles approches de santé qui ne sont pas encore passées par le filtre des études scientifiques, mais qui marchent.Ostéopathie, chiropractie, acupuncture, neuro-feedback, méditation, aromathérapie, homéopathie, médecine chinoise ou Indienne (Ayurveda), shiastu, soins énergétiques, techniques corporelles ou thérapies psychologiques, toutes ces disciplines méritent d’être mises en avant pour que les lecteurs puissent être bien informés et faire leur choix sur ce qui peut les aider.De plus, la pratique journalistique lui permet de rencontrer toujours plus d’acteurs de ces nouvelles approches et de sélectionner ceux qui ont une particularité et une réelle maîtrise de ce qu’ils proposent. Les soins complémentaires et les nouvelles approches de santé doivent être rigoureux et sans danger pour les personnes qui se tournent vers elles. Avec le temps et l’expérience, Marie sait sélectionner ce qui peut apporter, selon les cas, de vrais bénéfices pour le mieux être des personnes qui le recherchent. `Journaliste pour le journal on-line pressesante.com, Marie a encore plein de supers sujets sous le coude à vous proposer, que vous ne lirez pas ailleurs.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.