Infertilité: la fécondité est dans l’assiette

La fertilité humaine décroît constamment depuis le début de l’ère industrielle. Cette baisse de fécondité demeure mystérieuse, mais on soupçonne qu’elle pourrait être due, au moins en partie, à l’exposition à certains produits chimiques comme les perturbateurs endocriniens. Des études récentes suggèrent que la nature de l’alimentation moderne, en particulier la malbouffe, pourrait également contribuer à cette hausse de l’infertilité.

Selon les statistiques compilées par l’Organisation mondiale de la santé, on estime que 80 millions d’individus dans le monde souffrent d’une forme ou d’une autre d’infertilité ou de subfertilité. Ce problème est particulièrement fréquent dans les pays occidentaux, avec de 10 % à 15 % des couples qui sont infertiles. Donc, même si l’infertilité ne représente pas un problème de santé qui fait régulièrement la une de la presse, elle n’en demeure pas moins un problème d’une ampleur insoupçonnée, qui entraîne des bouleversements majeurs dans la vie des personnes qui désirent ardemment des enfants.

L’infertilité est-elle liée à l’alimentation?

On dit souvent, avec raison, que l’on est ce que l’on mange. Cet adage est particulièrement vrai en ce qui concerne la nature des matières grasses de notre alimentation. À la suite de leur absorption au niveau de l’intestin, les lipides sont utilisés par notre corps pour une foule de fonctions, en particulier la fabrication de la membrane qui entoure nos cellules. Par exemple, l’effet bénéfique des oméga-3 est dû à leur intégration dans la membrane cellulaire, ce qui améliore sa fluidité et réduit la formation de molécules inflammatoires d’origine lipidique. À l’inverse, lorsque ces membranes sont formées de gras trans absorbés à la suite de la consommation de malbouffe, les cellules peuvent présenter divers problèmes de fonctionnement qui favorisent le développement de maladies.

Des spermatozoïdes plus vaillants grâce à l’alimentation

Il semble que ces gras trans soient aussi néfastes pour la fonction des spermatozoïdes. En analysant la qualité du sperme de volontaires, des chercheurs de l’Université Harvard ont observé que ceux qui consommaient régulièrement des aliments industriels très gras (gâteaux, fritures) avaient un sperme de moins bonne qualité que ceux qui s’alimentaient de façon équilibrée. Chez ces amateurs de malbouffe, les spermatozoïdes contenaient une quantité significativement plus élevée de gras trans, cette hausse étant corrélée avec une réduction significative du nombre de spermatozoïdes. Dans la même veine, une équipe espagnole a récemment rapporté que les spermatozoïdes des hommes dont l’alimentation était riche en aliments industriels étaient moins mobiles et, par conséquent, moins susceptibles de féconder l’ovule. À l’inverse, les personnes qui s’alimentaient bien (céréales complètes, légumes et poisson) avaient un sperme de très bonne qualité. Le message aux hommes qui veulent devenir pères est donc très clair : faites une croix sur la malbouffe et adoptez un régime alimentaire sain !

Fertilité des femmes: régime méditerranéen pour faire des bébés

L’alimentation semble aussi exercer un effet significatif sur la fécondité des femmes. Une étude espagnole menée auprès de 485 femmes âgées de 20 à 45 ans a montré que celles qui adoptaient une alimentation de type méditerranéen avaient une fécondité significativement plus élevée. En effet, ils ont observé que les femmes, dont la consommation de fruits, légumes, poissons et céréales complètes était la plus élevée, avaient un risque environ 45 % moindre d’avoir de la difficulté à tomber enceintes que celles qui consommaient moins fréquemment ces bons aliments.

Ces observations illustrent encore une fois à quel point ce que nous mangeons peut exercer une influence sur le fonctionnement de notre corps et, par ricochet, sur notre santé et notre bien-être.

Source

Chavarro JE et coll. Trans-fatty acid levels in sperm are associated with sperm concentration among men from an infertility clinic. Fertil Steril, 95:1794-97.

Gaskins AJ et coll. Dietary patterns and semen quality in young men.Annual Meeting of the American Society for Reproductive Medicine, Orlando (FL),

Toledo E et coll. Dietary patterns and difficulty conceiving: a nested case-control study Fertil Steril, 96:1149-53.

 

 

Marie Desange est journaliste santé, passionnée tant par les dernières recherches en scientifiques en nutrition, neurosciences et bien être que par les nouvelles approches de santé qui ne sont pas encore passées par le filtre des études scientifiques, mais qui marchent.Ostéopathie, chiropractie, acupuncture, neuro-feedback, méditation, aromathérapie, homéopathie, médecine chinoise ou Indienne (Ayurveda), shiastu, soins énergétiques, techniques corporelles ou thérapies psychologiques, toutes ces disciplines méritent d’être mises en avant pour que les lecteurs puissent être bien informés et faire leur choix sur ce qui peut les aider.De plus, la pratique journalistique lui permet de rencontrer toujours plus d’acteurs de ces nouvelles approches et de sélectionner ceux qui ont une particularité et une réelle maîtrise de ce qu’ils proposent. Les soins complémentaires et les nouvelles approches de santé doivent être rigoureux et sans danger pour les personnes qui se tournent vers elles. Avec le temps et l’expérience, Marie sait sélectionner ce qui peut apporter, selon les cas, de vrais bénéfices pour le mieux être des personnes qui le recherchent. `Journaliste pour le journal on-line pressesante.com, Marie a encore plein de supers sujets sous le coude à vous proposer, que vous ne lirez pas ailleurs.

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