C’est quoi un syndrome métabolique ? : une combinaison de problèmes
Le syndrome métabolique est une association de troubles qui augmentent le risque de diabète de type 2, d'accident vasculaire cérébral et de problèmes cardiovasculaires.

La caractéristique du syndrome métabolique est de combiner une série de soucis de santé : l’hypertension, l’hyperglycémie, la dyslipidémie (des niveaux anormaux de cholestérol et de graisses dans le sang) et l’excès de graisse abdominale santé.
En France, il concernait, selon une étude de 2016, 22.5 % des hommes et 18.5 % des femmes. Il est rare de ressentir des symptômes du syndrome métabolique et le diagnostic repose sur des analyses sanguines et d’autres mesures cliniques.
Pour traiter un syndrome métabolique, un changement de mode de vie est conseillé en priorité, même si, dans certains cas, des médicaments sont nécessaires.
Quels sont les symptômes du syndrome métabolique ?
L’une des principales caractéristiques du syndrome métabolique est qu’il est généralement asymptomatique.
Le syndrome métabolique peut s’aggraver à bas bruit, sans attirer l’attention. Si vous ressentez des symptômes, ceux-ci sont dus aux effets de chaque trouble composant le syndrome métabolique.
Le signe le plus visible est la prise de poids, le surpoids et/ou un tour de taille important. D’autres symptômes sont associés au syndrome métabolique :
- vertiges, fatigue (associés à l’hypertension ou à l’hyperglycémie),
- sécheresse buccale, soif accrue, mictions fréquentes (signes associés au diabète),
- ronflements, troubles du sommeil (associés à l’hyperglycémie),
- mal de tête, (effet possible de l’hypertension).
Même si le syndrome métabolique est asymptomatique, il est heureusement possible d’en faire le diagnostic.
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Quels sont les causes et facteurs de risque de ce problème métabolique ?
Le syndrome métabolique résulte d’une combinaison de problèmes qui se chevauchent et s’amplifient mutuellement.
Par exemple, l’obésité est associée à l’hypertension et à des taux élevés de triglycérides ; l’hypertension à des taux élevés de glucose sanguin.
Les facteurs de risque sont liés au mode de vie mais aussi parfois à une prédisposition génétique ou à d’autres facteurs non contrôlables :
- surpoids, obésité,
- diabète, résistance à l’insuline,
- syndrome des ovaires polykystiques,
- alimentation déséquilibrée (riches en graisses et en sucres),
- sédentarité,
- troubles du sommeil,
- antécédents familiaux de diabète ou de syndrome métabolique,
- âge,
- prise de certains médicaments qui provoquent une prise de poids, de l’hypertension, l’augmentation des taux de triglycérides et de sucres dans le sang.
Aucune cause distincte du syndrome métabolique n’a été identifiée. Mais il est fortement lié à la résistance à l’insuline, l’incapacité du corps à utiliser l’insuline pour transférer le glucose (sucre) du sang vers les cellules. Dans ce cas, le sucre peut s’accumuler dans le sang et éventuellement mener au diabète de type 2.
L’excès de poids est associé au tissu adipeux viscéral, ou graisse abdominale. Celle-ci entoure les organes internes et est associée à la résistance à l’insuline. Cette dernière contribue à la prise de poids, qui, à son tour, favorise la résistance à l’insuline.
La recherche suggère que la graisse abdominale viscérale pro-inflammatoire libère des toxines qui peuvent affecter la sensibilité à l’insuline. Un certain nombre de problèmes de santé coexistent souvent avec le syndrome métabolique : diabète de type 2, stéatose hépatique non alcoolique, syndrome des ovaires polykystiques, apnée du sommeil. Ces problèmes sont également liés à une altération du métabolisme de l’insuline/glucose et à une inflammation chronique.
Comment est diagnostiqué un syndrome métabolique ?
Le diagnostic du syndrome métabolique est simple et basé sur des critères spécifiques.
Le dépistage du syndrome métabolique fait partie d’un suivi médical de routine. Les bilans et examens peuvent indiquer des signes à un stade précoce.
Avec trois ou plus de ces cinq marqueurs cliniques, le diagnostic serait posé :
- tour de taille : 102 centimètres ou plus pour les hommes et 88 centimètres ou plus pour les femmes,
- taux de triglycérides : 150 milligrammes par décilitre ou plus,
- taux de lipoprotéines de haute densité (HDL- bon cholestérol) : inférieur à 40 mg/dL pour les hommes et à 50 mg/dL pour les femmes,
- pression artérielle : 130/85 mmHg ou plus,
- glycémie à jeun : 100 mg/dL ou plus.
Peut-on traiter un syndrome métabolique ?
Le syndrome métabolique est souvent réversible.
Il est important de commencer un traitement le plus tôt possible car il s’aggrave s’il n’est pas traité : les complications peuvent entraîner une sérieuse dégradation de la santé.
La perte de poids est souvent recommandée sauf si la personne n’est pas en surpoids. Perdre de 5 à 10 % de poids total peut améliorer la sensibilité à l’insuline et diminuer les effets du syndrome métabolique.
Parfois, l’alimentation et l’exercice suffisent pour atteindre le poids ciblé, mais la chirurgie bariatrique (de l’estomac) peut être conseillée aux personnes avec un IMC de 40 ou plus, ou de 35 à 39 et des problèmes de santé liés au poids.
La mesure la plus couramment utilisée pour corréler le poids et la taille est l’indice de masse corporelle (IMC). L’IMC n’est cependant pas parfait et il ne tient pas compte d’autres facteurs qui déterminent la composition corporelle tels que l’âge, la masse musculaire ou le sexe. Les calculs de l’IMC peuvent, par exemple, surestimer la masse corporelle chez les athlètes ou les personnes âgées.
Alimentation
Modifier votre régime alimentaire peut grandement contribuer à inverser le syndrome métabolique, surtout à un stade précoce :
- consommer beaucoup de légumes, de protéines maigres et de graisses d’origine végétale (par exemple, de l’huile d’olive et de l’avocat),
- limiter l’apport en sucre,
- s’assurer d’avoir suffisamment de fibres dans l’alimentation quotidienne,
- surveiller les calories et les portions,
- opter pour des glucides de haute qualité, riches en fibres et plus faibles en sucre et en farine raffinée.
L’alimentation a un impact sur le syndrome métabolique, même sans nécessité de perte de poids. Il est donc utile que tout le monde adopte ces habitudes, en privilégiant une alimentation saine pour cœur et en veillant à la qualité des apports nutritionnels.
Activité physique
L’exercice peut aider à perdre du poids et protège des effets du syndrome métabolique, indépendamment du poids.
L’activité physique abaisse les taux de triglycérides, augmente le bon cholestérol HDL et peut réduire la pression artérielle chez certaines personnes.
Faire de l’exercice plusieurs fois par semaine est efficace pour gérer le syndrome métabolique, à condition d’être régulier(e). Les recommandations préconisent généralement 150 minutes par semaine d’activité modérée, ou 75 minutes d’intensité intense. Toute quantité d’exercice peut être bénéfique. Certaines recherches suggèrent que l’entraînement par intervalles à haute intensité pourrait être particulièrement utile et rapide contre le syndrome métabolique.
Suivez un programme d’exercices encadré par un professionnel pour faire de l’Activité physique régulière recommandée et adaptée à votre profil, tout en évitant les risques de blessures
Fédération française de cardiologie : zoom sur le syndrome métabolique
INSERM : c’est quoi le syndrome métabolique
MSD manuel : syndrome métabolique, troubles nutritionnels
ScienceDirect : association entre la qualité du sommeil et le syndrome métabolique
MDPI : stratégies alimentaires contre le syndrome métabolique (prévention/traitement)
BMC Sports Science, Medecine, Rehabilitation : obésité abdominale et le syndrome métabolique, l’activité physique comme traitement ?
Pour prévenir le syndrome métabolique, il est essentiel d’adopter une alimentation saine et équilibrée. En complément, il est recommandé de veiller à l’alimentation et activité physique régulière, car ces deux facteurs jouent un rôle clé dans la prévention. Par ailleurs, Adopter un mode de vie sain permet de limiter les risques associés à ce syndrome. Enfin, il ne faut pas négliger les bienfaits des fibres fermentescibles qui contribuent à l’équilibre métabolique.