La malbouffe crée une addiction comme une drogue

La stimulation excessive des centres du plaisir provoquée par les aliments riches en énergie peut mener à une consommation compulsive de nourriture hypercalorique. Une étude récente montre que cette dépendance est due à l’activation par la malbouffe des mêmes mécanismes qui sont impliqués dans la dépendance aux drogues dures, comme l’héroïne et la cocaïne.

Les aliments qui contiennent de grandes quantités de sucre et de gras plaisent énormément au cerveau, car nous sommes biologiquement programmés pour aimer ces sources de calories.

Cette attirance est cependant exploitée de façon outrancière et irresponsable par l’industrie de la malbouffe qui ne cesse de proposer toute une gamme d’aliments contenant des quantités extraordinaires de sucre et de gras, très souvent à prix modique.

Lorsqu’ils sont consommés de temps à autre, ces produits représentent des gâteries et ne causent aucun impact néfaste

sur la santé : il n’y a pas de problème à en acheter occasionnellement pour se faire plaisir. Cependant, beaucoup de gens ont du mal à contrôler cette attirance innée pour le sucre et le gras. L’intensité du plaisir associé à la consommation d’aliments qui contiennent ces substances est tellement puissante qu’elle peut perturber nos mécanismes de contrôle interne impliqués dans la régulation de l’appétit et ainsi provoquer une surconsommation de calories qui mène à un excès de poids : c’est là une des sources de l’épidémie mondiale d’obésité.

La malbouffe: une véritable drogue qui a des effets sur le cerveau et le comportement

Pour déterminer les mécanismes responsables de cette dépendance, des chercheurs américains ont examiné le comportement d’animaux ayant un accès facile à certains aliments hypercaloriques comme des saucisses, du bacon ou du gâteau au fromage. Leurs résultats ont été publiés dans une des meilleures revues scientifiques du monde, Nature Neuroscience. Ils ont observé que ces animaux délaissaient leur nourriture équilibrée normale et acquéraient très rapidement l’habitude de consommer cette nourriture grasse de façon compulsive, à tel point qu’ils devenaient obèses peu de temps après le début de l’étude.

Curieusement, l’acquisition de cet excès de poids coïncidait avec une détérioration des circuits cérébraux responsables de la sensation de plaisir associé à la nourriture, ce qui provoquait l’établissement d’un cercle vicieux : en consommant ces aliments hypercaloriques à outrance, la sensation de plaisir qu’ils apportent devenait de plus en plus faible, incitant les animaux à compenser cette baisse de plaisir en mangeant encore plus. De telles modifications sont en tout point semblables aux événements qui se déroulent dans le cerveau d’animaux qui ont accès à des drogues dures comme la cocaïne ou l’héroïne !

La dépendance des animaux à la nourriture était telle qu’ils étaient prêts à risquer une décharge électrique plutôt que de cesser de manger : après avoir conditionné les rats à craindre un choc à la vue d’une lumière rouge, les chercheurs ont observé que les animaux qui s’alimentaient normalement cessaient de manger lorsque la lumière s’allumait; les animaux obèses, quant à eux, n’étaient guère impressionnés et préféraient continuer à manger.

Dans l’ensemble, ces observations illustrent donc le potentiel addictif de la nourriture hypercalorique et suggèrent que le développement de l’obésité fait intervenir des mécanismes similaires à ceux qui sont impliqués dans la dépendance aux drogues psychoactives.

Les enfants s’ahibituent très tôt à la malbouffe

L’activation par la nourriture hypercalorique des centres du cerveau impliqués dans les sensations de plaisir vient nous rappeler que ce que nous mangeons exerce une grande influence sur notre bien-être, autant physique que mental. Le développement d’une véritable dépendance envers ces aliments malsains est particulièrement problématique si elle se produit dès l’enfance, car elle risque de favoriser le développement précoce de l’obésité et l’apparition prématurée des nombreuses maladies qui sont associées à l’excès de poids.

Comme parents, nous cherchons par tous les moyens à sensibiliser nos enfants aux dangers des substances addictives comme la cigarette, l’alcool et les nombreuses drogues récréatives. Il faut maintenant ajouter la malbouffe à cette liste.

Source

Johnson et Kelly. Dopamine D2 receptors in addiction-like reward dysfunction and compulsive eating in obese rats. Nature Neuroscience

Marie Desange est journaliste santé, passionnée tant par les dernières recherches en scientifiques en nutrition, neurosciences et bien être que par les nouvelles approches de santé qui ne sont pas encore passées par le filtre des études scientifiques, mais qui marchent.Ostéopathie, chiropractie, acupuncture, neuro-feedback, méditation, aromathérapie, homéopathie, médecine chinoise ou Indienne (Ayurveda), shiastu, soins énergétiques, techniques corporelles ou thérapies psychologiques, toutes ces disciplines méritent d’être mises en avant pour que les lecteurs puissent être bien informés et faire leur choix sur ce qui peut les aider.De plus, la pratique journalistique lui permet de rencontrer toujours plus d’acteurs de ces nouvelles approches et de sélectionner ceux qui ont une particularité et une réelle maîtrise de ce qu’ils proposent. Les soins complémentaires et les nouvelles approches de santé doivent être rigoureux et sans danger pour les personnes qui se tournent vers elles. Avec le temps et l’expérience, Marie sait sélectionner ce qui peut apporter, selon les cas, de vrais bénéfices pour le mieux être des personnes qui le recherchent. `Journaliste pour le journal on-line pressesante.com, Marie a encore plein de supers sujets sous le coude à vous proposer, que vous ne lirez pas ailleurs.