Santé

Préserver la santé rénale : 9 conseils importants

Des changements de mode de vie peuvent vraiment améliorer la santé des reins, ces organes gardiens de l’équilibre de l’organisme.

Les reins sont deux organes en forme de haricot dont les fonctions principales sont de filtrer les déchets du sang et de maintenir l’équilibre hydrique optimal du corps.

Situés sur la paroi abdominale postérieure, de chaque côté de la colonne vertébrale, ils aident aussi à assurer que les systèmes de l’organisme restent en homéostasie (stables et en équilibre) pour fonctionner normalement.

Préserver la santé rénale repose sur des habitudes de vie saines et une surveillance régulière. Ces organes souvent “silencieux”  ne font pas souffrir, alors même qu’ils commencent à fatiguer.

Quels sont les 9 conseils à suivre pour préserver la santé rénale ?

Les recommandations sont d’augmenter la consommation de liquides (eau), une alimentation de qualité, la perte de poids, le contrôle de la tension artérielle, l’arrêt du tabac et d’éviter la prise excessive d’anti-inflammatoires non stéroïdiens.

Consommation d’eau régulière et constante

L’une des fonctions primaires des reins est d’éliminer l’excès de liquide du corps sous forme d’urine. Cela garantit que les niveaux d’acide et d’électrolytes dans le sang (notamment le sodium, le calcium, le phosphore et le potassium) restent à une concentration idéale. Sans cet équilibre, les nerfs, les muscles et d’autres tissus pourraient ne pas fonctionner normalement.

En cas de déshydratation chronique, le corps manque d’eau pour diluer l’acide ou éliminer les déchets du sang. Cela peut entraîner une dégradation des muscles et la libération d’une protéine appelée myoglobine, qui peut obstruer les unités de filtration des reins (ou néphrons). Il faut boire suffisamment de liquides tout au long de la journée, idéalement de l’eau, pour maintenir un volume sanguin optimal.

La quantité d’eau nécessaire dépend de l’âge, du poids corporel et d’autres facteurs. Les besoins en eau peuvent également augmenter en raison de la transpiration par temps chaud ou lors d’un exercice physique. De façon générale, il est recommandé de boire en moyenne :

  • 9 verres de liquides par jour pour les femmes,
  • 13 verres de liquides par jour pour les hommes.

En cas de maladie rénale ou de prise de médicaments favorisant la miction (comme les diurétiques), il peut être nécessaire de boire davantage. Prendre un avis médical à ce sujet.

Rester actif

Une bonne santé physique est liée à une bonne santé des reins. C’est particulièrement vrai en cas de maladie rénale chronique, une pathologie progressive qui affecterait au moins un adulte sur sept. L’exercice réduit deux facteurs de risque principaux : l’hypertension artérielle et le diabète.

L’hypertension provoque le rétrécissement progressif des vaisseaux sanguins (y compris ceux des reins) et un taux de sucre élevé dans le sang endommage directement les néphrons. L’exercice augmente la circulation à travers les reins et maintient la souplesse des vaisseaux sanguins. Il augmente également la sensibilité à l’insuline, ce qui diminue la glycémie.

Il est conseillé à tous (avec et sans pathologie rénale chronique) de pratiquer au moins 150 minutes d’exercice d’intensité modérée par semaine. Celui-ci peut être divisé en séances de 25 à 30 minutes, la plupart des jours de la semaine. L’exercice est considéré d’intensité modérée lorsque la respiration est plus rapide que la normale et qu’il est possible de parler, mais pas de chanter, pendant l’effort.

En cas de maladie rénale chronique, consulter un médecin pour s’assurer de faire de l’exercice en toute sécurité. En effet, si l’exercice modéré est bénéfique, un exercice de haute intensité peut entraîner une dégradation musculaire et des dommages rénaux liés à la myoglobine.

Adopter une alimentation saine et équilibrée

Une maladie rénale a plus de chance de se déclarer en présence d’hypertension, de diabète ou de maladie cardiaque. L’alimentation joue un rôle important dans l’atténuation de ces risques. Certains spécialistes recommandent le régime DASH (Dietary Approach to Stop Hypertension) comme base pour ajuster les habitudes alimentaires :

  • manger davantage de légumes, de fruits et de céréales complètes,
  • consommer des portions modérées de poisson, de volaille, de haricots, de fruits à coque et de produits laitiers sans matières grasses ou à faible teneur en gras,
  • limiter les aliments riches en graisses saturées (viandes grasses, produits laitiers entiers, huiles tropicales de noix de coco ou de palme),
  • restreindre les sucreries et les boissons sucrées,
  • maintenir une consommation de sodium à moins de 2 300 milligrammes par jour.

En cas de maladie rénale chronique, des changements supplémentaires peuvent être nécessaires si la fonction rénale diminue : par exemple,  restreindre le sodium à moins de 1 500 mg par jour, éviter de l’alcool, limiter les aliments riches en potassium ou en phosphore, et réduire l’apport en protéines.

Gérer son poids

L’obésité est associée aux trois principaux facteurs de risque de maladie rénale. Définie par un indice de masse corporelle de 30 ou plus, elle augmente le risque et les complications associées (anémie, goutte, maladies osseuses).

Un indice de masse corporelle situé entre 30 et 34,9 expose à un risque trois fois plus élevé de maladie rénale qu’un indice dans la norme. À 35 ou plus, le risque est multiplié par sept. Pour atteindre un poids sain, il est possible de :

  • déterminer son apport calorique quotidien avec un médecin ou un professionnel de la nutrition,
  • noter les calories de tous les aliments et boissons consommés,
  • tenir un plan d’exercice physique durable,
  • remplacer les aliments riches en graisses par des alternatives moins grasses,
  • privilégier la cuisson à la vapeur, au gril ou au four plutôt que la friture.

En cas de maladie rénale chronique, ne jamais commencer un programme de perte de poids sans consulter un médecin. Un amaigrissement  trop rapide peut entraîner une perte de masse musculaire maigre au lieu de graisse et accélérer la progression de la maladie.

Surveiller sa glycémie

Le diabète est la principale cause de maladie rénale chronique. Aux USA, au moins 1 adulte sur 3 diabétiques souffrirait d’une maladie rénale. Le diabète contribue à la néphropathie diabétique : une glycémie élevée persistante cause des dommages graves et potentiellement irréversibles.

Pour éviter cela :

  • surveiller régulièrement la glycémie,
  • prendre les médicaments comme prescrits,
  • contrôler la tension artérielle,
  • essayer de dormir sept à huit heures de sommeil par nuit.

Même sans diabète, limiter la consommation de sucre à 36 grammes (9 cuillères à café) par jour pour les hommes et 25 grammes (6 cuillères à café) pour les femmes.

Une “détox” rénale est-elle utile ? Aucun fait scientifique ne soutient l’utilisation de régimes détox pour éliminer les toxines. Au contraire, certains aliments utilisés (riches en oxalate comme les épinards ou les betteraves) peuvent favoriser les calculs rénaux s’ils sont consommés en excès.

Maintenir une tension artérielle normale

L’hypertension est la deuxième cause de maladie rénale chronique. Elle exerce une pression extrême sur les vaisseaux sanguins, les faisant durcir. Lorsqu’ils sont affectés, les reins retirent moins bien l’eau du sang, ce qui augmente le volume sanguin et aggrave encore la tension. C’est un cercle vicieux menant à l’insuffisance rénale.

Une tension normale est définie par une lecture systolique inférieure à 120 mm Hg et diastolique inférieure à 80 mm Hg. En cas d’hypertension, des médicaments (inhibiteurs de l’ECA, ARA II, diurétiques) peuvent aider.

Éviter l’usage excessif d’analgésiques en vente libre

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (aspirine, ibuprofène, naproxène) peuvent endommager les reins en cas de sur-utilisation : ils bloquent les prostaglandines qui régulent la circulation sanguine rénale.

  • ne jamais prendre d’anti-inflammatoires non stéroïdiens en vente libre plus de 10 jours consécutifs pour la douleur ou 3 jours pour la fièvre,
  • toujours utiliser la dose la plus faible possible.

Arrêter de fumer

Le tabac contient du cadmium, un métal hautement toxique pour les reins qui détruit les néphrons. Le cadmium s’accumule et peut persister pendant des décennies. Arrêter de fumer, même pendant trois mois seulement, peut abaisser les concentrations de cadmium et ralentir les dommages.

Envisager un test de la fonction rénale

Un très grand nombre de personnes atteintes de maladie chronique rénale l’ignorent. La pathologie, souvent asymptomatique, est découverte lors de tests de routine :

  • DFGe (Débit de Filtration Glomérulaire estimé) : un test sanguin mesurant la capacité de filtration,
  • Ratio albumine/créatinine urinaire (uACR) : un test urinaire mesurant la présence de protéines (albumine).

Que se passe-t-il quand la maladie rénale s’aggrave ?

La maladie rénale chronique évolue en cinq stades basés sur le DFGe (en mL/min) :

  • Stade 1 : Fonction normale (> 90)
  • Stade 2 : MRC légère (60-89)
  • Stade 3 : MRC modérée (30-59)
  • Stade 4 : MRC sévère (15-29)
  • Stade 5 : Insuffisance rénale terminale (< 15)

Les symptômes (fatigue, urine mousseuse, démangeaisons, troubles du sommeil) n’apparaissent généralement qu’au stade 3. S’ils sont détectés tôt, des changements médicaux et de mode de vie peuvent aider à ralentir la progression de la maladie.

Quels sont les types courants de maladies et de problèmes rénaux ?

Les maladies rénales comprennent une constellation de pathologies, aussi bien aiguës que chroniques, infectieuses, métaboliques, auto-immunes, congénitales (présentes dès la naissance).

Dans de rares cas, un cancer peut être impliqué.

Si les résultats des tests de fonction rénale sont anormaux, le médecin peut prescrire des examens complémentaires pour identifier les causes possibles :

  • néphropathie diabétique,
  • syndrome de Fanconi,
  • syndrome de Goodpasture,
  • glomérulonéphrite,
  • néphrite interstitielle,
  • kystes rénaux,
  • calculs rénaux,
  • néphropathie lupique,
  • syndrome néphrotique,
  • polykylose rénale
  • pyélonéphrite (infection rénale),
  • sténose de l’artère rénale,
  • carcinome rénal (cancer du rein),
  • thrombose de la veine rénale.

Sources :

National Institute of Diabetes and Digestive and Kidney Diseases : les reins et leur fonctionnement

National Diabetes Association : effet de la déshydratation sur les reins

National Institutes of Health : s’hydrater pour la santé

Centers for Disease Control and Prevention : maladie rénale chronique aux États-Unis

American Kidney Fund : activité physique et santé rénale

Sports (Basel) : effets de différents types d’exercice sur les maladies rénales

National Institute of Diabetes and Digestive and Kidney Diseases : prévenir la maladie rénale chronique

National Institute of Diabetes and Digestive and Kidney Diseases : bien manger pour la maladie rénale chronique

Obesity Science & Practice : obésité et maladie rénale chronique

National Kidney Foundation : 5 conseils de perte de poids pour les personnes atteintes de maladie rénale

Obesity Science & Practice : changement de poids dans la maladie rénale chronique

National Institute of Diabetes and Digestive and Kidney Diseases : maladie rénale diabétique

National Center for Complementary and Integrative Health : « détox » et « cures de nettoyage »

National Institute of Diabetes and Digestive and Kidney Diseases : hypertension artérielle et maladie rénale

Clinical Journal of the American Society of Nephrology : risques comparatifs des anti-inflammatoires non stéroïdiens sur la maladie rénale chronique

National Kidney Foundation : médicaments sont nocifs pour les reins

Renal Replacement Therapy : statut tabagique, cadmium et maladie rénale chronique

American Kidney Fund : stades de la maladie rénale chronique

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