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Médecine douceGuide des plantes médicinales

Les vertus mais aussi les dangers du colchique d’automne

Aline Legrand

« Colchiques dans les prés fleurissent, fleurissent, colchiques dans les prés, c’est la fin de l’été ». Cette ritournelle enfantine célèbre le colchique, plante herbacée, bulbeuse à fleurs roses tendres ou violettes. De la famille des Liliacées, son nom scientifique est Colchicum autumnale. On l’imagine innocent, inoffensif, presque fragile, alors qu’il est toxique et vénéneux. Pourtant, depuis des siècles, ce bulbe occupe une grande place en phytothérapie. Pourquoi et comment faut-il être prudent ?

Quels sont ses actifs ?

  • Le colchique regorge d’alcaloïdes isoquinoléiques : dont la cochicine, très toxique.
  • Ceux-ci sont aussi de puissants anti-inflammatoires, analgésiques et antimitotiques, c’est-à-dire qu’ils ont la capacité d’inhiber la prolifération de cellules anormales (ou mitose).
  • La plante renferme aussi des tannins (anti-inflammatoires, antioxydants et astringents) et des lipides.

Quelles sont les propriétés médicinales du colchique ?

Il est utilisé en phytothérapie principalement pour :

  • traiter les affections musculaires et articulaires : rhumatismes, arthrite, goutte,
  • soigner des affections cutanées : psoriasis, verrues, tumeurs cutanées, dermatose au stade précancéreux.

Comme la colchicine bloque la réplication cellulaire, les chercheurs étudient si elle pourrait avoir des propriétés anti cancer mais les perspectives sont compliquées en raison de sa dangereuse toxicité.

Comment peut-on l’utiliser en phytothérapie ?

L’automédication, sans surveillance médicale, est absolument à proscrire en raison de la toxicité de cette plante.

Le colchique est donc principalement utilisé comme médicament en gélule ou comprimé. Il est impossible de communiquer un dosage moyen.

Quelles sont les précautions d’utilisation ?

Elles sont très strictes.

L’ingestion d’une dose légère de colchique d’automne peut entraîner des troubles très graves, voire mortels. Il n’existe aucun anti-poison. Un homme est décédé en 2020 pour avoir cuisiné un pesto avec du colchique en le confondant avec de l’ail des ours.

Les effets secondaires sont : inflammations buccales, sécrétion excessive de salive, douleurs abdominales, diarrhées sanglantes, vomissements,  troubles sanguins et neurologiques, paralysie générale.

L’usage de cette plante est, de plus, fortement déconseillé en cas de dégradation des fonctions rénales  (insuffisance rénale, néphrite).

Toujours prendre l’avis d’un professionnel de santé car l’automédication peut entraîner des risques.

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