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Santé

La vaginose bactérienne : serait-elle sexuellement transmissible ?

Cette affection très répandue survient lorsque le microbiome vaginal est déséquilibré. Selon une étude récente, elle pourrait faire partie des maladies sexuellement transmissibles.

C’est la conclusion d’une étude publiée dans le New England Journal of Medecine. La vaginose bactérienne, caractérisée par un déséquilibre des bactéries dans le vagin, touche environ 30 % des femmes en âge de procréer, selon des données américaines. Elle peut entraîner de graves complications comme un risque accru de contracter d’autres MST (maladies sexuellement transmissibles) et de développer une pathologie inflammatoire pelvienne. Parmi les facteurs de risque, il est important de s’intéresser aux bactéries et santé reproductive, car la transmission de certaines bactéries entre partenaires joue un rôle clé dans la survenue de cette infection.

Les femmes atteintes de cette infection sont généralement traitées avec des antibiotiques, administrés par voie orale ou topique pendant une semaine. Cependant, il est également essentiel de comprendre les causes des infections vaginales qui peuvent varier selon les saisons, les habitudes de vie ou l’hygiène intime.

La vaginose bactérienne a un taux élevé de récidive : jusqu’à 80 % des femmes dans les neuf mois suivant le traitement. Compte tenu des risques élevés de réinfection, les chercheurs ont décidé d’essayer une approche différente : en traitant à la fois la femme et son partenaire sexuel masculin, des taux de guérison beaucoup plus élevés que lorsque la femme seule est traitée ont été mesurés.

Selon eux, les preuves sont suffisantes pour montrer que la vaginose bactérienne et les bactéries associées sont transmises sexuellement. Cela rejoint une approche globale du traitement VB qui vise à prendre en compte le couple dans la stratégie thérapeutique, et non uniquement la patiente.

Qu’est ce que la vaginose bactérienne ?

Elle est la conséquence d’un déséquilibre entre les bonnes et les mauvaises bactéries vaginales.

La flore vaginale normale  contient des bactéries qui aident à garder le vagin en bonne santé. En présence de vaginose bactérienne, d’autres types de bactéries la colonise. De nombreuses femmes n’ont aucun symptôme, d’autres éprouvent :

  • de légères pertes vaginales blanches ou grises,
  • des douleurs, démangeaisons autour et à l’extérieur du vagin, brûlures vaginales,
  • une odeur marine forte, surtout après un rapport sexuel,
  • des brûlures en urinant.
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Pour mieux cerner les différents symptômes, il est utile de se pencher sur les causes des démangeaisons vaginales qui peuvent accompagner la vaginose bactérienne ou d’autres infections.

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Pourquoi la vaginose bactérienne n’est-elle pas classée en MST ?

La vaginose bactérienne n’est pas actuellement entièrement perçue comme une infection se propageant par rapport sexuel.

Des recherches antérieures suggèrent que le risque de développer la vaginose bactérienne augmente avec une vie sexuelle active et elle survient rarement chez les personnes qui n’ont jamais eu de rapports sexuels

Certaines études ont également montré la présence, chez les hommes, de bactéries associées à la vaginose bactérienne dans l’urètre et sur la peau du pénis : l’infection peut donc être échangée entre partenaires pendant les rapports sexuels.

Malgré ces observations probantes, ces différentes raisons ne permettent pas encore de classer la vaginose bactérienne en MST :

  • bien que rare, les gens peuvent développer la vaginose bactérienne sans avoir de rapports sexuels, ce qui empêche son classement en MST.
  • les hommes ne présentent généralement aucun symptôme,
  • des études menées dans les années 1980 et 1990, qui ont traité la maladie chez les deux partenaires sexuels, n’ont pas réussi à prévenir la réinfection. Les experts ont considéré que ce résultat prouvait que la vaginose bactérienne n’est pas une MST. Mais ces études présentaient une limitation importante en ne traitant les hommes qu’avec un antibiotique oral et non avec une pommade topique.

Les preuves que la vaginose était transmise sexuellement étant accablantes, les chercheurs ont repris les recherches précédentes et revu le traitement du partenaire. Par ailleurs, il est intéressant de noter que certaines infections urinaires peuvent avoir des liens avec la flore vaginale, d’où l’importance de comprendre les infections rénales liées à la santé intime.

Quelles sont les perspectives nouvelles de traitement de la vaginose bactérienne ?

Une nouvelle étude a été dirigée avec :

  • 164 couples monogames hétérosexuels: toutes les femmes atteintes de vaginose bactérienne,
  • répartis en deux groupes: un groupe où seules les femmes ont reçu un traitement, un autre où femmes et hommes ont été traités par antibiotique oral et crème topique.

Après 12 semaines de suivi de 150 couples, l’essai s’est terminé prématurément parce que le traitement des deux partenaires a été beaucoup plus efficace que le traitement des femmes uniquement :

  • dans le groupe de traitement des femmes seules, 63 % se sont réinfectées,
  • dans le groupe où le partenaire était aussi traité, seulement 35 % des femmes ont eu une réinfection.

L’essai atteste que la réinfection par un partenaire sexuel est un facteur important de récidive de la vaginose bactérienne : en traitant également le partenaire masculin, il est possible de réduire ce risque.

L’étude n’a suivi que des femmes en relation monogame avec un partenaire masculin : le traitement peut ne pas être efficace pour celles qui ont plusieurs partenaires sexuels.

Comme l’essai a également été mené en Australie, la plupart des participants sont nés dans les régions du Pacifique occidental et en Europe. Les chercheurs ont noté une différence de prévalence de la vaginose bactérienne selon la région géographique et le groupe ethnique : les résultats ne peuvent donc pas être généralisés à toutes populations.

Le classement de la vaginose bactérienne en MST va-t-il changer ?

Il est prématuré de classer la vaginose bactérienne en maladie sexuellement transmissible.

D’un côté, si cette infection était strictement une MST, elle ne pourrait pas survenir chez des personnes qui n’ont jamais été sexuellement actives.

De l’autre, les résultats de recherche apportent des preuves que cette maladie peut se transmettre par rapport sexuel et que les récidives sont réduites lorsque le partenaire sexuel masculin est traité.

Les partenaires sexuels de patients atteints de gonorrhée, de chlamydia et de trichomonas sont traités pour prévenir les risques de réinfection. Pour la vaginose bactérienne également, cette nouvelle approche de traitement des partenaires asymptomatiques augmente la capacité à réduire les risques de réinfection.

À ce jour, les organismes officiels n’ont toujours pas émis de recommandation. En attendant, les auteurs de l’étude partagent leurs conclusions sur un site web adressé aux médecins et au grand public. Il leur semble important d’éduquer les hommes asymptomatiques qui pourraient ne voir aucune raison de se traiter lorsque leur partenaire souffre de vaginose bactérienne. Enfin, il ne faut pas négliger l’importance de l’alimentation et santé vaginale dans la prévention des déséquilibres de la flore intime et la réduction des récidives.

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