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Sénior : la fracture de la hanche, un défi plus redoutable que le cancer

Les aînés redoutent souvent la fracture de la hanche, et avec raison. De nouvelles recherches révèlent que les taux de survie après une telle blessure sont inférieurs à ceux de nombreux cancers.

Les aînés redoutent souvent la fracture de la hanche, et avec raison. De nouvelles recherches révèlent que les taux de survie après une telle blessure sont inférieurs à ceux de nombreux cancers. En effet, plus d’un tiers des patients âgés décèdent dans l’année suivant une fracture de la hanche, un taux de mortalité alarmant. Comprendre les raisons de cette issue désastreuse et les moyens de l’éviter est crucial pour améliorer la qualité de vie des séniors.

Ampleur du problème : des chiffres alarmants

Les données canadiennes analysées dans l’étude publiée dans la revue JBMR Plus sont sans appel. Chez les aînés de 65 ans et plus, les fractures de la hanche entraînent les pires pronostics, avec moins d’un tiers des hommes et la moitié des femmes survivant 5 ans après l’accident. Pire encore, le risque de mortalité est le plus élevé dans le mois suivant la fracture, atteignant près de 30% sur un an. Comparativement, rares sont les cancers affichant une telle létalité à court terme. Cela en dit long sur la gravité de ces traumatismes chez les séniors. Leur vulnérabilité s’accentue avec l’âge, les plus de 85 ans étant les plus durement touchés.

Pourquoi une fracture de la hanche est-elle si dangereuse ?

Plusieurs facteurs expliquent la dangerosité des fractures de la hanche chez les personnes âgées. Tout d’abord, l’immobilité prolongée qui en découle expose à de graves complications : formation de caillots sanguins, atrophie musculaire, infections et même défaillance cardiaque.

De plus, ces fractures surviennent souvent chez des individus fragilisés par d’autres pathologies chroniques comme l’insuffisance cardiaque, les maladies respiratoires ou les troubles de la coagulation. Leur état de santé préexistant se dégrade alors rapidement, amorcant une spirale descendante.
Enfin, la perte d’autonomie et les difficultés à retrouver l’équilibre après la fracture ont un impact psychologique majeur. La dépression devient fréquente, aggravant encore le pronostic.

Prévenir les récidives : une fenêtre d’opportunité

Un autre élément alarmant est que près de 40% des patients ayant subi une fracture de la hanche en subiront une seconde dans les 5 ans. Or, les traitements pour prévenir ces récidives sont trop souvent négligés à la sortie de l’hôpital.

Les experts soulignent pourtant l’importance de cette « fenêtre d’opportunité » pendant l’hospitalisation, où des médicaments novateurs pourraient permettre d’éviter la moitié de ces fractures récurrentes. Cela permettrait aux aînés de vivre plus longtemps et dans de meilleures conditions.

Rester actif et bien entouré

Au-delà du traitement médical, certains gestes simples peuvent grandement améliorer les chances de rétablissement après une fracture de la hanche. Maintenir une activité physique, même limitée, dès que possible est essentiel pour éviter la fonte musculaire et retrouver son équilibre. Un suivi médical régulier, une prise en charge en kinésithérapie et une alimentation équilibrée sont également cruciaux. L’entourage joue aussi un rôle majeur, en aidant à la mobilité et en apportant un soutien moral indispensable.

Aménager son environnement pour prévenir les chutes

Enfin, prévenir les chutes est primordial pour éviter ces fractures dévastatrices. Il est recommandé de sécuriser son domicile en fixant solidement les tapis, en éliminant les obstacles et en installant des barres d’appui.
L’usage de bas de contention et, dans certains cas, d’un traitement antiagrégant plaquettaire peuvent aussi réduire les risques de complications. Une vigilance accrue s’impose donc pour protéger nos aînés les plus fragiles.

Agir maintenant pour améliorer les pronostics

Les fractures de la hanche chez les séniors représentent un véritable défi de santé publique. Avec des taux de mortalité supérieurs à de nombreux cancers, il est urgent de mieux comprendre et prévenir ces traumatismes dévastateurs.

Des avancées médicales prometteuses, une prise en charge globale et des aménagements préventifs peuvent toutefois inverser la tendance. En sensibilisant davantage le public et en mobilisant les professionnels de santé, nous pouvons offrir de meilleures perspectives de vie à nos aînés.

 

 

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