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Médias sociaux et santé mentale: entre mal-être, dépression et opportunité de contact

Les médias sociaux ont divers effets positifs, mais ils peuvent aussi avoir des répercussions négatives sur la santé mentale des utilisateurs.

L’utilisation des médias sociaux peut entraîner un sommeil de mauvaise qualité et nuire à la santé mentale. Elle est associée à la dépression, à l’anxiété et à une faible estime de soi.
Dans le monde d’aujourd’hui, de nombreuses personnes vivent avec leur smartphone comme compagnon virtuel. Ces appareils utilisent des réseaux de médias sociaux électroniques qui alertent les utilisateurs des mises à jour sur leurs amis, leurs célébrités préférées et les événements mondiaux. Les médias sociaux sont désormais fermement intégrés dans la vie quotidienne de beaucoup de gens.

Les médias sociaux sont un outil de communication puissant qui a changé la façon dont les individus interagissent les uns avec les autres. Ils accélèrent la façon dont les gens échangent et partagent des informations, des pensées et des idées sur des réseaux virtuels. Les médias sociaux ont toutefois des inconvénients. Certaines données suggèrent que leur utilisation et surutilisation peut avoir des effets négatifs sur la santé mentale de nombreuses façons.

Voici les liens entre les médias sociaux et la santé mentale, notamment sur les effets positifs et négatifs que cet outil peut avoir sur les individus.

Pourquoi les médias sociaux affectent la santé mentale

Les médias sociaux sont associés à la dépression, à l’anxiété et au sentiment d’isolement, en particulier chez les gros utilisateurs. Une enquête de 2015 de Common Sense a révélé que les adolescents peuvent passer jusqu’à 9 heures de chaque jour en ligne. Nombre d’entre eux sont eux-mêmes préoccupés par le fait qu’ils passent trop de temps à naviguer sur les réseaux sociaux. Cette vague d’inquiétude suggère que les médias sociaux pourraient affecter la santé mentale de leurs utilisateurs. Les chercheurs à l’origine d’une étude canadienne de 2017 ont confirmé ce constat. Ils ont noté que les étudiants qui utilisent les médias sociaux pendant plus de deux heures par jour sont considérablement plus susceptibles de qualifier leur santé mentale de passable ou de mauvaise que les utilisateurs occasionnels.

Une étude de 2019 a établi un lien entre l’utilisation des médias sociaux et un sommeil perturbé et retardé. Un sommeil régulier et de qualité est essentiel au bien-être, et il est prouvé que les problèmes de sommeil contribuent à des effets négatifs sur la santé mentale, tels que la dépression et la perte de mémoire. Outre les effets négatifs sur le sommeil, les médias sociaux peuvent déclencher des problèmes de santé mentale en exposant les individus à la cyberintimidation. Dans une enquête menée en 2020 auprès de plus de 6 000 personnes âgées de 10 à 18 ans, les chercheurs ont constaté qu’environ la moitié d’entre elles avaient été victimes de cyberintimidation. L’un des inconvénients des plateformes de médias sociaux est qu’elles donnent aux individus la possibilité de lancer ou de répandre des rumeurs nuisibles et d’utiliser des mots abusifs qui peuvent laisser des cicatrices émotionnelles durables.

Statistiques

Les médias sociaux ont fait l’objet de nombreuses critiques, et de nombreux rapports établissent un lien entre leur utilisation et de graves conséquences.
Des des études de population montrent que le monde des médias sociaux peut avoir des effets dévastateurs sur la santé mentale des utilisateurs. Rien qu’aux États-Unis, les résultats d’enquêtes montrent une augmentation de 25 % des tentatives de suicide chez les adolescents entre 2009 et 2017.

Bien que les médias sociaux ne jouent peut-être pas un rôle dans chacune de ces incidences, le laps de temps correspond à l’utilisation croissante de ces plateformes. Une étude réalisée en 2021 confirme cet effet. Les chercheurs ont indiqué que si l’utilisation des médias sociaux avait un impact minime sur le risque de suicide des garçons, les filles qui utilisaient les médias sociaux pendant au moins deux heures par jour à partir de l’âge de 13 ans présentaient un risque clinique plus élevé de suicide à l’âge adulte. En outre, les conclusions d’une étude basée sur la population montrent un déclin de la santé mentale, avec une augmentation de 37% de la probabilité d’épisodes dépressifs majeurs chez les adolescents.

Une étude de 2019 a suggéré que les adolescents qui utilisent les médias sociaux pendant plus de 3 heures par jour sont plus susceptibles de connaître des problèmes de santé mentale, tels que la dépression, l’anxiété, l’agression et le comportement antisocial.

Effets négatifs sur la santé

Les médias sociaux peuvent provoquer un sentiment d’inadéquation. Les gens peuvent avoir l’impression que leur vie ou leur apparence ne se compare pas favorablement à celle des autres sur les médias sociaux, ce qui entraîne des sentiments d’envie et d’insatisfaction. Une étude de 2018 a révélé qu’une utilisation élevée des médias sociaux augmente plutôt qu’elle ne diminue le sentiment de solitude. Elle a également rapporté que la réduction de l’utilisation des médias sociaux aide les personnes à se sentir moins seules et isolées et améliore leur bien-être. De plus, les médias sociaux peuvent faciliter la cyberintimidation et créer un égocentrisme malsain et une distance avec les amis et la famille.

Des effets positifs

Malgré leurs inconvénients, les médias sociaux restent un moyen efficace de connecter les communautés et les individus à travers le monde. La mise en réseau par les médias sociaux de petits groupes de personnes est bénéfique pour beaucoup. Grâce aux médias sociaux, les jeunes qui ont du mal à se débrouiller en société et qui sont anxieux peuvent s’exprimer et socialiser. Ils peuvent être particulièrement avantageux pour les groupes marginalisés car ils leur permettent de rencontrer et d’interagir avec d’autres personnes partageant les mêmes idées.

Les médias sociaux sont également une plateforme qui donne une voix aux sans-voix. Par exemple, les personnes qui ont été victimes de violence et d’abus peuvent utiliser des communautés telles que la communauté #MeToo pour exprimer leurs opinions, parler de ce à quoi elles sont confrontées et trouver du soutien. Les médias sociaux peuvent également éduquer et informer, et offrir un exutoire à la créativité et à l’expression personnelle.

Conditions liées: le FOMO

Les médias sociaux non réglementés entraînent une peur constante de manquer quelque chose, que beaucoup appellent FOMO (traduction: Fear Of Missing Out, la peur de rater quelque chose, comme rater un événement, des sorties culturelles, des fêtes, soirées, apéros, dîners,. Les gens peuvent avoir l’impression que les autres s’amusent plus qu’eux, ce qui peut affecter l’estime de soi et provoquer des problèmes de santé mentale. Les personnes peuvent vérifier compulsivement leur téléphone au prix d’un manque de sommeil ou choisir les médias sociaux plutôt que les relations ou les rencontres en personne. De plus, le fait de privilégier les réseaux de médias sociaux aux interactions physiques et sociales augmente les risques de troubles de l’humeur tels que l’anxiété et la dépression.

Gérer les effets

Comment rendre son utilisation des médias sociaux positive?

– en désactivant la connectivité de données d’un smartphone à certains moments de la journée, par exemple en conduisant, au travail ou en réunion
– désactivant la connectivité de données lorsque l’on passe du temps avec ses amis et sa famille
– laissant le smartphone hors de portée pendant le sommeil
– désactiver les notifications pour mieux résister aux signaux sonores ou aux vibrations qui vous distraient.
– limiter l’utilisation des médias sociaux à un ordinateur plutôt qu’à un smartphone.

Prévenir les effets négatifs

Il est possible d’éviter certains des effets négatifs des médias sociaux en limitant leur utilisation à 30 minutes par jour, ce qui permet de réduire la FOMO et les conséquences négatives qui y sont associées. En étant plus consciente du temps qu’elle passe sur les médias sociaux, une personne peut remarquer des améliorations de son humeur générale, de sa concentration et de sa santé mentale globale.

 

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