Marche : des coûts de santé réduits après 65 ans quand on fait ses 10 000 pas par jour

Auteur: François Lehn

relu par Dr Muriel Dodin

Publié le :

Marche : des coûts de santé réduits après 65 ans quand on fait ses 10 000 pas par jour
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Un nombre de pas quotidiens plus élevé est associé à des dépenses de santé estimées plus faibles chez les personnes de 65 ans et plus. C’est le principal résultat d’une étude japonaise fondée sur des données d’activité et d’assurance maladie.

Cette association ne prouve toutefois pas que marcher davantage réduit, à elle seule, les dépenses. L’âge et l’état de santé sont essentiels pour interpréter les résultats.

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Nombre de pas quotidiens et coûts de santé des seniors : ce que révèle l’étude

Haruka Kato, de l’Université métropolitaine d’Osaka, a étudié les données de 20 950 personnes âgées d’au moins 40 ans. Toutes utilisaient régulièrement A-Smile, une application de santé de la préfecture d’Osaka. Les données recueillies entre 2020 et 2023 représentent 338 706 mois de suivi.

Publiée en 2026 dans SSM – Population Health, l’étude sur les pas et les dépenses de santé rapproche les pas enregistrés par l’application des données de remboursement de l’assurance maladie. La chercheuse a utilisé un modèle statistique capable de dessiner des courbes souples, plutôt que d’imposer une baisse régulière des coûts à mesure que le nombre de pas augmente.

Des dépenses qui varient selon l’âge et le nombre de pas

Chez les adultes de 40 à 64 ans, la courbe des dépenses estimées est presque plate. Dans ce groupe, les coûts prédits varient donc peu selon le nombre de pas enregistrés.

Le profil change chez les personnes de 65 ans et plus. Les dépenses prédites sont plus élevées dans la zone correspondant aux nombres de pas les plus faibles. Elles diminuent ensuite à mesure que le nombre de pas augmente. Ces valeurs sont des estimations statistiques, et non les factures observées chez chaque participant.

Un seuil de stabilisation proche de 11 000 pas par jour

La courbe finit par se stabiliser dans les deux groupes. Le modèle situe ce plateau autour de 11 317 pas quotidiens chez les 40 à 64 ans, et de 10 612 pas chez les personnes de 65 ans et plus.

Ces seuils décrivent la forme des courbes dans l’étude. Ils ne constituent pas une prescription médicale, ni une preuve que chacun doit atteindre ce niveau pour préserver sa santé. Le nombre de pas approprié dépend aussi des capacités et de la situation de chaque personne.

Pourquoi le lien entre marche et dépenses semble plus fort après 65 ans

La différence entre les groupes apparaît surtout dans la pente des courbes. Chez les seniors, les coûts estimés changent davantage selon le nombre de pas. Chez les adultes d’âge moyen, le modèle montre une variation beaucoup plus faible.

Ce constat fait de la marche une piste intéressante pour la prévention, sans permettre de promettre des économies. Les personnes qui marchent peu peuvent aussi avoir des problèmes de santé qui limitent leurs déplacements et entraînent des soins. L’étude ne permet pas de séparer avec certitude ces différentes influences.

La chercheuse propose une visualisation interactive du modèle. Elle présente les dépenses prédites sur six mois selon l’âge et le nombre de pas, ainsi que l’incertitude autour de ces estimations. Elle ne permet pas de prévoir la dépense réelle d’une personne.

Ce que ces résultats ne permettent pas d’affirmer

L’étude observe un lien, mais ne démontre pas un lien de cause à effet. Une personne qui marche davantage peut avoir des coûts plus faibles pour d’autres raisons que son activité. À l’inverse, une maladie ou une difficulté à se déplacer peut réduire son nombre de pas et augmenter ses besoins de soins.

Les données viennent aussi d’utilisateurs de longue durée d’une application. Ces personnes ne représentent pas nécessairement l’ensemble des habitants d’Osaka, ni les populations d’autres pays. Leurs habitudes de santé ou leur accès aux outils numériques peuvent différer de ceux des personnes qui n’utilisent pas l’application.

Le téléphone ne capte pas forcément tous les déplacements si son utilisateur ne le porte pas toujours sur lui. De plus, les remboursements renseignent sur les soins enregistrés, sans expliquer à eux seuls pourquoi chaque dépense a eu lieu.

Enfin, les estimations et leurs intervalles de confiance concernent les personnes et les niveaux de pas inclus dans l’analyse. L’intervalle donne une indication de l’incertitude statistique autour d’une estimation. Il ne garantit pas le montant des frais de santé d’un individu.

Comment augmenter ses pas sans se fixer un objectif irréaliste

Partir de son niveau actuel

Avant de viser un nombre précis, il est utile d’observer ses habitudes pendant quelques jours. Le point de départ compte davantage qu’un chiffre identique pour tout le monde. Une personne peu active peut commencer par une courte marche à un rythme confortable, puis augmenter progressivement la durée si elle la tolère bien.

Les déplacements ordinaires comptent aussi, par exemple marcher jusqu’à un commerce proche ou faire un tour dans son quartier. La régularité peut faciliter l’installation d’une habitude, sans transformer chaque sortie en défi. Un compteur de pas peut aider à suivre ses progrès, mais il n’est pas indispensable.

Tenir compte de sa santé et de sa mobilité

La marche doit rester adaptée aux capacités de chacun. Le terrain, les chaussures et la fatigue influencent le confort d’une sortie. Pour une personne dont l’équilibre est fragile, un trajet connu et dégagé peut être plus rassurant.

En cas de maladie, de douleur ou de risque de chute, l’avis d’un professionnel de santé aide à choisir une activité adaptée. Il peut également orienter vers d’autres formes de mouvement lorsque la marche est difficile.

Le repère des 10 000 pas n’est pas une règle universelle. L’objectif est de trouver une activité compatible avec sa santé, et non d’atteindre le plateau statistique observé dans cette étude.

À retenir

Chez les personnes de 65 ans et plus, davantage de pas étaient associés à des coûts de santé prédits plus faibles, jusqu’à un plateau proche de 10 600 pas par jour. Ce résultat ne démontre pas que la marche réduit directement les dépenses.

La marche reste une piste de prévention à étudier. Pour chacun, une progression adaptée à sa santé et à sa mobilité est plus utile qu’un objectif uniforme.

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