La marche favorise la ralentissement du vieillissement selon cette étude

Auteur: François Lehn

relu par Dr Muriel Dodin

Publié le :

La marche favorise la ralentissement du vieillissement selon cette étude
La marche et l'activité légère sont associées à davantage de copies d'ADN mitochondrial dans les globules blancs de ces adultes
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La marche quotidienne pourrait-elle avoir un lien avec les mitochondries, ces structures qui participent à la production d’énergie cellulaire ? Une étude publiée en 2026 dans Scientific Reports observe que les adultes plus actifs ont davantage de copies d’ADN mitochondrial dans leurs globules blancs.

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Le lien concerne surtout la marche et l’activité légère, mais reste une association, sans preuve d’amélioration directe des mitochondries.

Un profil mitochondrial différent chez les adultes plus actifs

Kim, Choi et Kim ont étudié 256 adultes généralement en bonne santé, vivant en Corée du Sud. Âgés de 45 à 64 ans, ils avaient en moyenne environ 54 ans.

Dans cette étude publiée dans Scientific Reports, l’équipe a comparé deux mesures de l’activité physique. Un questionnaire portait sur les mouvements de la semaine précédente. Un accéléromètre, porté à la taille, enregistrait les déplacements quotidiens. Des données exploitables provenant de cet appareil étaient disponibles pour 205 participants.

La marche et les activités légères ressortent dans les résultats

Les personnes déclarant davantage d’activité physique totale ou de marche présentaient un nombre plus élevé de copies d’ADN mitochondrial. Le même lien apparaissait pour l’activité légère enregistrée par l’accéléromètre.

Ces associations persistaient après prise en compte de plusieurs facteurs, dont l’âge, le sexe, le tabagisme et la qualité du sommeil. Cette concordance entre déclarations et mesures instrumentales retient l’attention. Les deux méthodes restent toutefois différentes : le questionnaire dépend des souvenirs, tandis que l’appareil classe les mouvements selon leur intensité.

Les efforts plus soutenus ne montrent pas le même lien

Le temps sédentaire et les activités modérées ou vigoureuses mesurées par appareil n’étaient pas significativement associés au marqueur. Ce résultat ne permet pas de juger ces efforts inutiles pour les mitochondries.

Les participants pratiquaient peu d’activité vigoureuse. Les différences entre leurs niveaux d’effort étaient également limitées, ce qui pouvait rendre une association difficile à détecter. L’étude ne compare donc pas l’efficacité de plusieurs programmes d’exercice. Elle décrit les habitudes d’un groupe à une période donnée.

ADN mitochondrial : ce que le nombre de copies indique

Les mitochondries possèdent leur propre matériel génétique, distinct de celui contenu dans le noyau de la cellule. Cet ADN mitochondrial comprend des instructions nécessaires à leur fonctionnement.

Le nombre de copies d’ADN mitochondrial, souvent abrégé en mtDNAcn, renseigne indirectement sur le contenu mitochondrial. Ici, les chercheurs l’ont mesuré dans les globules blancs, par une technique de laboratoire appelée PCR quantitative. Le prélèvement sanguin avait été réalisé après douze heures de jeûne. Cette mesure ne teste pas directement la production d’énergie des cellules.

Un marqueur associé au vieillissement et à certaines maladies

Des niveaux plus faibles de mtDNAcn ont été associés, dans d’autres recherches, au vieillissement, aux maladies coronariennes et à la néphropathie diabétique. Cette dernière correspond à une atteinte rénale liée au diabète.

Des travaux publiés dans JAMA Cardiology ont également examiné son association avec le risque cardiovasculaire. Ces observations expliquent l’intérêt scientifique du marqueur. Elles ne démontrent pas qu’une baisse du mtDNAcn provoque ces maladies, ni qu’une hausse protège contre leur apparition. Sa valeur ne résume pas la santé d’une personne.

Bouger davantage ne prouve pas une augmentation du marqueur

L’étude coréenne est transversale : l’activité physique et le marqueur sanguin ont été évalués à la même période. Leur ordre d’apparition reste inconnu.

Le mouvement pourrait précéder un niveau plus élevé de mtDNAcn. Mais une meilleure santé préalable pourrait aussi favoriser l’activité quotidienne. D’autres facteurs peuvent influencer les deux mesures. Les modèles statistiques expliquaient seulement une petite part des différences entre participants. L’activité physique apparaît donc comme une influence possible parmi plusieurs, sans relation de cause à effet établie. Un suivi dans le temps serait nécessaire pour départager ces explications.

L’activité légère mérite l’attention, sans remplacer l’exercice

Les mesures par accéléromètre montrent un quotidien dominé par les efforts peu intenses. Les participants cumulaient environ cinq heures d’activité légère par jour, contre près de 37 minutes d’activité modérée. L’activité vigoureuse dépassait à peine une minute quotidienne.

La marche occupait aussi la plus grande place dans l’activité hebdomadaire déclarée. Ces données donnent du poids à l’étude des mouvements ordinaires. Elles ne permettent pas d’affirmer qu’ils sont meilleurs que l’exercice soutenu pour les mitochondries.

Une mesure limitée à trois jours de semaine

L’accéléromètre a été porté pendant trois jours de semaine consécutifs. Les activités du week-end n’ont pas été enregistrées. Une personne peut pourtant avoir des habitudes différentes les jours travaillés et les jours de repos.

Cette fenêtre de mesure donne un aperçu du quotidien, sans garantir qu’elle reflète l’ensemble des habitudes. Les chercheurs n’ont pas non plus mesuré directement les mécanismes biologiques reliant éventuellement le mouvement au mtDNAcn. La création de nouvelles mitochondries, ou les changements de leur fonctionnement, ne peuvent donc pas être déduits de ces résultats.

Des études de suivi devront confirmer le signal

Des études longitudinales permettraient de suivre conjointement l’activité et l’ADN mitochondrial pendant plusieurs mois ou années. Elles aideraient à déterminer si les changements d’activité précèdent ceux du marqueur.

Des essais d’intervention pourraient ensuite tester l’effet d’une augmentation encadrée de l’activité légère, avec des mesures répétées. Les travaux de Kim, Choi et Kim, publiés dans Scientific Reports en 2026 (DOI : 10.1038/s41598-026-73178-3), ouvrent cette piste. La question reste de savoir si le mouvement contribue au maintien du mtDNAcn ou accompagne un état de santé plus favorable.

À retenir

La marche et l’activité légère sont associées à davantage de copies d’ADN mitochondrial dans les globules blancs de ces adultes. Ce signal biologique mérite d’être étudié, sans être confondu avec une amélioration démontrée des mitochondries.

L’observation ne permet ni d’établir une causalité ni de privilégier les efforts légers aux activités plus soutenues. Des suivis prolongés et des essais contrôlés devront préciser la portée de ce lien.

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