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IMC élevé et faible forme physique à l’adolescence : un risque accru d’infections bactériennes graves à l’âge adulte

Un IMC élevé et une faible forme cardio-respiratoire à l’adolescence sont liés à un risque plus fort de pneumonie grave, de septicémie et d’autres infections bactériennes sévères à l’âge adulte

Le surpoids chez les adolescents augmente, le temps d’écran aussi, tandis que les journées deviennent plus sédentaires. Dans le même temps, la résistance aux antibiotiques progresse, ce qui rend certaines infections plus difficiles à traiter. Ce contexte inquiète les médecins qui observent déjà les effets à long terme sur la santé.

Une grande étude suédoise, menée sur près d’un million de jeunes hommes suivis pendant plus de trente ans, apporte un signal clair. Un IMC élevé et une faible forme cardio-respiratoire à la fin de l’adolescence sont liés à un risque plus fort de pneumonie grave, de septicémie et d’autres infections bactériennes sévères à l’âge adulte. Le point le plus frappant est que ce risque commence déjà pour un IMC dit « haut normal », puis augmente de façon progressive avec le surpoids et l’obésité.

Cet article s’adresse aux parents, aux adolescents et aux éducateurs. L’objectif est d’expliquer ces résultats avec des mots simples et de proposer des pistes concrètes pour agir tôt, sans culpabiliser, mais avec lucidité.

Comprendre le lien entre IMC, forme physique et infections bactériennes graves

Qu’est-ce qu’un IMC élevé chez l’adolescent et pourquoi cela compte

L’IMC est un indicateur simple qui relie le poids à la taille. On le calcule en divisant le poids par la taille au carré, mais le détail du calcul importe moins que l’idée générale. Plus l’IMC est élevé, plus il suggère un excès de graisse corporelle.

Chez les adolescents, on parle souvent de poids insuffisant, poids normal, IMC « haut normal », surpoids, puis obésité. La zone « haut normal » correspond en gros à un IMC entre 22,5 et 25. L’étude suédoise a montré que le risque d’infections bactériennes graves augmente déjà dans cette tranche, par rapport aux jeunes avec un IMC normal bas. Ce risque continue ensuite à monter avec le surpoids, puis avec l’obésité.

L’IMC n’est pas parfait. Il ne distingue pas les muscles de la graisse et ne tient pas compte de la répartition du poids. Il reste pourtant un outil pratique pour repérer un excès de poids chez les adolescents et ouvrir le dialogue sur leurs habitudes de vie.

Que veut dire « faible forme cardio-respiratoire »

La forme cardio-respiratoire correspond à la capacité du cœur, des poumons et des vaisseaux à fournir de l’oxygène pendant un effort. Quand elle est bonne, le corps supporte plus facilement les activités de tous les jours et récupère vite.

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Une forme basse se reconnaît dans la vie quotidienne. Le jeune est très vite essoufflé en montant les escaliers, il ne tient pas un footing lent, même de courte durée, ou se sent vidé après quelques minutes de sport. Cela ne veut pas dire qu’il est paresseux, mais que son système cardio-respiratoire manque d’entraînement.

Point important, un adolescent peut avoir un IMC dans la norme et une faible forme cardio-respiratoire s’il bouge très peu. L’étude a montré que cette faible forme, même sans obésité, est liée à un risque plus élevé d’infections graves plus tard.

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Ce que sont les infections bactériennes sévères comme la pneumonie et la septicémie

Toutes les infections ne se valent pas. Un simple rhume ou une petite infection de la peau guérit le plus souvent sans séquelles. Les infections bactériennes sévères sont d’un autre ordre.

La pneumonie bactérienne est une infection grave des poumons qui cause une forte fièvre, une toux profonde et un essoufflement marqué. Les infections de valves cardiaques, appelées endocardites, touchent le cœur et nécessitent souvent une hospitalisation longue. La septicémie survient quand des bactéries passent dans le sang et atteignent tout le corps, provoquant un état de choc qui peut être mortel.

Dans l’étude suédoise, plus de 44 000 cas de ces infections sévères ont été recensés lors du suivi, la pneumonie étant la plus fréquente, suivie par la septicémie. Ces infections mènent souvent à l’hôpital et, pour une partie des patients, au décès, surtout en cas de terrain fragile.

Ce que montre la grande étude suédoise sur les ados et le risque d’infections à l’âge adulte

Une étude sur près d’un million de jeunes suivis pendant plus de 30 ans

Les chercheurs de l’Université de Göteborg ont utilisé les données de conscription militaire en Suède. À ce moment, presque tous les jeunes hommes passaient des tests standardisés. Leur IMC était mesuré, ainsi que leur forme cardio-respiratoire, grâce à des épreuves d’effort.

Ces données ont été couplées à plusieurs registres nationaux, comme le registre des hospitalisations et le registre des causes de décès. Les chercheurs ont pu suivre ces hommes pendant plus de trois décennies et repérer les diagnostics de pneumonie grave, d’infection de valve cardiaque ou de septicémie.

Pour affiner les résultats, l’équipe a pris en compte d’autres éléments, comme la force musculaire, l’asthme et la situation socio-économique. Cela permet de mieux isoler le rôle de l’IMC et de la forme cardio-respiratoire dans le risque d’infections sévères.

Plus l’IMC est élevé, plus le risque d’infections graves augmente

Les résultats montrent une relation très nette. Le risque d’infections bactériennes graves est déjà plus haut chez les jeunes avec un IMC haut normal, puis augmente de façon continue avec le surpoids et l’obésité.

Chez les hommes avec une obésité (IMC à 30 ou plus), la septicémie était plus de trois fois plus fréquente que chez ceux ayant un IMC normal bas. Le risque de mourir d’une septicémie était, lui, plus de quatre fois plus élevé dans ce groupe le plus lourd. L’IMC ne suffit pas à lui seul pour prédire le destin de chacun, mais le lien observé est très fort à l’échelle de la population.

Le rôle majeur de la faible forme cardio-respiratoire

La forme cardio-respiratoire ressort comme un facteur au moins aussi important que l’IMC. Les adolescents les moins en forme avaient un risque nettement plus élevé de pneumonie, d’endocardite et de septicémie, et ce plusieurs dizaines d’années plus tard.

Un message clé pour les familles est simple. Un jeune peut réduire son risque futur même s’il n’atteint pas un poids « parfait », s’il améliore sa forme cardio-respiratoire grâce à une activité physique régulière et progressive.

Pourquoi ces résultats inquiètent les médecins aujourd’hui

Les médecins observent une hausse du surpoids et de l’obésité chez les adolescents, une baisse du temps passé à bouger et un usage massif des écrans. En parallèle, les bactéries deviennent plus résistantes aux antibiotiques, ce qui rend les traitements moins efficaces.

Dans ce contexte, tout facteur qui augmente le risque de septicémie ou de pneumonie grave prend une importance particulière pour la santé publique. Les résultats de cette étude rappellent que la prévention doit commencer tôt, dès l’adolescence.

Comment le surpoids et la sédentarité fragilisent les défenses du corps

Inflammation chronique et système immunitaire débordé

L’excès de graisse, surtout au niveau du ventre, entretient une inflammation chronique de faible intensité. On peut la comparer à une alarme de maison qui sonne tout le temps. À force de sonner pour rien, elle finit par moins bien signaler le vrai danger.

Le système immunitaire se retrouve occupé à gérer cette inflammation permanente. Quand une vraie infection arrive, il répond parfois moins vite ou de façon moins efficace. Cela peut faciliter la progression vers une infection sévère.

Impact du manque de mouvement sur le cœur, les poumons et les défenses

La sédentarité affaiblit peu à peu le cœur et les poumons. Le sang transporte l’oxygène moins bien, la récupération est plus lente, la fatigue arrive plus vite. L’activité physique régulière a l’effet inverse. Elle améliore la circulation, aide les cellules immunitaires à se déplacer, améliore la qualité du sommeil et réduit le stress.

Ces effets combinés renforcent la capacité du corps à faire face à une infection. Cela éclaire le résultat majeur de l’étude, où la faible forme cardio-respiratoire ressort comme un facteur de risque fort d’infections graves.

Rôle possible du microbiote et des maladies associées à l’obésité

Le microbiote intestinal regroupe les milliards de bactéries qui vivent dans notre intestin. Un régime riche en produits ultra-transformés et en boissons sucrées peut modifier cet équilibre, favoriser l’inflammation et augmenter le risque de certaines infections.

Le surpoids s’accompagne souvent d’autres problèmes, comme le diabète de type 2 ou l’hypertension. Ces maladies fragilisent encore l’organisme et aggravent le pronostic en cas de pneumonie ou de septicémie.

Agir tôt : comment aider les adolescents à protéger leur santé future

Pourquoi l’adolescence est une période clé pour le poids et la forme

L’adolescence est une phase où se construisent de nombreuses habitudes durables. Alimentation, sommeil, activité physique, temps d’écran, ces choix se figent souvent pour des années. L’étude suédoise montre que l’état de santé à la fin de l’adolescence laisse une trace sur plusieurs décennies, y compris pour le risque d’infections graves.

Il est plus simple de garder un poids stable et une bonne forme que de corriger plus tard un long passé de sédentarité et de prise de poids.

Petites actions du quotidien pour bouger plus et gagner en forme

Les changements n’ont pas besoin d’être extrêmes. Marcher ou aller à vélo à l’école quand c’est possible, prendre les escaliers, faire vingt à trente minutes d’activité modérée la plupart des jours, sont déjà des progrès utiles.

Rejoindre un club de sport, une activité artistique dynamique ou faire des jeux actifs entre amis aide à bouger sans se focaliser sur la performance. Une progression lente mais régulière de la forme cardio-respiratoire peut déjà réduire le risque futur.

Mieux manger sans régime strict ni culpabilité

Une alimentation plus simple protège à la fois le poids et le microbiote. Réduire les boissons sucrées et les soft drinks, limiter les produits ultra-transformés et la restauration rapide, privilégier les fruits, les légumes, les céréales complètes et des sources de protéines simples, comme les œufs, les légumineuses, le poisson ou la volaille, aide l’organisme à mieux se défendre.

Les parents jouent un rôle clé pour organiser les courses et les repas. L’idée n’est pas d’imposer des régimes stricts, mais de créer un cadre qui soutient des choix plus sains, sans honte ni pression excessive.

Le rôle des parents, des écoles et de la société

Les adolescents ne sont pas seuls responsables de leur santé. Les programmes d’éducation physique, des équipements sportifs accessibles, des repas scolaires de qualité et des messages clairs sur l’activité physique font partie de la réponse.

À la maison, les parents peuvent donner l’exemple, limiter le temps d’écran, encourager les sorties en extérieur et soutenir les activités choisies par leurs enfants. Ce soutien profite non seulement au risque d’infections graves, mais aussi à la santé du cœur, au bien-être mental et aux résultats scolaires.

En quelques lignes

Trois messages ressortent de ces données. Un IMC élevé et une faible forme cardio-respiratoire à l’adolescence sont liés à un risque plus fort de pneumonie grave, de septicémie et d’autres infections bactériennes sévères à l’âge adulte. Ce risque augmente déjà dans la zone d’IMC haut normal, puis grimpe fortement avec l’obésité, avec plus de trois fois plus de septicémies et plus de quatre fois plus de décès par septicémie dans le groupe le plus lourd. Il reste possible d’agir tôt, grâce à plus de mouvement, une alimentation plus simple et plus saine, et un soutien actif des familles, des écoles et des collectivités.

Dans un monde où les antibiotiques perdent de leur efficacité, chaque pas vers un poids plus sain et une meilleure forme est un investissement précieux pour la santé future. Parents, éducateurs et adolescents peuvent avancer ensemble, un choix du quotidien après l’autre. Pour toute décision médicale, un échange avec un professionnel de santé reste indispensable.

 

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