Arthrite: le surprenant effet protecteur d’une quantité modérée de vin rouge chez les femmes

L’arthrite rhumatoïde est une maladie auto-immune, caractérisée par la destruction progressive du cartilage et de l’os des articulations. Selon une étude publiée dans la prestigieuse revue British Médical Journal, les femmes qui boivent modérément de l’alcool ont un risque plus faible d’être touchées par cette maladie douloureuse. L’incidence de l’arthrite rhumatoïde est trois fois plus élevée chez les femmes que chez les hommes.

Contrairement à l’arthrose qui est une maladie «d’usure», l’arthrite rhumatoïde se développe souvent de façon précoce, vers l’âge de 40 ou 50 ans (et parfois même beaucoup plus tôt) et est causée par un dérèglement du système immunitaire: au lieu de se limiter à défendre l’organisme des corps étrangers qui pénètrent dans l’organisme, les cellules inflammatoires s’attaquent également aux composantes des articulations, ce qui provoque d’intenses douleurs et mène avec le temps à une déformation et même parfois à une destruction des articulations touchées.

Les causes responsables du développe- ment de l’arthrite rhumatoïde demeurent mal comprises. Des facteurs génétiques, transmis par l’hérédité, comptent pour environ la moitié des cas observés, alors que l’autre moitié serait plutôt une conséquence de certains facteurs du mode de vie.

Compte tenu du lourd fardeau imposé par cette maladie, l’identification des habitudes de vie qui pourraient réduire le développement de l’arthrite revêt une grande importance.

Une protection contre l’arthrite rhumatoïde

Puisque l’alcool est connu pour diminuer la réponse immunitaire de l’organisme, une équipe de chercheurs suédois s’est demandé si cet effet immunosuppresseur pourrait contribuer à restreindre le risque d’arthrite rhumatoïde. Cela est effectivement le cas: en analysant les dossiers médicaux de près de 35 000 femmes nées entre 1914 et 1948, ils ont observé que celles qui avaient consommé au fil des années de faibles quantités d’alcool avaient moins de risque de développer cette forme d’arthrite que celles qui ne buvaient jamais. Les résultats indiquent que les femmes qui buvaient trois verres de boissons alcoolisées par semaine voyaient leur risque d’arthrite diminuer d’un spectaculaire 52%, quel que soit le type d’alcool consommé (bière, vin, spiritueux).

Attention; au delà de la limite c’est catastrophique

Bien qu’intéressants, ces résultats ne doivent pas faire oublier que l’alcool est une substance qui provoque de multiples effets sur la santé, autant positifs que négatifs. D’un côté, de fortes doses d’alcool sont depuis longtemps reconnues pour augmenter considérablement, surtout combiné au tabagisme, le risque de plusieurs types de cancers, en particulier ceux de la bouche, de l’œsophage, du foie ainsi que plus faiblement du sein.

De plus, il a été clairement démontré que la consommation modérée d’alcool peut au contraire, être bénéfique pour la santé. Par exemple, de nombreuses études indiquent que les personnes qui boivent modérément (1-2 verres par jour pour les hommes et 1 verre pour les femmes) ont environ 30 % moins de risque de développer des maladies cardiovasculaires, une des principales causes de mortalité en Occident.

Du vin rouge et en quantité modérée

L’effet positif de l’alcool est particulièrement prononcé pour les personnes qui boivent principalement du vin rouge, car ce breuvage contient plusieurs composés phytochimiques dotés d’activités antioxydante, anti-inflammatoire et anticancéreuse bénéfiques pour la santé. Le vin rouge est vraiment dans une classe à part, pour ses propriétés.  En cette période de fêtes de Pâques, il est utile de se rappeler que l’alcool est une arme à double tranchant qu’il faut savoir utiliser intelligemment. À la lumière des résultats accumulés au cours des dernières années pour l’ensemble des maladies chroniques, la consommation modérée de vin rouge représente le meilleur moyen de festoyer tout en prenant soin de sa santé.

Source

Di Giuseppe et coll. Long term alcohol intake and risk of rheumatoid arthritis in women : a population based cohort study. BMJ 345 : e4230.