Boire de l’eau pour la tension artérielle : un moyen de la faire baisser ?

Auteur: Aline Legrand

Publié le:

Boire 6 à 8 verres d’eau par jour peut aider à maintenir l’équilibre hydrique et soutenir une pression artérielle normale.

L’eau seule ne résout pas les problèmes d’hypertension artérielle mais boire de l’eau pour la tension artérielle favorise un taux de sodium équilibré. Car même de légers changements dans le taux de sodium peuvent avoir des effets perceptibles sur la pression sanguine.

Pourquoi boire de l’eau pour la tension artérielle ?

La déshydratation survient lorsque le corps perd plus d’eau qu’il n’en absorbe. Elle réduit le volume sanguin et rétrécit les vaisseaux, provoquant une baisse de tension.

Boire insuffisamment ou perdre trop d’eau (transpiration, vomissements, diarrhées ou mictions fréquentes) peuvent être la cause. L’équilibre des minéraux importants, appelés électrolytes, est perturbé. Les électrolytes comme le sodium aident les muscles à se contracter et régulent le déplacement des fluides vers l’intérieur et l’extérieur des cellules.

Le sodium (un minéral présent dans le sel) est un électrolyte particulièrement important pour la tension artérielle :

  • aide le corps à maintenir l’équilibre hydrique (homéostasie),
  • soutient la contraction et le relâchement des muscles, y compris ceux des vaisseaux sanguins.
  • des niveaux de sodium trop élevés (hypernatrémie) ou trop bas (hyponatrémie), peuvent faire dysfonctionner les systèmes nerveux et cardiovasculaires,
  • en présence de déshydratation, le sodium est plus concentré, ce qui déclenche la libération de vasopressine, une hormone qui permet à l’organisme de retenir l’eau et qui provoque le rétrécissement des vaisseaux sanguins, processus appelé vasoconstriction. Cela peut entraîner une augmentation soudaine ou significative de la pression artérielle.

Une étude de l’Université Monash a révélé que la déshydratation chronique chez les souris aggravait l’hypertension artérielle et augmentait le risque de lésions rénales sérieuses. Davantage de recherches sont nécessaires sur l’homme.

Quels sont les signes et symptômes de la déshydratation ?

Si l’augmentation de la pression artérielle est causée par la déshydratation, ces symptômes peuvent être observés : vertige ou étourdissements, fatigue, soif extrême, bouche sèche, yeux enfoncés, urine foncée et odorante, miction réduite, rythme cardiaque accéléré, respiration rapide et superficielle, désorientation.

Sinon, quand la tension artérielle augmente, aucun symptôme n’est observé pendant une courte période.

Qu’est-ce que l’hypovolémie et quelles sont ses conséquences ?

L’hypotension peut se produire à cause de l’hypovolémie, c’est-à-dire une perte de 15 % ou plus du volume total de liquide dans l’organisme.

Bien que liées, la déshydratation et l’hypovolémie sont deux phénomènes distincts. La déshydratation correspond à une perte d’eau dans les cellules et les tissus de l’organisme. Lorsque cette perte devient importante, elle finit par impacter le sang en réduisant le volume total de liquide circulant dans les vaisseaux : c’est l’hypovolémie.

Avec moins de liquide dans les vaisseaux sanguins, la pression exercée sur leurs parois diminue naturellement, ce qui fait chuter la tension artérielle (hypotension). Si cette perte de volume atteint un seuil critique (souvent estimé à 15 % ou plus), le corps ne parvient plus à compenser. Cela peut être déclenché par des vomissements ou des diarrhées graves et prolongés, ou par des pathologies lourdes comme une insuffisance rénale aiguë. Privés d’un débit sanguin suffisant, les organes ne reçoivent plus assez d’oxygène, ce qui peut conduire à des défaillances vitales.

Quels sont les signes et symptômes de l’hypovolémie ?

Les symptômes de l’hypovolémie sont une grande fatigue, des étourdissements ou l’impression de s’évanouir, des urines plus rares, une peau pâle, fraîche et moite, des battements cardiaques accélérés, une respiration rapide et superficielle, une abondante transpiration, la confusion et perte de connaissance.

Si une personne perd plus de 40 % de liquide corporel, elle peut entrer en état de choc, une urgence vitale. Sans un traitement rapide par intraveineuse et des médicaments vasodilatateurs (pour ouvrir les vaisseaux sanguins), cette situation peut conduire au coma ou même à la mort. Les personnes atteintes d’hypovolémie ont généralement besoin de soins urgents dans une unité de soins intensifs.

L’hydratation peut-elle aider à baisser la pression artérielle ?

Rester bien hydraté(e) peut aider à prévenir les pics temporaires de pression artérielle mais boire de l’eau n’est pas un traitement contre l’hypertension artérielle.

D’autant que boire trop d’eau peut parfois augmenter la tension. Cela peut conduire à l’hypervolémie (le corps retient trop de liquide au lieu de s’en débarrasser). Elle survient généralement chez les personnes souffrant de problèmes cardiaques ou hépatiques, comme l’insuffisance cardiaque congestive ou la cirrhose, mais peut également se produire en cas de consommation excessive de sel.

Une hypervolémie sévère peut provoquer : une pression artérielle élevée, un gonflement des bras et des jambes (œdème périphérique), l’accumulation de liquide dans le ventre (ascite), des difficultés à respirer dues à la présence de liquide dans les poumons (œdème pulmonaire).

Boire beaucoup d’eau ne provoque généralement pas de symptômes aussi extrêmes. Mais des recherches menées en Suède ont révélé que doubler sa consommation d’eau habituelle (environ 2 litres supplémentaires par jour) peut augmenter la pression artérielle pendant la journée.

Pour la plupart des gens, cet effet est à court terme et non dangereux. Mais en cas d’insuffisance cardiaque congestive, de cirrhose, ou d’excès de sodium, boire trop d’eau pourrait faire plus de mal que de bien.

Quelle quantité d’eau boire ?

La plupart des spécialistes suggèrent six à huit verres d’eau de 240 ml par jour, en plus de l’eau provenant des aliments.

Mais les besoins pourraient supérieurs pour les personnes âgées ou très actives ou en cas de prise de médicaments diurétiques (qui augmentent la miction). À titre de recommandation, le National Institute of Sciences conseille :

  • aux femmes adultes : 2,7 litres toutes sources confondues,
  • aux hommes adultes : 3,7 litres toutes sources confondues.

Les besoins de chacun sont différents. En présence d’hypertension ou de risque d’hypertension, demander un avis médical.

Quelles autres boissons peuvent-elles aider à gérer la pression artérielle ?

Les jus de betterave, de tomates, de grenade, de canneberge, le lait demi-écrémé ou écrémé, le thé peuvent être bénéfiques :

  • jus de betterave : une étude de 2016 a révélé que 250 ml de jus de betterave par jour abaissait les chiffres supérieur et inférieur de la pression artérielle (systolique et diastolique) après deux semaines,
  •  jus de tomate : dans une étude de 2019, les personnes qui buvaient 200 ml de jus de tomate non salé chaque jour avaient une pression artérielle plus basse après un an,
  • jus de grenade : une analyse de 2017 de huit études a montré que boire 240 ml de jus de grenade non sucré par jour aidait à baisser la pression artérielle après 12 semaines,
  • jus de canneberge : selon une étude de 2021, boire deux portions de 240 ml chacune de jus de canneberge non sucré par jour abaissait la pression artérielle après huit semaines mais l’effet n’a pas duré après l’arrêt, 
  • lait demi-écrémé ou écrémé : une étude de 2018 portant sur plus de 2 600 personnes a révélé que le lait aidait à baisser la pression artérielle, en particulier s’il est pauvre en graisses. Cependant, les personnes atteintes de diabète ou de prédiabète n’ont pas constaté un grand bénéfice,
  • thé : une analyse de 2020 a révélé que le thé noir et le thé vert aideraient à réduire la pression artérielle (le thé vert fonctionnait légèrement mieux).

Ces boissons, qui ne sont pas un remède, peuvent soutenir une meilleure pression artérielle lorsqu’elles sont combinées à d’autres habitudes saines.

Quelles habitudes adopter pour baisser la pression artérielle ?

Plusieurs changements sont recommandés pour aider à baisser la pression artérielle : alimentation, gestion du poids, activité physique, sommeil de qualité, limitation de l’alcool, de la caféine et des boissons énergisantes, arrêt du tabac.

  • alimentation saine pour le cœur : privilégier les aliments riches en potassium, en fibres et en protéines. Réduire le sel et les graisses saturées,
  • gestion du poids : atteindre et maintenir un poids santé (durcissement et épaississement des vaisseaux par les graisses, pression sur le cœur),
  • activité physique hebdomadaire : au moins deux heures trente d’exercice modéré chaque semaine (marche rapide, vélo ou natation) soit environ 30 minutes par jour, cinq jours par semaine,
  • dormir suffisamment : un mauvais sommeil affecte les hormones qui aident à contrôler la pression artérielle. La plupart des adultes ont besoin d’au moins sept heures de sommeil de qualité par nuit. L’adoption de meilleures habitudes de sommeil peut aider,
  • limiter l’alcool : boire trop augmente la pression artérielle. Les hommes ne devraient pas consommer plus de deux verres par jour et les femmes, pas plus d’un. Si s’arrêter est difficile, demander un appui médical,
  • arrêter de fumer : fumer rétrécit les vaisseaux sanguins et augmente la pression artérielle. S’arrêter même après des années peut protéger le cœur et améliorer la santé,
  • surveiller la caféine : elle peut augmenter la fréquence cardiaque et la pression artérielle. Elle fait également uriner davantage, ce qui peut provoquer une perte de liquide,
  • éviter les boissons énergisantes et de sport : elles contiennent souvent beaucoup de sucre et de caféine, peuvent provoquer une prise de poids et augmenter la pression artérielle.

Vous avez aimé cet article ?


Cet article a été élaboré avec le soutien d'un outil d'intelligence artificielle. Il a ensuite fait l'objet d'une révision approfondie par un journaliste professionnel et un rédacteur en chef, assurant ainsi son exactitude, sa pertinence et sa conformité aux standards éditoriaux. PRESSE SANTÉ s'efforce de transmettre la connaissance santé dans un langage accessible à tous. En AUCUN CAS, les informations données ne peuvent remplacer l'avis d'un professionnel de santé.