La périménopause (ou préménopause) est la transition menant à la ménopause (soit 12 mois sans règles). Reconnaître la préménopause (à quel stade reproductif une femme se trouve) peut l’aider à comprendre et traiter les symptômes plus rapidement.
La préménopause, d’une durée de quatre à huit ans avant la ménopause, fait partie du processus naturel de vieillissement. Pourtant, beaucoup de femmes ignorent si elles ont atteint ce stade, selon une étude récente publiée dans la revue Menopause.
Environ un tiers des 35 ans et plus, interrogées par le biais d’une l’application de suivi des règles et de la fertilité, ont déclaré ne pas être sûres de leur stade reproductif. Cette incertitude pourrait conduire un grand nombre d’entre elles à ne pas recevoir des traitements nécessaires, soulignent des spécialistes.
Que révèle cette étude sur la difficulté des femmes à reconnaître la préménopause ?
L’étude ne se contente pas de quantifier le problème : elle explique pourquoi les femmes sont dans le flou, explique Mindy Goldman, obstétricienne-gynécologue et professeure clinique à l’École de médecine de l’Université de Californie à San Francisco.
Comprendre cette méconnaissance des signes de la préménopause est la première étape pour améliorer l’éducation, la sensibilisation et le soutien des femmes pendant leur transition, déclare Yihan Xu, autrice principale de l’étude, économiste de la santé et chercheuse en chef chez Flo Health.
Des chercheurs du Royaume-Uni, d’Irlande et des États-Unis ont donc cherché à évaluer combien de femmes savent réellement si elles sont entrées en préménopause et les raisons de cette incertitude. Ils en ont interrogé 7 640 via l’application Flo.
34 % des participantes ont déclaré ne pas être sûres de leur stade reproductif : l’incertitude variait selon l’âge et la gravité des symptômes, atteignant un pic de 42 % chez les 40 à 44 ans et 37 % chez les femmes avec des symptômes graves.
La Dre Goldman a prévenu que ces résultats pourraient ne pas représenter l’ensemble de la population car les participantes ont été recrutées via une application de santé féminine et sont peut-être plus impliquées dans leur santé que la moyenne.
Qu’est ce qui explique ce flou ?
La raison la plus fréquente, invoquée par 56 % des participantes, est qu’il est trop difficile de savoir quels symptômes indiquent réellement la préménopause, car beaucoup se recoupent avec ceux d’autres affections.
Contrairement à la ménopause, qui possède un jalon clair facilement identifiable (12 mois consécutifs sans règles), la périménopause (terme médical de préménopause) se caractérise par des fluctuations des taux d’œstrogène et de progestérone qui peuvent provoquer des dizaines de symptômes. Des règles irrégulières et des bouffées de chaleur comptent parmi les signes les plus évidents, mais d’autres, comme les douleurs articulaires et les maux de tête, sont moins spécifiques.
En plus, certaines femmes n’ont presque aucun symptôme alors que d’autres en ont énormément, note Robin Noble, praticienne certifiée de la ménopause, conseillère médicale en chef de Let’s Talk Menopause et directrice médicale d’EncorVita Health. Cela complexifie les choses.
Le manque de connaissances sur la périménopause a été cité par 28 % des participantes, suivi de la difficulté à obtenir une confirmation ou un soutien de la part du corps médical. Certaines participantes ont déclaré s’être senties ignorées ou s’être fait dire qu’elles étaient « trop jeunes » malgré la présence de symptômes, a indiqué la Dre Goldman.
Les femmes plus jeunes étaient plus susceptibles de signaler des lacunes dans leurs connaissances, tandis que celles de 40 à 44 ans signalaient davantage des obstacles dans les soins.
Pourquoi est-il important qu’une femme sache si elle est en préménopause et comment s’en assurer ?
Cela peut mettre un diagnostic sur ce qu’elle observe et ressent et l’aider à obtenir un traitement efficace plus rapidement.
L’hormonothérapie, sous forme de patchs ou de pilules, remplace une partie des œstrogènes et de la progestérone perdus par l’organisme pour aider à soulager des symptômes comme les bouffées de chaleur et la sécheresse vaginale. Elle peut également contribuer à prévenir la perte osseuse, qui peut mener à l’ostéoporose.
Malheureusement, il n’existe pas de test unique permettant de savoir si une femme est en périménopause, selon la Dre Goldman. Les tests hormonaux sanguins et salivaires ne sont pas particulièrement utiles car ils ne mesurent les taux qu’à un moment précis et ces taux fluctuent énormément tout au long de cette étape.
Les médecins posent le diagnostic en examinant l’âge de la femme, ses modifications menstruelles, ses antécédents médicaux et la nature de ses symptômes. Les symptômes de la préménopause sont très variés : les plus courants sont les bouffées de chaleur, les sueurs nocturnes, les maux de tête, la prise de poids (en particulier autour de l’abdomen), la sécheresse et l’irritation vaginales.
Des analyses de sang peuvent être réalisées pour écarter d’autres affections pouvant provoquer des symptômes similaires (problèmes de thyroïde, anémie ou diabète), en particulier s’ils apparaissent de manière inhabituelle, par exemple avant l’âge de 40 ans.
Selon la Dre Goldman, les médecins qui soignent les femmes de cette tranche d’âge ont la responsabilité d’aider leurs patientes à comprendre si leur état reproductif peut contribuer aux symptômes. Ils doivent reconnaître le large spectre des symptômes de la périménopause, écouter attentivement l’expérience des patientes et s’appuyer sur une évaluation clinique réfléchie. La clé est d’examiner la personne dans sa globalité, pas seulement ses résultats de laboratoire.
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