Risque d’hypertension : associé à la somnolence diurne

Auteur: Aline Legrand

Publié le:

Une nouvelle étude lie la somnolence diurne excessive à un risque plus élevé d’hypertension artérielle.

De plus en plus d’études relèvent que les problèmes de sommeil peuvent affecter la pression artérielle et ne doivent pas être ignorés. Se sentir somnolent(e) pendant la journée et avoir du mal à s’endormir la nuit impacte la santé cardiaque. Une nouvelle recherche suggère que souffrir de ces deux problèmes simultanément pourraient augmenter le risque d’hypertension artérielle.

Dans l’étude, les personnes ayant signalé une somnolence diurne excessive présentaient un risque d’hypertension plus élevé que celles qui n’en souffraient pas. L’association était encore plus forte chez les personnes qui mettaient également au moins 30 minutes à s’endormir.

Quelles sont les nouvelles découvertes sur le risque d’hypertension artérielle ?  

Les chercheurs ont observé que mettre plus de temps à s’endormir et souffrir de somnolence diurne excessive accroît le risque l’hypertension.

Pour cette étude, ils ont analysé les données de sommeil d’environ 1 700 adultes participants à une étude du sommeil d’une nuit de huit heures dans le cadre de la cohorte d’adultes de Penn State.

Ils ont examiné à la fois des personnes qui souffraient déjà d’hypertension artérielle (hypertension prévalente) et d’autres qui l’ont développée au cours de l’étude (hypertension incidente).

Sur plus de 7,5 ans de suivi, les personnes ayant signalé une somnolence diurne excessive présentaient un risque d’hypertension prévalente supérieur de 52 % et un risque d’hypertension incidente supérieur de 74 %, par rapport au groupe témoin.

Si ces participants mettaient également plus de 30 minutes à s’endormir le soir, leur risque d’hypertension prévalente faisait plus que doubler et celui d’hypertension incidente plus que tripler, selon le Dr Alexandros Vgontzas, directeur du Centre de recherche et de traitement du sommeil à la faculté de médecine de Penn State, auteur de l’étude.

L’association persistait après ajustement par des facteurs connus pour influencer le sommeil et la pression artérielle : l’âge, la dépression et la consommation d’alcool et de caféine.

La recherche a été présentée à SLEEP 2026, la conférence annuelle des Sociétés professionnelles associées du sommeil mais l’étude complète n’a pas encore été publiée dans une revue évaluée par des pairs.

Il faut noter que l’étude présentait certaines limites. La Dre Sara Benjamin, directrice médicale du Centre des troubles du sommeil de Johns a déclaré que le cadre même du laboratoire du sommeil a pu influencer la façon dont les participants ont dormi, un problème courant dans la recherche sur le sommeil. Même l’horaire à laquelle les participants ont dû de se coucher a pu affecter les résultats et leur heure de coucher habituelle était inconnue, explique la Dre Benjamin.

Pourquoi un mauvais sommeil pourrait-il mener à l’hypertension ?

Les chercheurs ne savent toujours pas exactement pourquoi les problèmes de sommeil et l’hypertension artérielle semblent aller de pair. L’hypothèse principale est l’interférence d’un mauvais sommeil avec la baisse naturelle de la tension artérielle nocturne.

Les mêmes processus qui peuvent perturber le sommeil (un rythme cardiaque plus rapide, des hormones de stress élevées et l’inflammation) ont également été liés à l’hypertension artérielle, indique le Dr Chad Ruoff, spécialiste de la médecine du sommeil à la Mayo Clinic.

Mais l’explication principale est qu’un mauvais sommeil peut interférer avec la baisse naturelle de la pression artérielle qui se produit pendant le repos (connue sous le nom de baisse nocturne), ce qui la maintient élevée plus longtemps. Mais des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer à quel point cela contribue au risque d’hypertension à long terme.

Quelles saines habitudes de sommeil peuvent-elles soutenir une bonne tension artérielle ?

Cette étude ne prouve pas qu’un mauvais sommeil cause l’hypertension, ni qu’améliorer le sommeil peut la faire baisser. Mais de bonnes habitudes de sommeil peuvent soutenir la santé cardiovasculaire globale.

  • dormir de sept à neuf heures par nuit,
  • éviter de « rattraper » le sommeil perdu le week-end,
  • s’exposer à la lumière naturelle le matin,
  • faire de l’exercice pendant au moins 150 minutes par semaine,
  •  limiter l’alcool et la caféine.

Parler à son médecin de somnolence pendant la journée ou de difficultés à s’endormir la nuit malgré de bonnes habitudes de sommeil car les problèmes de sommeil méritent d’être traités, quel que soit le risque d’hypertension.

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