Le saviez vous ?Santé

Température de la chambre et santé cardiaque : faut-il baisser le thermostat ?

Des températures de chambre plus élevées pourraient être préjudiciables à la santé cardiaque, selon des recherches récentes. En tenir compte au moment réglage.

Du point de vue température de la chambre et santé cardiaque, une pièce plus chaude peut élever la fréquence cardiaque et provoquer une variabilité plus faible, selon les chercheurs.

Les gens ont tendance à avoir des préférences marquées pour la température de leur chambre à coucher. Ceux qui ont souvent chaud apprécient une pièce fraîche pour éviter de transpirer sous les couvertures, alors que d’autres préfèrent monter le chauffage pour ne pas avoir trop froid.

Une chambre fraîche est généralement associée au confort mais la température semble être plus essentielle à la santé cardiaque qu’on ne le pensait auparavant, a déclaré le Dr Alex Dimitriu, psychiatre et médecin spécialiste du sommeil.

Une étude récente, parue dans la revue BMC Medicine, a lié la chaleur durant le sommeil à une série de problèmes de santé, comme des réactions au stress altérées et des modifications du rythme cardiaque.

Pourquoi et comment ces résultats de température de la chambre et santé cardiaque ont-ils été obtenus ?

Comme le changement climatique augmente la fréquence de nuits plus chaudes, les chercheurs ont voulu comprendre leur impact sur la santé cardiaque durant le sommeil.

L’équipe a recruté 47 personnes séniors vivant dans le Queensland, en Australie, pour une étude allant de décembre 2024 à mars 2025.

Pendant leur sommeil, les participants portaient des appareils relevant leur fréquence cardiaque et la variabilité de celle-ci, c’est-à-dire le temps entre deux battements de cœur consécutifs, qui peut indiquer la récupération ou la fatigue. Des capteurs installés dans les chambres surveillaient en continu la température au long de la nuit.

Certains participants maintenaient leur chambre à moins de 24°C, d’autres laissaient la température atteindre jusqu’à 32°C.

Quel est le résultat obtenu à l’issue de cette étude ?

Des températures de chambre plus élevées ont été liées à des fréquences cardiaques plus hautes.

Après avoir collecté 14 179 heures de données, les chercheurs ont découvert que les participants qui dormaient dans des pièces plus chaudes (au-dessus de 24°C) présentaient des fréquences cardiaques plus élevées durant leur sommeil et une variabilité de celles-ci plus basse : cela suggère que le système nerveux autonome pourrait être sous tension plutôt qu’en mode de réparation nocturne et qu’il peine à s’adapter à son environnement.

Le risque d’avoir une variabilité de fréquence cardiaque plus faible augmentait de 40% lorsque les températures de la chambre oscillaient entre 24 et 26°C. Les effets étaient encore plus prononcés à des températures plus élevées : pour les personnes dormant dans des pièces au-dessus de 28°C, la probabilité d’une variabilité de fréquence cardiaque plus faible était près de trois fois supérieure.

Des températures plus fraîches la nuit pourraient aider à réduire le stress sur le cœur pendant le sommeil, explique la Dre Joyce M. Oen-Hsiao, cardiologue et professeure associée de cardiologie à Yale Medicine.

L’étude présente toutefois quelques limites. Elle était de petite taille et les chercheurs ne savaient pas si les participants utilisaient des ventilateurs ou la climatisation, ce qui a pu influencer les résultats. Comme il s’agissait d’une étude observationnelle, elle a pu identifier des associations entre les marqueurs de santé cardiaque et la température de la chambre, mais n’a pas pu prouver de relation de cause à effet.

Pourquoi la température de la chambre impacterait-elle la santé cardiaque ?

Des températures nocturnes plus chaudes peuvent imposer un stress supplémentaire au corps pendant le sommeil.

Normalement, la température du corps baisse pendant la nuit pour aider à entrer dans des phases de sommeil profondes. Mais dans une pièce plus chaude, ce processus se complique. Le cerveau signale au cœur de pomper plus le sang vers la peau pour libérer de la chaleur, ce qui peut augmenter la fréquence cardiaque.

La transpiration nocturne peut également entraîner une déshydratation, ce qui peut affecter davantage la fréquence cardiaque alors que l’organisme régule sa température, explique le Dr Robert L. Gottlieb, professeur au département de médecine interne de la Burnett School of Medicine de l’Université chrétienne du Texas.

Tout cela finit par nuire à la qualité du sommeil, ajoute le Dr Alex Dimitriu. Selon la Dre Oen-Hsiao, le temps passé en sommeil paradoxal, la phase liée à la consolidation de la mémoire, à la régulation de l’humeur et à la concentration mentale, peut diminuer, et laisser fatigué(e) le lendemain.

Au bout d’un moment, une exposition répétée à la chaleur pendant le sommeil peut provoquer une accumulation de stress chronique dans le corps et rendre potentiellement plus difficile la récupération physiologique face aux températures élevées à l’avenir.

Quelle est la température conseillée pour la chambre à coucher ?

Les directives de l’Organisation mondiale de la santé privilégient une température intérieure maximale de 26°C mais elles n’incluent pas de recommandations spécifiques pour la nuit.

Selon le Dr Dimitriu, ces conclusions pourraient aider à formuler de futures recommandations sur les températures intérieures la nuit, compte tenu du réchauffement climatique.

Actuellement, des études passées suggèrent une fourchette de réglage du thermostat comprise entre 20 et 25°C. Mais il faut aussi tenir compte également des préférences personnelles. Les gens devraient dormir dans un environnement confortable, à une température agréable, explique le Dr Gottlieb. Se réveiller fréquemment en sueur la nuit peut impliquer devoir baisser la température, précise la Dre Oen-Hsiao.

Pendant les vagues de chaleur, garder sa chambre fraîche et confortable peut aider à protéger la santé cardiaque et mieux convenir aux personnes fragiles du cœur. Utiliser la climatisation si possible, ouvrir une fenêtre, brancher un ventilateur ou séjourner chez un proche jusqu’à ce que la fin de la vague de chaleur, recommande le Dr Gottieb.

 

Avez-vous trouvé cet article utile?
Suivre Presse Santé sur Google News G
Suivre Presse Santé sur Google News

Cet article a été élaboré avec le soutien d'un outil d'intelligence artificielle. Il a ensuite fait l'objet d'une révision approfondie par un journaliste professionnel et un rédacteur en chef, assurant ainsi son exactitude, sa pertinence et sa conformité aux standards éditoriaux. PRESSE SANTÉ s'efforce de transmettre la connaissance santé dans un langage accessible à tous. En AUCUN CAS, les informations données ne peuvent remplacer l'avis d'un professionnel de santé.