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Aliments ultratransformés et maladie cardiaque: le lien se confirme

es chercheurs ont observé une relation claire entre consommation d'aliments ultratransformés et risque d'atteinte des artères.

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Ce que l’on met dans son assiette chaque jour pèse, à bas bruit, sur la santé du cœur. Selon une étude publiée dans JACC Advances, plus la part d’aliments ultratransformés est élevée, plus le risque de maladie cardiovasculaire augmente avec le temps.

Le message n’a rien de spectaculaire, mais il est utile. Chez plus de 6 500 adultes américains sans antécédent cardiovasculaire au départ, les chercheurs ont observé une relation claire entre consommation d’aliments ultratransformés et risque d’atteinte des artères.

Une étude de grande ampleur relie clairement les aliments ultratransformés au risque cardiovasculaire

L’étude s’appuie sur la cohorte MESA, un suivi de longue durée mené aux États-Unis. Les participants avaient entre 45 et 84 ans au départ, et aucun n’avait de maladie cardiovasculaire connue au début de l’observation. Ce point compte, car il permet de suivre l’apparition de nouveaux événements au fil des années, sans brouiller le signal dès le départ.

Les chercheurs ont recueilli l’alimentation par questionnaire, puis classé les produits selon le système NOVA, qui distingue les aliments peu transformés des produits très formulés par l’industrie. Ensuite, ils ont suivi les infarctus, les AVC, les arrêts cardiaques et les décès cardiovasculaires. Autrement dit, ils n’ont pas regardé une simple tension un jour donné, mais des événements cliniques concrets

Ce que les chercheurs ont observé au fil des années

Les chiffres donnent du poids au constat. En moyenne, les participants consommaient un peu plus de 4 portions d’aliments ultratransformés par jour. Sur plus de 83 000 années-personnes de suivi, 710 événements cardiovasculaires sont survenus.

Le résultat principal est simple à comprendre. Chaque portion quotidienne supplémentaire était liée à une hausse d’environ 5 % du risque d’ASCVD, c’est-à-dire de maladie des artères pouvant mener à l’infarctus ou à l’AVC. Et l’écart entre les extrêmes était marqué : les personnes qui en mangeaient le plus présentaient un risque environ 67 % plus élevé que celles qui en mangeaient le moins.

Pourquoi ce résultat attire l’attention des médecins

Ce qui frappe, c’est la forme du signal. Plus la consommation montait, plus le risque suivait la même pente. Cette logique de dose renforce l’intérêt médical du résultat, car elle ressemble moins à un hasard qu’à une tendance régulière.

Un autre point ressort de l’analyse. Parmi les différentes catégories d’aliments ultratransformés, les produits sucrés sont ceux qui montrent l’association la plus nette avec le risque cardiovasculaire. Les viandes transformées apparaissent plus discrètement, tandis que d’autres catégories se démarquent moins clairement.

Quels aliments ultratransformés posent le plus problème pour le cœur

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Un aliment ultratransformé n’est pas seulement un aliment pratique. C’est souvent un produit fabriqué à partir d’ingrédients raffinés, enrichi en sucres, graisses, sel, arômes, colorants ou additifs, avec peu d’aliments bruts dans sa composition. En clair, plus le produit ressemble à une formule industrielle qu’à une matière première, plus il entre dans cette catégorie.

Dans la vie courante, on les reconnaît assez bien. Ce sont les snacks très transformés, les desserts industriels, certaines céréales très sucrées, les boissons sucrées et beaucoup de produits prêts à manger. Ils sont faciles à consommer, souvent très appétissants, mais leur place répétée dans l’alimentation peut agir comme un goutte-à-goutte sur la santé du cœur.

Les produits sucrés ressortent comme le signal le plus fort

Dans cette étude, ce sont les aliments ultratransformés sucrés qui se lient le plus régulièrement au risque cardiovasculaire. Pourquoi eux ? Les chercheurs n’ont pas testé directement les mécanismes, mais plusieurs pistes sont cohérentes avec ce que l’on sait déjà.

Un excès de sucre favorise un apport calorique élevé, la prise de poids, des troubles du métabolisme, une hausse de la tension artérielle et un état inflammatoire plus marqué. Le cœur n’aime pas ce terrain. Comme un moteur nourri avec un carburant de mauvaise qualité, il finit par payer le prix de petites agressions répétées.

Comment les reconnaître dans la vie de tous les jours

Le repère le plus simple n’est pas la morale, mais la composition. Quand un produit cumule ingrédients raffinés, additifs et très faible part d’aliments entiers, il mérite qu’on s’arrête un instant. Cela ne veut pas dire qu’il faut tout bannir. Cela veut dire qu’il vaut mieux voir ces produits pour ce qu’ils sont : des exceptions, pas la base du quotidien.

Le risque n’est pas le même pour tout le monde, ce que l’étude montre sur les inégalités

L’un des points les plus importants de ce travail concerne les différences entre groupes. L’association entre aliments ultratransformés et maladie cardiovasculaire semble plus forte chez les participants noirs. Ce résultat demande de la prudence. Il ne faut ni le simplifier, ni le réduire à une explication biologique rapide.

Les auteurs avancent aussi des facteurs sociaux et environnementaux. L’accès à des aliments de bonne qualité, le prix, la densité des commerces, le marketing alimentaire et le cadre de vie peuvent peser lourd. En revanche, l’analyse n’a pas montré de différence nette selon le sexe ou le revenu.

Pourquoi les facteurs sociaux comptent aussi dans la santé du cœur

Manger n’est jamais un geste isolé. On choisit avec son budget, son quartier, son temps, ses habitudes, parfois sa fatigue. Quand l’offre la plus proche est la plus sucrée, la plus salée et la moins chère, le conseil de “mieux manger” reste trop court.

La prévention doit donc aller plus loin que la responsabilité individuelle. Elle passe aussi par l’environnement alimentaire, l’information du public et des politiques de santé plus cohérentes.

Que faire concrètement pour réduire sa part d’aliments ultratransformés

La bonne nouvelle, c’est que ce risque est modifiable. Il ne s’agit pas de tout changer en une semaine. Il s’agit plutôt de déplacer peu à peu le centre de gravité de l’assiette vers des aliments simples, peu transformés, proches de leur forme d’origine.

Les modèles alimentaires déjà bien étudiés, comme le régime méditerranéen ou l’approche DASH, vont dans ce sens. Ils laissent plus de place aux légumes, fruits, légumineuses, grains entiers, noix et produits laitiers peu transformés. Et ils réduisent la place des produits très sucrés ou très formulés.

Des remplacements simples qui aident sans tout changer d’un coup

Le plus efficace reste souvent le plus concret. Remplacer un petit déjeuner industriel par des flocons d’avoine, un yaourt nature et un fruit peut déjà faire une différence. De même, une collation à base de noix, de pain complet ou de fruit coupe la place aux snacks très transformés.

Au dîner, un plat simple avec légumes, légumineuses et céréales complètes fait mieux qu’un produit prêt à réchauffer très formulé. Ce sont de petits virages, pas des révolutions. Pourtant, répétés chaque semaine, ils modifient la trajectoire.

Ce que cette étude ne dit pas encore

Il faut garder la tête froide. L’alimentation a été déclarée par les participants eux-mêmes, ce qui laisse une marge d’erreur. De plus, elle a surtout été mesurée au départ, même si les analyses suggèrent une certaine stabilité dans le temps. Enfin, classer certains produits reste parfois imparfait.

Malgré ces limites, le message tient. Cette étude s’ajoute à d’autres travaux qui relient les aliments ultratransformés à une moins bonne santé cardiométabolique. Elle ne ferme pas le débat, mais elle le rend plus difficile à ignorer.

En quelques mots

Cette étude confirme un point simple : plus la consommation d’aliments ultratransformés est élevée, plus le risque de maladie cardiovasculaire monte sur le long terme. Le signal est encore plus net pour les produits très sucrés. Pour la prévention, la direction est claire, moins de produits très transformés, plus d’aliments simples. La recherche devra maintenant mieux expliquer les mécanismes et aider les politiques publiques à agir là où le risque se construit, au quotidien.

Source

Haidar A, Rikhi R, Watson K, et al. (2026). Association Between Ultraprocessed Food Consumption and Cardiovascular Disease Risk: MESA (Multiethnic Study of Atherosclerosis). JACC Advances. DOI: 10.1016/j.jacadv.2025.102516,

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