Actualité

Réchauffement climatique : la chaleur pourrait faire grimper l’inactivité physique d’ici 2050

Une étude publiée dans The Lancet Global Health projette que la hausse des températures pourrait accentuer l'inactivité physique mondiale d'ici 2050.

WhatsApp Abonnez-vous à notre canal WhatsApp

Quand il fait trop chaud, on bouge moins, même sans s’en rendre compte. À force, cette baisse d’activité physique peut peser sur la santé, et sur le travail. Une étude de modélisation publiée dans The Lancet Global Health, basée sur des données de 156 pays (2000 à 2022), projette que la hausse des températures pourrait accentuer l’inactivité mondiale d’ici 2050.

Ce que dit l’étude, et ce qu’elle ne dit pas

L’étude s’appuie sur un « modèle », c’est-à-dire un outil statistique qui relie des tendances passées à des scénarios futurs. Ici, les chercheurs ont croisé des enquêtes d’activité physique déclarée par les adultes avec l’évolution des températures, puis ont extrapolé jusqu’en 2050. L’idée n’est pas de prédire au jour près. Il s’agit plutôt d’estimer un ordre de grandeur, si la planète continue de se réchauffer.

Le signal mis en avant est simple. Quand un mois entier dépasse une température moyenne d’environ 27,8 °C, la part d’adultes physiquement inactifs augmenterait, en moyenne, d’environ 1,5 point de pourcentage à l’échelle mondiale. Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, la hausse projetée serait encore plus marquée, autour de 1,85 point par mois très chaud. Dans les pays à revenu élevé, le modèle ne retrouve pas d’effet net. Cela peut refléter des protections (infrastructures, lieux climatisés, organisation du travail), mais ce n’est pas une garantie.

Les auteurs traduisent aussi cette baisse d’activité en impacts possibles sur la société. Ils estiment, avec prudence, que cela pourrait correspondre à plusieurs centaines de milliers de décès prématurés supplémentaires par an, autour de 0,47 à 0,70 million, et à des pertes de productivité mondiales de quelques milliards de dollars (environ 2,40 à 3,68 milliards). Ces chiffres restent des projections, pas un comptage réel.

Une projection n’est pas une certitude, mais elle sert d’alarme utile quand la tendance est cohérente.

Enfin, l’étude a des limites claires. L’activité est souvent déclarée par les personnes elles-mêmes, donc imparfaite. Le modèle se concentre sur la température, alors que l’humidité, la qualité de l’air, la sécurité des trajets, ou l’accès aux équipements changent aussi la donne. Résultat, l’incertitude reste élevée sur l’ampleur exacte, même si la direction du risque paraît plausible.

Un seuil de chaleur qui change la donne : autour de 27,8 °C

Un mois « au-dessus de 27,8 °C de moyenne », c’est plus qu’un pic de canicule. C’est une chaleur qui s’installe, jour après jour, et qui finit par rogner les habitudes. Beaucoup réduisent la marche, reportent le sport, ou évitent le vélo. Non par manque de volonté, mais parce que le corps freine.

La chaleur augmente l’effort perçu, même à allure douce. Le cœur travaille plus, la déshydratation arrive plus vite, et le risque de malaise grimpe. À cela s’ajoutent des nuits souvent moins réparatrices, ce qui réduit l’envie de bouger le lendemain. Certains jours, l’air peut aussi être plus irritant en ville, ce qui n’aide pas. Au fond, la chaleur agit comme un plafond bas, on se cogne dessus plus vite, et on raccourcit l’activité.

Pourquoi l’impact serait plus fort dans les pays à revenu faible ou intermédiaire

Dans de nombreux pays, l’activité physique ne se résume pas à une séance de sport. Elle vient aussi des trajets à pied, du vélo utilitaire, ou d’un travail plus physique. Quand la température grimpe, ces mouvements « obligés » deviennent plus difficiles, et parfois dangereux.

Ces sujets peuvent également vous intéresser:

Les protections contre la chaleur ne sont pas réparties de façon égale. L’accès à des lieux frais (gymnases, centres communautaires, salles ventilées), l’ombre dans l’espace public, ou la climatisation à domicile restent limités dans certains territoires. Les logements sont parfois moins isolés, ce qui laisse la chaleur s’accumuler. En parallèle, les emplois en extérieur exposent plus souvent les travailleurs, avec moins de marge pour adapter les horaires.

Le modèle ne voit pas d’effet clair dans les pays riches. Pourtant, cela ne signifie pas « aucun risque ». Une canicule peut encore décourager la marche et augmenter les problèmes liés à la chaleur, surtout chez les personnes âgées ou précaires, même dans des villes bien équipées.

Les régions les plus exposées, et les raisons derrière la baisse d’activité

Les projections pointent des zones déjà chaudes, où un mois supplémentaire au-dessus du seuil pourrait peser davantage sur les comportements. L’étude cite, entre autres, l’Amérique centrale, les Caraïbes, l’Afrique subsaharienne de l’Est et l’Asie du Sud-Est équatoriale. Dans certains de ces ensembles régionaux, l’augmentation de l’inactivité pourrait dépasser 4 points de pourcentage par mois très chaud, selon le modèle.

Pourquoi ces régions ressortent-elles ? D’abord parce que la chaleur s’y combine souvent avec une humidité élevée, ce qui rend le refroidissement du corps moins efficace. Ensuite parce que l’aménagement urbain ou rural offre parfois moins d’ombre, moins d’espaces frais, et des transports publics moins protecteurs. À la fin, la chaleur ne retire pas seulement des séances de sport, elle grignote aussi les gestes simples de la journée.

Le sujet devient encore plus sensible car l’inactivité est déjà très répandue. À l’échelle mondiale, environ un adulte sur trois ne respecte pas les recommandations d’activité hebdomadaire de l’Organisation mondiale de la santé. Dans ce contexte, ajouter des mois très chauds revient à appuyer sur une faiblesse déjà installée.

Quand la chaleur touche la marche, le vélo, le sport, mais aussi les trajets du quotidien

On pense vite au footing annulé. Pourtant, la baisse commence souvent plus tôt, au niveau des déplacements courts. Aller au travail à pied devient pénible. Accompagner un enfant à l’école se transforme en parcours au soleil. Même une visite au marché peut être repoussée, puis remplacée par moins de sorties.

Face à ce risque, la sécurité doit passer avant l’objectif sportif. Beaucoup de personnes adaptent déjà leurs horaires, en privilégiant tôt le matin ou en fin de journée. L’hydratation régulière aide, tout comme des pauses à l’ombre. Et il faut rester attentif aux signaux d’alerte, comme des vertiges ou des maux de tête. Ce sont des réflexes simples, sans entrer dans des conseils médicaux personnalisés.

Un enjeu de santé, mais aussi d’économie

Bouger moins, sur la durée, augmente le risque de maladies chroniques. Le lien avec le diabète de type 2, certaines maladies cardiovasculaires, ou la prise de poids est bien connu. La chaleur n’est donc pas seulement un inconfort. Elle peut, indirectement, déplacer l’équilibre de santé d’une population entière.

L’impact touche aussi le monde du travail. Une population moins active peut connaître plus d’arrêts, plus de fatigue, et parfois plus de difficultés à tenir des emplois physiques. L’étude évoque des pertes de productivité mondiales de plusieurs milliards de dollars, tout en rappelant que l’incertitude reste forte. Même si le chiffre exact varie, l’idée centrale reste robuste : l’inactivité a un coût collectif, et la chaleur peut l’amplifier.

La chaleur ne supprime pas l’envie de bouger, elle rend le mouvement plus cher en effort.

Comment éviter que le réchauffement fasse reculer l’activité physique

La bonne nouvelle, c’est qu’une partie du problème se traite par l’organisation, et par l’espace public. On peut adapter les villes et les services pour que bouger reste possible quand la température grimpe. Cela demande une politique d’adaptation à court terme, et une stratégie de réduction des émissions sur le long terme, sinon la marche arrière devient difficile.

L’adaptation n’est pas un luxe. Elle protège la santé, mais elle réduit aussi les inégalités, car les plus exposés sont souvent ceux qui ont le moins de solutions. Les auteurs de l’étude évoquent des pistes concrètes : des villes plus fraîches, des lieux climatisés abordables pour faire de l’exercice, et une information claire en période de chaleur extrême.

Des villes plus fraîches pour rendre la marche et le vélo possibles même l’été

L’ombre est un équipement de santé publique. Des arbres alignés, des parcs accessibles, des matériaux plus clairs au sol, et des « îlots de fraîcheur » réduisent la température ressentie. À l’échelle d’un quartier, cela peut décider si la marche reste agréable, ou devient un effort.

Le vélo profite aussi de ces choix. Une piste cyclable ombragée encourage un trajet régulier, même en été. Les fontaines et points d’eau jouent un rôle discret, mais réel. Et quand les transports publics limitent les longues marches en plein soleil, ils peuvent soutenir l’activité globale, en combinant trajets et marche courte, plutôt qu’un déplacement totalement évité.

Des lieux sûrs et accessibles pour bouger quand il fait trop chaud dehors

Quand dehors devient trop chaud, l’activité peut se déplacer à l’intérieur, à condition que ce soit possible. Des gymnases municipaux, des salles polyvalentes, ou des centres climatisés à coût modéré peuvent offrir une solution simple. En période de canicule, des horaires élargis rendent ces lieux plus utiles.

L’accès doit rester équitable. Les personnes âgées, les travailleurs en extérieur, ou les habitants de quartiers peu végétalisés ont souvent moins d’options. Si l’offre se limite aux abonnements chers, on rate la cible. À l’inverse, des espaces publics frais, bien situés et faciles d’accès, peuvent maintenir un niveau d’activité minimal, même quand la météo décourage.

À retenir

La hausse des températures pourrait ajouter des mois très chauds, et donc pousser l’inactivité physique vers le haut d’ici 2050, surtout dans certaines régions déjà exposées. Selon une étude publiée dans The Lancet Global Health, un mois au-dessus d’environ 27,8 °C de moyenne s’associe à une hausse mesurée de l’inactivité, avec des impacts possibles sur la santé et l’économie.

Pour limiter ce recul, il faut agir sur deux plans : protéger les populations face à la chaleur (villes plus fraîches, lieux intérieurs accessibles), et freiner le réchauffement en réduisant les émissions. La question n’est pas de courir plus, mais de garder le mouvement à portée de tous, même quand l’été s’allonge.

 

Avez-vous trouvé cet article utile?

Cet article a été élaboré avec le soutien d’un outil d’intelligence artificielle. Il a ensuite fait l’objet d’une révision approfondie par un journaliste professionnel et un rédacteur en chef, assurant ainsi son exactitude, sa pertinence et sa conformité aux standards éditoriaux.

PRESSE SANTÉ s'efforce de transmettre la connaissance santé dans un langage accessible à tous. En AUCUN CAS, les informations données ne peuvent remplacer l'avis d'un professionnel de santé.