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Achats en ligne et réseaux sociaux, quand ce réflexe augmente le stress

Cette étude relie une hausse des achats en ligne et des réseaux sociaux à plus de stress, sur des données d’usage réelles et suivies longtemps

Vous connaissez cette scène. Il est tard, vous faites défiler des posts, puis vous ouvrez une boutique. Vous vouliez juste souffler, ou gagner du temps.

Et si ce moment “simple” ajoutait de la tension au lieu d’en retirer ? Une étude récente, publiée le 9 janvier 2026 dans le Journal of Medical Internet Research, relie la hausse des achats en ligne et l’usage des réseaux sociaux à plus de stress déclaré.

L’objectif n’est pas de culpabiliser. Il s’agit de comprendre ce qui se passe, puis de reprendre la main avec des gestes réalistes.

Ce que dit l’étude, achats en ligne et réseaux sociaux associés à plus de stress

L’étude vient de l’Université Aalto, en Finlande. Les chercheurs ont suivi près de 1 500 adultes pendant sept mois. Ils n’ont pas seulement demandé “combien de temps” les gens passaient en ligne.

Un outil de suivi a mesuré l’usage réel, sur plusieurs appareils. Au total, les données couvrent environ 47 millions de visites web et 14 millions d’usages d’apps. Les participants ont aussi indiqué leur niveau de stress, au fil de la période.

Le résultat principal est clair. Quand l’usage des réseaux sociaux ou des achats en ligne augmente, le stress déclaré augmente aussi. Le lien apparaît dans plusieurs profils, et sur différents appareils.

D’autres usages ressortent aussi. Les personnes qui passent plus de temps sur YouTube, des services de streaming, ou des jeux en ligne, rapportent aussi plus de stress. Il faut garder une idée en tête, ce type d’étude montre une association, pas une preuve directe de cause.

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Pourquoi cette étude compte, pas seulement du “ressenti”

Beaucoup de travaux reposent sur la mémoire des gens. Or, on se trompe vite sur son temps d’écran. Une session “de cinq minutes” peut durer une demi-heure.

Ici, la mesure est plus solide, car elle repose sur des traces d’usage réelles. La durée compte aussi. Sept mois, c’est assez long pour voir des habitudes, pas juste un week-end stressant.

Le volume de données est rare à ce niveau. Cela ne répond pas à tout, mais ça réduit les angles morts.

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Le cercle stress et scroll, on se connecte pour se calmer, mais on se tend

Pourquoi ce lien existe-t-il ? Une partie de la réponse tient à un problème classique, la poule et l’œuf. Est-ce que le stress pousse à scroller, ou est-ce le scroll qui augmente le stress ?

Les chercheurs soulignent que les deux peuvent être vrais. Selon le moment, la personne, et l’état mental, le web peut apaiser ou agiter. C’est pour ça qu’une interdiction totale, ou une limite rigide, peut rater la cible. Pour certains, ces espaces en ligne servent aussi de soutien quand ça va mal.

Dans la vie courante, plusieurs mécanismes se cumulent. Il y a la surcharge de choix, les alertes qui coupent l’attention, et la fatigue qui réduit le contrôle. Ajoutez le manque de sommeil, et le cerveau devient plus réactif.

Ce qui rend le shopping en ligne stressant (même quand on veut gagner du temps)

Le shopping en ligne ressemble à un supermarché sans sortie. Tout est disponible, tout de suite. Cette abondance peut peser, car chaque clic ouvre une nouvelle option. On veut “le bon choix”, puis on doute.

Les promos ajoutent une pression. La peur de rater une réduction pousse à agir vite. Or, l’achat rapide calme sur le moment, puis laisse parfois un arrière-goût, surtout si le budget est serré.

Il y a aussi la logistique. Livraison, retours, colis en retard, frais qui apparaissent à la fin, avis clients qui se contredisent. Même un panier abandonné peut rester dans un coin de la tête. On y revient “juste pour vérifier”, et la boucle repart.

Enfin, l’argent n’est pas neutre. Une dépense non prévue, ou une dette, donne un stress durable. Le suivi de colis peut aussi devenir un rituel. On rafraîchit la page comme on vérifie une porte fermée.

Ce qui rend les réseaux sociaux stressants

Les réseaux sociaux touchent à l’image de soi. On compare son quotidien à une vitrine. Même en sachant que c’est trié, le corps réagit. Il peut ressentir un manque, une jalousie, ou une pression.

Les conflits jouent aussi. Une phrase sèche, un fil qui s’enflamme, ou une rumeur, suffisent à tendre la journée. Les infos anxiogènes circulent vite, sans pause, et sans contexte.

Les notifications fragmentent l’attention. On passe d’une tâche à une autre, puis on a l’impression de ne rien finir. Cette impression pèse, même si le temps total semble “raisonnable”.

Dans l’étude, un point est parlant. Chez les personnes déjà très stressées, le lien entre réseaux sociaux et stress est plus fort que pour les jeux. Les chercheurs indiquent même que, dans ce groupe, le temps sur les réseaux sociaux est environ deux fois plus souvent lié au stress que le temps passé à jouer.

Ce qui semble moins lié au stress, et ce que ça veut dire (sans idées fausses)

Un résultat surprend souvent les lecteurs. Dans l’ensemble, plus de temps passé sur les e-mails et sur des sites d’actualité est lié à moins de stress déclaré. Ce n’est pas une médaille pour les mails, ni une preuve que “l’info calme”.

Il faut lire ce résultat avec soin. Les chercheurs ont mesuré le temps sur des sites d’info, pas le type de contenu. Or, lire du sport, du divertissement, ou de la politique, n’a pas le même effet.

Un autre détail aide à comprendre. Les personnes très stressées passaient moins de temps sur les sites d’actualité. Cela colle avec d’autres travaux, le stress peut réduire la consommation d’info. On évite ce qui pourrait charger encore plus la tête.

L’étude observe aussi que certains usages courts, comme le contenu adulte, étaient associés à moins de stress. Une explication possible est la dose, souvent brève, qui joue le rôle d’une pause. Il ne faut pas en faire un conseil santé. Le message est plutôt celui-ci, le contexte et la durée comptent.

Qui est le plus touché, profils et facteurs de risque

Les tendances ne sont pas des règles, mais elles éclairent. Les femmes déclaraient plus de stress que les hommes, dans ce suivi. L’âge et le niveau de moyens jouaient aussi, les personnes plus âgées et plus à l’aise déclaraient moins de stress.

Ces écarts peuvent venir de facteurs hors écran. Charge mentale, contraintes de travail, santé, sommeil, soutien social. L’écran s’ajoute à une vie déjà pleine, il ne la remplace pas.

Comment réduire le stress sans quitter Internet, gestes simples et réalistes

Le but n’est pas de “se couper du web”. Le but est de reprendre le contrôle, surtout quand on est fatigué. Un premier pas très efficace est de réduire les sollicitations. Couper les notifications des apps de shopping et des réseaux change le rythme de la journée.

Ensuite, aidez votre cerveau avec des horaires. Fixer des fenêtres courtes, par exemple en fin d’après-midi, évite le grignotage mental. Le soir, le scroll avant le coucher a un coût. Il repousse le sommeil et garde le cerveau en alerte.

Pour le shopping, une règle simple marche bien, une pause avant de payer. Prenez 60 secondes, respirez, puis demandez-vous si c’est un besoin ou une fuite. Si l’achat reste logique après une heure, il sera encore là.

Les promos par e-mail entretiennent l’urgence. Désabonnez-vous des messages “vente flash”, ou mettez-les à part. Sur le téléphone, retirer les cartes enregistrées peut aussi aider, surtout si l’achat impulsif devient fréquent.

Côté réseaux, l’attention se protège par choix. Une seule plateforme à la fois, sur un temps prévu, réduit la sensation de dispersion. Les outils de suivi du temps d’écran peuvent aussi servir de miroir, sans jugement.

Si le stress devient constant, ou si le contrôle devient difficile, parlez-en. Un médecin ou un psy peut aider à trouver la bonne approche.

Un mini test en 3 jours pour voir ce qui vous stresse vraiment

Pendant trois jours, gardez le même temps d’écran, mais changez le cadre. Réservez les réseaux sociaux après une tâche précise, pas au réveil. Réservez le shopping à une heure fixe, pas entre deux messages.

Chaque soir, observez deux signaux simples. Est-ce que vos pensées tournent en boucle ? Avez-vous envie de vérifier “encore une fois” ? Notez aussi le sommeil, même en une phrase.

Souvent, ce n’est pas la durée qui fait mal, c’est le moment, l’état de fatigue, et l’intention.

A retenir

Cette étude relie une hausse des achats en ligne et des réseaux sociaux à plus de stress, sur des données d’usage réelles et suivies longtemps. Le sens exact peut varier selon les personnes, car le stress peut pousser à se connecter, et l’inverse aussi. La bonne nouvelle, c’est qu’on peut agir sans tout arrêter, en réglant les notifications, les horaires, et les achats impulsifs. Commencez par un seul changement aujourd’hui, et visez un usage qui aide, pas un usage qui épuise.

 

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