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Crise cardiaque chez les femmes : des signes à connaître pour réagir sans attendre

Voici en détail 4 symptômes caractéristiques des crises cardiaques chez les femmes, afin de mieux les identifier et d'agir rapidement en cas d'urgence.

Longtemps considérées comme une « maladie d’homme », les crises cardiaques frappent aussi les femmes. Pourtant, leurs manifestations diffèrent souvent, ce qui complique la détection et entraîne des retards de prise en charge. Pour en savoir plus sur le diagnostic maladies cardiaques femmes, il est essentiel d’identifier les signes spécifiques. Repérer ces symptômes atypiques peut sauver des vies. Pourquoi la crise cardiaque reste-t-elle moins bien reconnue chez les femmes ? Quels signaux doivent alerter ? Cet article fait le point sur les manifestations fréquentes, les facteurs de risque propres et les actions à privilégier pour se protéger.

Des symptômes souvent différents de ceux des hommes

Si la crise cardiaque, ou infarctus du myocarde, se manifeste fréquemment par une douleur thoracique chez les hommes, le tableau clinique s’avère moins typique chez les femmes. Selon plusieurs études (INSERM, 2016 ; European Heart Journal, 2019), la moitié d’entre elles ne présenteraient pas la fameuse douleur constrictive au centre de la poitrine. Leur prise en charge s’en trouve compromise, car les signaux les plus fréquents n’évoquent pas toujours une urgence cardiaque.

Douleurs thoraciques atypiques

La gêne ressentie lors d’une crise cardiaque féminine n’a rien du « coup de poignard » décrit chez l’homme. Les femmes signalent un inconfort inattendu, une pression ou un serrement diffus dans la région thoracique. Cette sensation peut s’accompagner de douleurs qui rayonnent vers le dos, le bras gauche, le cou ou la mâchoire. Parfois, la sensation thoracique manque de netteté et peine à être décrite précisément.

  • Pression oppressante plutôt que douleur aiguë
  • Douleur irradiant dans le haut du dos, la nuque ou la mâchoire
  • Manifestations parfois passagères et non continues

Face à ces symptômes discrets, il est capital de rester vigilant. Les professionnels de santé recommandent de consulter en urgence si une gêne inhabituelle apparaît, même sans douleur thoracique intense.

Fatigue inhabituelle et persistante

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Un sentiment de fatigue extrême figure parmi les avertisseurs les plus courants, mais aussi les plus trompeurs. Nombreuses sont les patientes qui évoquent une lassitude intense, persistante, parfois malgré un repos suffisant. Cette faiblesse peut limiter considérablement les activités quotidiennes, forçant à interrompre des tâches ordinaires. Selon la French Cardiology Society (2022), près de 70% des femmes hospitalisées pour un infarctus avaient ressenti cette fatigue plusieurs semaines auparavant.

  • Épuisement durable, non lié à l’effort
  • Impression de « manque d’énergie » inexpliqué
  • Difficulté à reprendre son souffle ou à monter des escaliers

Ce symptôme est souvent mis sur le compte du stress, de la charge mentale ou de l’âge. Or, il peut précéder de peu l’accident cardiaque.

Nausées, troubles digestifs et vomissements

Des nausées, des vomissements ou des douleurs gastriques peuvent masquer un événement cardiaque. Chez les femmes, ce type de manifestations se rencontre nettement plus souvent que chez les hommes (Toufighi et al., Circulation, 2017). Il arrive que les patientes interprètent à tort ces signes comme la simple conséquence d’une indigestion, d’une gastro-entérite ou d’un malaise vagal.

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  • Sensations de nausée ou de digestion difficile
  • Douleur abdominale supérieure, parfois assimilée à une crise de foie
  • Vomissements spontanés sans cause évidente

Là encore, l’enjeu est d’associer ces symptômes inhabituels à une possible origine cardiaque, surtout si d’autres signaux y sont liés.

Douleurs dans le dos, le cou ou les mâchoires

Au-delà de la poitrine, la douleur peut également se manifester dans des zones inattendues, telles que le haut du dos, entre les omoplates ou au niveau des mâchoires. Ce type de douleur, parfois présenté comme une « tension » ou une « brûlure », tend à déconcerter les patientes et même leur entourage médical. D’après François Lehn et les équipes médicales de l’Hôpital Européen (Rajeunir), ces douleurs sont plus fréquentes chez la femme, notamment après 50 ans.

  • Douleur ou inconfort entre les épaules
  • Sensibilité ou lourdeur dans les mâchoires, surtout à l’effort
  • Parfois associées à des vertiges ou des sueurs froides

Pourquoi les femmes sont-elles moins bien diagnostiquées ?

Les crises cardiaques chez la femme souffrent d’une double méconnaissance : par le public, qui ignore leurs spécificités, et parfois par les professionnels, chez qui le stéréotype d’un infarctus « masculin » reste ancré (source : Fédération Française de Cardiologie, 2021). Cette méconnaissance entraîne un retard de diagnostic, au prix d’une mortalité accentuée. Les études estiment que le délai entre les premiers symptômes et l’admission à l’hôpital est en moyenne 30 minutes plus long chez les femmes (INSERM, 2016). Ce retard réduit significativement les chances de survie et de récupération.

De plus, les femmes ont tendance à minimiser ou à attribuer leurs symptômes à d’autres causes plus familières, comme le surmenage, l’anxiété ou des troubles digestifs. Elles consultent donc plus tardivement, ce qui explique, en partie, pourquoi leur pronostic est souvent moins favorable.

Facteurs de risque particuliers chez la femme

La santé cardiaque féminine présente quelques particularités :

  • Ménopause : Le déclin des œstrogènes après la ménopause s’accompagne d’une hausse des risques de maladies cardiovasculaires, car ces hormones protègent partiellement les artères (European Society of Cardiology, 2019).
  • Grossesse et post-partum : Certaines complications, comme la pré-éclampsie, l’hypertension gravidique ou le diabète gestationnel, augmentent à long terme le risque de troubles cardiaques.
  • Maladies auto-immunes : Les pathologies telles que le lupus ou la polyarthrite touchent davantage les femmes et favorisent l’atteinte des artères.
  • Tabagisme : Chez les femmes, l’association tabac-pilule contraceptive implique un risque d’infarctus plus élevé dès la trentaine (source : Fédération Française de Cardiologie).
  • Facteurs psychosociaux : Le stress chronique, la dépression ou l’isolement, statistiquement plus fréquents chez la femme, constituent des facteurs de risque non négligeables.

Sensibilisation et prévention : des leviers pour réduire la mortalité

Les campagnes d’information ciblées demeurent un levier central pour améliorer la reconnaissance des symptômes et diminuer la mortalité féminine par accidents cardiaques. D’après la Fédération Française de Cardiologie, la connaissance des signaux d’alerte reste très insuffisante chez les moins de 60 ans. Quelques actions simples mais efficaces permettent de réduire le risque de complications graves.

Les gestes à adopter si un symptôme survient

  • Prévenir immédiatement les secours (15, 112) en cas de doute, même mineur, sur l’origine du malaise
  • Décrire précisément la nature des douleurs et les circonstances de survenue
  • Éviter tout déplacement inutile, s’allonger et rester calme le temps que l’aide arrive
  • Signaler un antécédent cardiaque personnel ou familial si c’est le cas

En cas de situation évocatrice, il vaut mieux consulter sans attendre : la rapidité d’intervention conditionne la survie. Pour aller plus loin, voici comment agir rapidement en cas de symptômes.

Prévenir pour mieux protéger

La prévention figure parmi les meilleurs remparts contre les accidents cardiaques chez la femme. Selon la Fédération Française de Cardiologie, près de 80 % des maladies cardiovasculaires pourraient être évités grâce à des mesures simples initiées dès la quarantaine :

  • Alimentation équilibrée riche en fruits, légumes, et faible en sel
  • Pratique régulière d’une activité physique adaptée à ses capacités
  • Arrêt complet du tabac et limitation de l’alcool
  • Suivi régulier de la tension artérielle, du cholestérol et du diabète
  • Contrôle du stress et maintien d’un réseau social solide

Le dépistage s’adresse également aux femmes n’ayant aucun symptôme mais présentant plusieurs facteurs de risque ou un antécédent familial.

Focus : diagnostic précoce et prise en charge adaptée

L’infarctus ne concerne pas que les hommes. Pourtant, les femmes reçoivent encore trop souvent des diagnostics tardifs, faute d’une vigilance adaptée. Plusieurs dispositifs tendent à améliorer la détection :

  • Mise à disposition de questionnaires et d’auto-évaluations lors des consultations gynécologiques ou généralistes
  • Dépistage ciblé des femmes à risque élevé (obésité, antécédents familiaux, anomalies métaboliques)
  • Intégration de la thématique cardiaque dans l’éducation à la santé dès 40 ans

Une attention particulière est recommandée pour les femmes ménopausées et pour celles ayant vécu une grossesse compliquée. En cas de doute, le médecin peut proposer un bilan rapide, incluant un électrocardiogramme, une prise de sang (marqueurs cardiaques) et, si nécessaire, une épreuve d’effort.

Ce qu’il faut garder en tête

Reconnaître les signes parfois discrets de la crise cardiaque chez la femme relève d’un enjeu de santé publique majeur. Quatre symptômes dominent : douleurs thoraciques atypiques, fatigue inhabituelle, troubles digestifs et douleurs dans le dos ou les mâchoires. Leur caractère souvent banal conduit à les sous-estimer, avec des conséquences parfois dramatiques. Miser sur l’information, la prévention et l’écoute de son propre corps constitue le trio gagnant pour réduire le risque d’accident cardiaque. Si un doute persiste, il est primordial de consulter rapidement et d’agir sans délai. Ce réflexe, associé à un suivi médical adapté, peut épargner des complications et permettre de sauver des vies, à tous les âges.

Sources :

INSERM, « Maladies cardiovasculaires chez la femme », 2016Fédération Française de Cardiologie, « Cardiopathies féminines », 2021Toufighi et al., Circulation, 2017François Lehn, “Rajeunir”European Heart Journal, 2019

 

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