Santé

Syndrome des ovaires polykystiques : symptômes, causes et complications

Le syndrome des ovaires polykystiques est un trouble hormonal qui touche les femmes en âge de procréer. Il est important de le traiter.

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) se caractérise par un déséquilibre des hormones reproductives, qui entraîne des problèmes au niveau des ovaires. Ceux-ci fabriquent des taux anormalement élevés d’androgènes (hormones généralement qualifiées d’hormones masculines, même si le corps féminin en produit naturellement de petites quantités). Ce déséquilibre perturbe le développement et la libération des ovules (l’ovulation). Les ovules ne mûrissent pas, ne sont pas libérés et de petits sacs remplis de liquide (des kystes folliculaires) s’accumulent souvent dans les ovaires, d’où le terme “polykystique”.

Le SOPK est une pathologie complexe. Ses symptômes peuvent varier d’une personne à l’autre, et toutes les  femmes atteintes ne présentent pas l’ensemble des signes cliniques.

Quels sont les symptômes fréquents du syndrome des ovaires polykystiques ?

Ils se manifestent souvent au moment de la puberté, parallèlement aux premières règles : règles irrégulière ou absentes, pilosité excessive, acné, et problèmes de peau, prise de poids, alopécie, troubles de l’humeur.

Ils peuvent aussi se développer à l’âge adulte, parfois en réaction à une prise de poids importante.

Règles irrégulières ou absentes

C’est le signe le plus courant. Le déséquilibre hormonal perturbe le cycle menstruel normal :

  • oligoménorrhée : moins de neuf cycles menstruels par an,
  • aménorrhée : absence totale de règles pendant plusieurs mois consécutifs,
  • ménorragies : règles anormalement abondantes ou prolongées lorsqu’elles surviennent, car la paroi utérine s’est accumulée pendant une longue période sans s’évacuer.

Hirsutisme (pilosité excessive)

L’excès d’androgènes stimule la pousse des poils dans des zones dites typiquement masculines. Plus de 70 % des femmes atteintes de SOPK développent une pilosité excessive sur :

  • le visage (menton, lèvre supérieure),
  • la poitrine,
  • le ventre,
  • le dos ou les cuisses.

Acné sévère et problèmes de peau

Les hormones androgènes stimulent la production de sébum par les glandes de la peau. Cela peut provoquer :

  • de l’acné sévère : souvent localisée sur le bas du visage (mâchoire, menton), le cou et le haut du corps, qui résiste parfois aux traitements classiques,
  • peau particulièrement grasse,
  • de l’acanthosis nigricans : des plaques de peau plus sombres, épaisses et d’aspect velouté, situées généralement dans les plis cutanés (cou, aisselles, entrejambe), qui sont un signe direct de résistance à l’insuline.
  • des acrochordons : de petites excroissances de peau se forment fréquemment au niveau du cou ou des aisselles.

Prise de poids et difficultés à en perdre

Environ la moitié des personnes touchées par le SOPK luttent contre la prise de poids ou l’obésité. Elles se concentrent principalement autour de l’abdomen (obésité de type androïde). En raison de perturbations métaboliques sous-jacentes, perdre du poids est souvent extrêmement difficile malgré une alimentation équilibrée et de l’activité physique.

Alopécie (chute de cheveux)

L’élévation des taux d’androgènes peut provoquer une perte de cheveux calquée sur le modèle de la calvitie masculine. Les cheveux s’affinent, deviennent plus clairsemés, en particulier sur le sommet du crâne et au niveau des tempes.

Troubles de l’humeur

Le SOPK n’impacte pas uniquement le corps physique. Les fluctuations hormonales, associées aux symptômes visibles (acné, poids, pilosité), augmentent considérablement le risque de souffrir :

  • d’anxiété,
  • de dépression,
  • de sautes d’humeur fréquentes.

Quels sont les symptômes moins courants de la SOPK ?

Ces symptômes moins courants peuvent également être associés au Syndrome des Ovaires Polykystiques :

  • insomnie ou sommeil de mauvaise qualité, apnée du sommeil,

  • pression artérielle élevée (hypertension)

  • hidradénite suppurée (maladie de Verneuil),

  • hyperkératose,

  • stéatose hépatique (foie gras),

  • troubles du comportement alimentaire,

  • douleur pelvienne,

  • rupture de kyste,

  • peau sèche,

  • fatigue et maux de tête.

Quelles sont les causes et facteurs de risque du SOPK ?

La cause exacte demeure inconnue, mais les chercheurs s’accordent à dire que la pathologie est une combinaison de facteurs génétiques et pathologiques (résistance à l’insuline, inflammation de bas grade).

Résistance à l’insuline

L’insuline est une hormone produite par le pancréas qui permet aux cellules d’utiliser le sucre (glucose) comme principale source d’énergie. En cas de résistance à l’insuline, les cellules du corps ne répondent plus correctement à l’action de l’insuline. Pour compenser, le pancréas produit de l’insuline en excès (hyperinsulinisme). Cet excès d’insuline a un double effet néfaste : il stimule directement les ovaires pour leur faire produire plus d’androgènes et il interfère avec l’ovulation normale.

Inflammation de bas grade

Les recherches montrent que les personnes atteintes de SOPK présentent souvent une inflammation chronique dite “de bas grade”. Le corps produit des globules blancs qui sécrètent des substances pour combattre les agressions. Cette inflammation stimule à son tour les ovaires polykystiques à produire des hormones androgènes, créant un cercle vicieux avec la résistance à l’insuline.

L’hérédité (la génétique)

Le SOPK a tendance à toucher plusieurs membres d’une même famille. Si une mère, sœur ou tante est atteinte, le risque de développer le syndrome est nettement plus élevé. Les scientifiques étudient plusieurs gènes spécifiques qui pourraient jouer un rôle dans l’apparition de la maladie.

Quels sont les complications à long terme du syndrome des ovaires polykystiques ?

Cette affection systémique peut entraîner des complications de santé importantes si elle n’est pas prise en charge correctement (infertilité, diabète, syndrome métabolique, apnée du sommeil, cancer de l’endomètre, complications de grossesse) :

  • infertilité : le SOPK est la cause la plus fréquente d’infertilité féminine en raison de l’absence d’ovulation,
  • diabète de type 2 et prédiabète : plus de la moitié des femmes atteintes de SOPK développent un prédiabète ou un diabète de type 2 avant l’âge de 40 ans, à cause de la résistance chronique à l’insuline,
  • syndrome métabolique : cet ensemble de facteurs incluse l’hypertension artérielle, un taux élevé de sucre dans le sang, des taux de cholestérol LDL (“mauvais” cholestérol) élevés, des triglycérides bas et un excès de graisse abdominale. Ce syndrome augmente le risque de maladies cardiovasculaires,
  • apnée du sommeil : ce trouble, caractérisé par des interruptions répétées de la respiration pendant le sommeil, est particulièrement fréquent chez les personnes atteintes de SOPK qui sont en surpoids,
  • cancer de l’endomètre : l’absence d’ovulation régulière empêche la paroi de l’utérus (l’endomètre) de se détacher chaque mois. L’exposition continue à des taux élevés d’œstrogènes sans l’effet protecteur de la progestérone peut provoquer un épaississement excessif de l’endomètre (hyperplasie) et augmenter le risque de cancer de l’endomètre,
  • complications de la grossesse : le SOPK expose à un risque plus élevé de fausse couche, d’hypertension artérielle induite par la grossesse (prééclampsie) et de diabète gestationnel.

Quand consulter un médecin ?

Il est conseillé de prendre rendez-vous avec un gynécologue, endocrinologue ou médecin généraliste si :

  • les règles sont irrégulières, anormalement espacées ou totalement absentes,
  • essayer de tomber enceinte depuis plus de 12 mois sans succès,
  • des signes d’excès d’androgènes (exemple, une pilosité nouvelle sur le visage, une acné sévère ou une perte de cheveux anormale) apparaissent.

Un diagnostic précoce permet de mettre en place des modifications du mode de vie et des traitements médicaux adaptés pour contrôler efficacement les symptômes et prévenir les risques pour la santé future.

 

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Cet article a été élaboré avec le soutien d'un outil d'intelligence artificielle. Il a ensuite fait l'objet d'une révision approfondie par un journaliste professionnel et un rédacteur en chef, assurant ainsi son exactitude, sa pertinence et sa conformité aux standards éditoriaux. PRESSE SANTÉ s'efforce de transmettre la connaissance santé dans un langage accessible à tous. En AUCUN CAS, les informations données ne peuvent remplacer l'avis d'un professionnel de santé.