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Généralement, il n’y a pas lieu de s’inquiéter pour une céphalée. Mais lorsque les maux de tête se manifestent par une douleur intense, accompagnée d’une forte fièvre, d’une altération de la fonction musculaire ou d’autres signes inquiétants, il est important de consulter un médecin pour d’éliminer des affections potentiellement mortelles comme une infection cérébrale ou un AVC.
Quels sont les maux de tête les plus courants ?
La plupart des maux de tête sont des céphalées primaires, qui surviennent de manière indépendante et ne sont pas causés par d’autres problèmes de santé. Il s’agit de la migraine, des céphalées de tension et de l’algie vasculaire de la face :
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- la migraine : un mal de tête intense et pulsatif, souvent associé à des nausées, des vomissements et une sensibilité à la lumière et au bruit, qui peut durer jusqu’à 72 heures,
- les céphalées de tension : elles provoquent une sensation de serrement ou de pression sourde, « en casque », des deux côtés de la tête et peuvent durer de 30 minutes à sept jours,
- l’algie vasculaire de la face : elle provoque une douleur lancinante ou brûlante atroce dans ou autour de l’œil ou de la tempe d’un seul côté, et dure entre 15 et 180 minutes. Les symptômes associés comprennent des rougeurs oculaires et des larmoiements, un nez bouché et des sueurs.
Il est probable que la plupart des céphalées primaires découlent d’une interaction complexe de facteurs (par exemple, la génétique, des changements structurels du cerveau et/ou la sensibilisation des voies de la douleur). Des facteurs environnementaux, comme le stress, le manque de sommeil, les changements météorologiques, la consommation d’alcool et le cycle menstruel semblent également contribuer au développement des maux de tête.
Contrairement aux céphalées primaires, les céphalées secondaires découlent d’une affection ou d’une situation sous-jacente (par exemple, une maladie, une grossesse ou un médicament). La plupart des céphalées secondaires ne sont ni graves ni dangereuses, sauf dans de rares cas.
Voici des exemples de céphalées secondaires généralement peu graves :
- les céphalées sinusales : elles proviennent d’une inflammation ou d’une infection des sinus généralement associées à des écoulements nasaux épais, verts ou jaunes,
- les maux de tête post-infectieux : généralement causés par des virus comme le rhume, la grippe ou la COVID-19,
- les céphalées induites par le froid : elles surviennent après avoir mangé des aliments froids ou exposé la tête non protégée à de basses températures,
- les céphalées cervicogéniques : elles sont causées par un problème osseux, articulaire ou de tissu mou au niveau du cou.
Quels sont les maux de tête plus sérieux ?
D’autres céphalées secondaires peuvent être plus graves et nécessiter un avis médical comme l’AVC, une infection cérébrale, une tumeur ou une lésion cérébrales :
Accident Vasculaire Cérébral
Un AVC se produit lorsque l’apport sanguin au cerveau est interrompu. Il en existe deux types : ischémique et hémorragique. Tous deux peuvent provoquer un mal de tête :
- l’AVC ischémique : se produit lorsqu’une artère qui alimente le cerveau en sang se bouche. Un mal de tête causé par un AVC ischémique est plus fréquent chez les patients plus jeunes, ceux qui souffrent de migraines et ceux qui ont subi un AVC plus étendu. Le mal de tête ressemble classiquement à une céphalée de tension et se développe à peu près au même moment que le déficit neurologique (par exemple, une faiblesse ou un engourdissement d’un côté du corps ou des troubles de l’élocution),
- l’AVC hémorragique : se produit lorsqu’une artère du cerveau se rompt et commence à saigner à l’intérieur ou autour du cerveau. Un exemple courant d’AVC hémorragique est l’hémorragie sous-arachnoïdienne. Ce type de saignement cérébral provoque classiquement une céphalée en coup de tonnerre, un mal de tête explosif qui survient soudainement et devient extrêmement douloureux en quelques secondes ou en moins d’une minute.
Outre l’hémorragie sous-arachnoïdienne, une céphalée en coup de tonnerre peut également survenir lors d’autres affections graves :
- syndrome de vasoconstriction cérébrale réversible : les vaisseaux sanguins du cerveau se rétrécissent soudainement,
- dissection d’une artère cervicale : formation d’une déchirure dans la paroi de l’artère carotide ou vertébrale dans le cou,
- apoplexie hypophysaire : saignement dans l’hypophyse, située dans le cerveau, ou perte de son apport sanguin.
Infection cérébrale
La combinaison d’un mal de tête et de fièvre peut indiquer un type d’infection cérébrale :
- méningite : inflammation des méninges, les enveloppes protectrices entourant le cerveau et la moelle épinière,
- encéphalite : inflammation des tissus cérébraux,
- abcès cérébral : accumulation de liquide infecté dans le cerveau.
En plus de la fièvre et du mal de tête, d’autres symptômes potentiels d’une infection cérébrale sont des nausées, une raideur de la nuque, de la confusion, une altération ou perte de conscience, des convulsions.
Tumeur cérébrale
Il s’agit d’une accumulation de cellules anormales dans le cerveau. Bien que le mal de tête soit un symptôme courant d’une tumeur cérébrale (et parfois le seul ou le pire symptôme), celles-ci sont dans l’ensemble rares.
Le mal de tête peut ressembler à une migraine ou à une céphalée de tension et a tendance à s’aggraver en toussant ou en se penchant en avant.
Il peut également s’accompagner de nausées et de vomissements. Cela résulte généralement d’une augmentation de la pression intracrânienne ou d’une hydrocéphalie (trop de liquide céphalorachidien dans le cerveau).
Lésion cérébrale
Un mal de tête peut survenir dans les jours suivant un traumatisme crânien, comme une commotion cérébrale.
Les maux de tête post-traumatiques ressemblent souvent à une sensation de douleur sourde ressentie dans toute la tête et peuvent s’accompagner de vertiges, de fatigue, de problèmes de concentration et de mémoire, ainsi que d’irritabilité.
Ils sont dus à une commotion cérébrale et ne sont généralement pas attribuables à une cause structurelle, mais peuvent parfois être provoqués par des accumulations anormales de sang dans le crâne suite à un traumatisme à la tête ou au cou.
Quand consulter un médecin ?
Plusieurs signes d’alerte indiquent que le mal de tête pourrait provenir d’une affection sous-jacente grave.
Consulter immédiatement un médecin si le mal de tête :
- est sévère et commence soudainement,
- s’accompagne de fièvre, de raideur de la nuque, de convulsions, d’évanouissements, de confusion ou de symptômes neurologiques comme une faiblesse ou un engourdissement,
- s’accompagne d’un œil rouge douloureux ou d’une sensibilité près des tempes,
- change de profil : par exemple, il devient plus fréquent ou interfère avec les activités quotidiennes,
- est déclenché par des éternuements, la toux ou l’exercice physique,
- survient après un coup ou une blessure à la tête,
- apparaît ou change pendant la grossesse ou immédiatement après l’accouchement,
- est concomitant avec des antécédents de cancer ou un système immunitaire affaibli (par exemple, le VIH/SIDA),
- s’accompagne d’une surconsommation d’antalgiques (suggérant un possible mal de tête par surconsommation médicamenteuse),
- survient brutalement chez une personne de plus de 65 ans.
Comment traiter les maux de tête ?
La façon dont un mal de tête est traité dépend de son type (primaire ou secondaire) et de sa gravité :
Céphalées primaires
La plupart des céphalées primaires peuvent être traitées par une combinaison de médicaments et de remèdes maison.
Les céphalées de tension peuvent souvent être traitées avec des analgésiques en vente libre comme le paracétamol ou un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) comme l’ibuprofène. Prendre un bain chaud ou boire une boisson caféinée peut également être utile.
Les migraines légères à modérées sont souvent traitées avec des AINS. Une classe de médicaments oraux appelés triptans est utilisée pour traiter les migraines modérées à sévères. Pour les personnes qui ne tolèrent pas les triptans, le lasmiditan peut être essayé.
Faire une sieste dans une pièce calme et sombre et appliquer une compresse froide sur le front peut également être efficace pour soulager une migraine.
Pour l’algie vasculaire de la face, l’oxygénothérapie (inhalation d’oxygène à haut débit), l’injection de sumatriptan et le spray nasal de zolmitriptan peuvent être utilisés comme traitement aigu.
Discuter avec un médecin avant de prendre tout médicament contre le mal de tête. En cas de prise d’anticoagulant, de maladie rénale, hépatique ou d’ulcère, le médecin déconseille certains médicaments en vente libre ou d’en prendre même à faible dose.
Céphalées secondaires
Le traitement des céphalées secondaires nécessite de soigner l’affection sous-jacente.
Par exemple, un mal de tête sinusal peut être traité par des analgésiques en vente libre comme l’ibuprofène. Le médecin peut également recommander des sprays nasaux d’eau salée et/ou de corticoïdes pour réduire l’inflammation des sinus. Dans de rares cas de sinusite bactérienne, un antibiotique peut être prescrit.
Les céphalées secondaires dangereuses comme un AVC ou une infection cérébrale nécessitent des soins plus intensifs : surveillance hospitalière étroite, médicaments par voie intraveineuse et/ou une intervention chirurgicale.
Comment prévenir les maux de tête ?
La prévention dépend aussi du type et de la gravité du mal de tête.
Céphalées primaires
Des modifications du mode de vie et des thérapies pharmacologiques et non pharmacologiques peuvent aider à prévenir les céphalées primaires.
Les migraines, par exemple, peuvent être prévenues en évitant les aliments, les sons et les odeurs déclencheurs, en respectant une routine de sommeil régulière et en pratiquant certaines thérapies comme l’acupuncture. Pour les patients souffrant de migraine chronique, le Botox ou la prise d’un traitement de fond peut être recommandé.
Pour l’algie vasculaire de la face, un traitement de fond peut être conseillé. L’adoption de certains comportements de vie (arrêt du tabac) est également généralement recommandée.
Céphalées secondaires
Selon la cause sous-jacente, certains types de céphalées secondaires peuvent être prévenus.
Par exemple, un AVC peut être prévenu en contrôlant les facteurs de risque comme l’hypertension artérielle et le cholestérol élevé.
Un mal de tête post-traumatique peut être évité en portant un casque lors de sports ou d’activités récréatives à fort impact.
Les maux de tête résultant d’infections virales comme le rhume ou la grippe peuvent être évités en se lavant fréquemment les mains et en se faisant vacciner, le cas échéant.
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