Plastiques au micro-ondes : attention aux substances toxiques (comment les éviter)

Auteur: Aline Legrand

relu par Dr Muriel Dodin

Publié le :

Plastiques au micro-ondes : attention aux substances toxiques (comment les éviter)
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Les repas à passer au micro-ondes dans des récipients en plastique peuvent exposer à des microplastiques et des substances chimiques. Découvrez comment réduire le risque avéré pour la santé du passage des plastiques au mico-ondes.

Que se passe-t-il lors du passage d’emballages plastiques au micro-ondes ?

Sur la base de l’examen de 24 études, Greenpeace a constaté que les récipients en plastique peuvent libérer des microplastiques et des produits chimiques toxiques dans les aliments, en particulier au moment où ils sont chauffés.

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L’exposition à quelques jours de chaleur extrême augmenterait le risque de démence selon cette étude

Des preuves émergentes suggèrent que les plastiques utilisés pour emballer les aliments posent un risque potentiellement grave pour la santé, surtout lorsqu’ils sont chauffés, explique David Santillo, chercheur principal à l’unité scientifique de Greenpeace International.

Par exemple, une étude incluse dans la revue a estimé que 326 000 à 534 000 particules de microplastique se sont infiltrées dans un simulant d’aliment après cinq minutes de cuisson au micro-ondes de deux récipients en polypropylène.

Deux autres études ont révélé que la congélation peut rendre la surface du polymère cassante, et que les vibrations dues au passage ultérieur au micro-ondes pourraient entraîner la libération d’une quantité encore plus importante de microplastiques.

Concernant les produits chimiques, le rapport a révélé que les récipients en plastique passant au micro-ondes rejettent au moins 42 substances ajoutées intentionnellement (et plus de 100 substances non ajoutées intentionnellement) dans les simulants alimentaires. Lors de tests contrôlés au micro-ondes, les boîtes repas en polystyrène et en polypropylène ont libéré des additifs chimiques dans les simulants d’aliments dans chaque échantillon.

Est-ce que les microplastiques s’accumulent dans le corps humain ?

David Santillo a révélé que des microplastiques, des nanoplastiques et des produits chimiques associés aux plastiques ont été détectés dans le sang humain, le placenta, le lait maternel, le liquide amniotique, les selles, les poumons, le foie et même le tissu cardiaque.

Les premières preuves indiquent que l’exposition des tissus corporels aux microplastiques et surtout aux nanoplastiques peut :

  • provoquer une inflammation,
  • entraîner des dommages aux réponses immunitaires,
  • causer des problèmes physiques et fonctionnels aux cellules et aux tissus comme la muqueuse de l’estomac,
  • entraîner des modifications du microbiome intestinal.

Malgré cela, alors que les dommages sanitaires associés aux plastiques pourraient presque doubler d’ici 2040, il n’existe actuellement aucune réglementation pour limiter l’exposition aux microplastiques aux USA, regrette David Santillo. L’Union européenne et la France ont commencé à légiférer sur l’environnement (pollution dans la nature), mais pas encore directement sur l’exposition alimentaire :

  • microplastiques ajoutés : l’UE a interdit l’ajout intentionnel de microplastiques dans les cosmétiques, détergents ou terrains synthétiques,
  • eaux destinées à la consommation : la directive européenne sur l’eau potable prévoit de mesurer les microplastiques dans l’eau, mais sans fixer de valeur limite obligatoire pour l’instant.

Sur les plus de 16 000 produits chimiques qui peuvent être utilisés ou trouvés dans le plastique, au moins 1 396 ont été retrouvés chez l’humain dans le cadre de diverses études menées sur de nombreuses années. Certains produits chimiques liés au plastique sont des perturbateurs endocriniens, des cancérigènes et des mutagènes connus, avec des preuves d’impacts négatifs sur la santé même à des niveaux très faibles.

Bien que les scientifiques soient encore en train de déterminer les risques exacts issus des niveaux d’exposition alimentaire typiques, l’inquiétude pour la santé de la population réside dans le fait qu’une exposition fréquente sur de nombreuses années pourrait contribuer à des pathologies chroniques, a déclaré Don Thushara Galbadage, professeur associé de santé publique à la Texas Christian University.

Quels sont les moyens de réduire l’exposition aux microplastiques ?

Éviter de chauffer les aliments dans des récipients en plastique dans la mesure du possible et transférer les plats pour micro-ondes dans des récipients en verre ou en céramique avant de les chauffer.

Cela peut réduire considérablement le risque de migration de particules de plastique ou de produits chimiques dans les aliments. Les récipients en plastique adaptés au micro-ondes ne sont pas non plus sans risque de toxicité.

Il est aussi souhaitable d’éviter de recouvrir les aliments chauds avec du film plastique et d’utiliser plutôt des couvercles ou des assiettes réutilisables. Ces petits changements de comportement peuvent réduire de manière significative l’exposition sans nécessiter de bouleverser ses habitudes alimentaires ou son mode de vie.

Bien que très commodes, les repas emballés dans du plastique ne sont pas la seule option pratique. Les légumes surgelés pré-coupés ou en conserve peuvent être employés pour cuisiner des plats sautés en quelques minutes.  Cuisiner en grande quantité et conserver les portions dans des récipients en verre pour plus tard peut également offrir la même commodité que les plats préparés tout en réduisant l’exposition aux emballages.

Les magasins d’alimentation proposent de plus en plus de kits de repas frais ou surgelés à cuisiner rapidement à la maison, ce qui peut offrir un équilibre entre commodité et minimisation du contact entre les aliments et les emballages en plastique chauffés.

Faudrait-il arrêter complètement les repas en boîtes plastiques passées au micro-ondes ?

Un repas occasionnel au micro-ondes cause immédiatement du tort mais le vrai problème réside dans l’exposition cumulée.

De nombreuses personnes comptent régulièrement sur les plats préparés : le chauffage répété des récipients en plastique peut augmenter l’exposition à long terme aux microplastiques et aux produits chimiques qui peuvent interférer avec le système hormonal ou contribuer à l’inflammation.

Le rapport renforce l’importance de réduire le contact inutile entre les aliments chauds et le plastique dans la mesure du possible.

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