L’ocytocine: l’hormone de l’empathie et de la bienveillance

L’ocytocine

Nos comportements sont le résultat d’une interaction complexe entre nos gènes et plusieurs variables de l’environnement (éducation, mode de vie, culture). Des études récentes suggèrent que des variations génétiques dans nos systèmes hormonaux pourraient exercer une influence sur certains aspects de la personnalité humaine. C’est notamment le cas de l’ocytocine, une hormone qui joue un rôle important dans plusieurs aspects de notre sociabilité.

Nous passons le plus clair de notre temps en société, que ce soit dans notre famille, au travail ou lors de nos loisirs. L’être humain est vraiment un animal social ! En pratique, une bonne partie de notre existence consiste à échanger des signaux (verbaux et non verbaux) avec d’autres humains et ces interactions sont extrêmement importantes pour notre intégration dans la société et ce que nous appelons la réussite sociale. Il s’agit d’une tâche très exigeante pour le cerveau et on croit d’ailleurs que cette vie en société a fortement contribué à l’augmentation phénoménale de la taille de cet organe au cours de l’évolution.

L’ocytocine: l’hormone de la confiance, de la générosité et de l’empathie

L’hormone appelée ocytocine joue un rôle de premier plan dans cette sociabilité. Initialement identifiée pour son rôle essentiel dans l’accouchement et la lactation (le terme ocytocine provient d’ailleurs du grec ökus pour rapide et tocine pour accouchement), des études subséquentes ont montré que l’ocytocine était également relâchée dans le cerveau et influençait plusieurs comportements. Ces études indiquent que l’ocytocine favorise le développement de qualités comme la confiance, la générosité, l’empathie ou encore le sacrifice de soi, tout en atténuant la réponse physiologique au stress et à l’agressivité de façon à rester calme lorsque confronté à une alarme. Il s’agit donc d’une hormone de contact humain, impliquée dans plusieurs phénomènes sociaux comme les relations des mères avec leurs petits ou encore la solidarité ou l’altruisme à l’intérieur d’un groupe.

Comme toutes les hormones, l’ocytocine doit interagir avec certains récepteurs spécifiques pour provoquer ses effets biologiques. Au cours des dernières années, il a été démontré qu’il existait des variations génétiques dans la structure de ces récepteurs et que ces différences moléculaires étaient en corrélation avec des modifications dans certains comportements sociaux. Les études ont montré qu’une variante du récepteur prédispose à l’empathie, alors qu’une autre semble plutôt être associée à la dépression et à une difficulté à faire face aux difficultés quotidiennes.

La première impression est toujours la bonne

Des observations récentes suggèrent que ces variations génétiques peuvent avoir un impact majeur sur les relations avec les personnes de l’entourage. Des chercheurs américains ont demandé à l’un des partenaires de divers couples de discuter ouvertement d’un moment particulièrement difficile de sa vie pendant que les réactions de l’autre étaient filmées. De courts segments de ces vidéos (20 secondes) ont été par la suite présentés sans trame sonore à des observateurs « neutres » afin qu’ils notent leur impression sur la gentillesse et le degré d’empathie du confident seulement à partir de son attitude et de ses expressions faciales.

Les résultats sont étonnants : sans aucune connaissance des individus ou même du contexte de la conversation, les observateurs ont donné les meilleures notes aux personnes qui possédaient une variation du gène du récepteur à l’ocytocine qui prédispose à l’empathie ! Autrement dit, ces observations suggèrent que les impressions favorables que nous avons sur la gentillesse d’une personne dès les premiers instants ne sont pas le fruit du hasard, mais reflètent plutôt une capacité innée que nous avons de détecter une variante génétique qui prédispose effectivement ces personnes à être dignes de confiance.

Comme quoi la première impression est toujours la bonne !

Source

Kogan A et al. Thin-slicing study of the oxytocin receptor (OXTR) gene and the evaluation and expression of the prosocial disposition. Proc. Natl. Acad. Sci ; 108:19189-92.

Marie Desange est journaliste santé, passionnée tant par les dernières recherches en scientifiques en nutrition, neurosciences et bien être que par les nouvelles approches de santé qui ne sont pas encore passées par le filtre des études scientifiques, mais qui marchent.Ostéopathie, chiropractie, acupuncture, neuro-feedback, méditation, aromathérapie, homéopathie, médecine chinoise ou Indienne (Ayurveda), shiastu, soins énergétiques, techniques corporelles ou thérapies psychologiques, toutes ces disciplines méritent d’être mises en avant pour que les lecteurs puissent être bien informés et faire leur choix sur ce qui peut les aider.De plus, la pratique journalistique lui permet de rencontrer toujours plus d’acteurs de ces nouvelles approches et de sélectionner ceux qui ont une particularité et une réelle maîtrise de ce qu’ils proposent. Les soins complémentaires et les nouvelles approches de santé doivent être rigoureux et sans danger pour les personnes qui se tournent vers elles. Avec le temps et l’expérience, Marie sait sélectionner ce qui peut apporter, selon les cas, de vrais bénéfices pour le mieux être des personnes qui le recherchent. `Journaliste pour le journal on-line pressesante.com, Marie a encore plein de supers sujets sous le coude à vous proposer, que vous ne lirez pas ailleurs.