Le bruit alimentaire : c’est quoi et comment l’atténuer
Penser continuellement à ce que l’on va manger peut faire du tort au maintien du poids et à la santé dans son ensemble.

Quand arrive l’heure du repas, on ne sait pas toujours quoi manger.
Et si on se faisait livrer par internet ? Pourquoi ne pas aller au fast-food d’à côté ? C’est bon et tellement pratique ! Et ce soir, je mange quoi ? Un hamburger-frites ou je décongèle un morceau de saumon et je le cuisine moi-même ?
Si ces question et pensées, parfois nommées « bruit alimentaire » reviennent trop souvent et à n’importe quel moment, cette monomanie peut provoquer des conséquences excessives et nocives.
Comment calmer le flot de vos pensées pour la nourriture ?
L’endocrinologue Reena Bose, docteur en médecine (M.D.) spécialiste en médecine de l’obésité au Département d’endocrinologie et du métabolisme de la Cleveland Clinic, explique comment cette fixation permanente peut avoir un impact sur la santé et comment la faire cesser.
Qu’appelle-t-on bruit alimentaire ?
Il n’y a pas de définition officielle pour « bruit alimentaire ».
Si vous avez tout le temps faim, vous savez de quoi on parle. Idem si vous ne vous sentez pas rassasié(e) après un repas ou que vous avez le réflexe de penser au suivant à chaque bouchée de celui qui est en cours.
La préoccupation obsessionnelle pour la nourriture peut provoquer l’ingestion de calories excessives, l’obésité et d’autres troubles de santé.
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Quelles en sont les causes ?
De mauvais choix alimentaires (aliments ultra-transformés de type fast-food ou sucrés tels que bonbons, glaces, chocolat, etc. ) peuvent déclencher cette spirale.
Plusieurs mécanismes en jeu :
Quand les aliments activent la voie du plaisir ou de la récompense dans le cerveau, ils poussent à continuer d’en manger. Ce réseau neuronal est stimulé lors d’expériences agréables comme se régaler ou boire, avoir des relations sociales, pratiquer des loisirs. Il joue un rôle crucial dans la motivation, l’apprentissage et la survie.
L’hormone de la faim, ou ghréline, peut aussi envoyer des signaux désordonnés qui font penser aux aliments.
Enfin, les stimuli extérieurs, odeurs ou publicité bien appétissantes, peuvent déclencher le désir irrépressible de manger. Pour mieux comprendre comment l’alimentation et rythme biologique interagissent, il est utile d’observer ses propres habitudes et de repérer les moments où la faim se manifeste le plus.
Pourquoi est-ce un problème ?
L’obsession de la nourriture peut faire grossir et provoquer des pathologies.
Lorsqu’on a tout le temps l’impression d’avoir faim et que la satiété ne se manifeste pas, on peut manger de plus en plus copieusement et devenir obèse, selon la Docteure Bose. A terme, des risques d’apnée du sommeil, d’hypertension, de taux élevé de cholestérol peuvent augmenter.
Comment mettre fin à cet engrenage alimentaire ?
Vous pouvez atténuer ou faire cesser ce phénomène.
Changez d’alimentation
Limitez ou évitez les aliments ultra-transformés en planifiant et préparant vos repas.
Faites des achats hebdomadaires de fruits et légumes, lavez-les et coupez-les à l’avance pour les utiliser rapidement, sans contrainte. Cachez les aliments malsains pour ne pas être tenté(e) par leur vue. Pour gagner du temps, il est aussi judicieux de disposer d’aliments en conserve polyvalents dans votre garde-manger, ce qui permet de préparer rapidement des plats équilibrés.
Mangez consciemment
Certaines personnes ont des habitudes alimentaires chaotiques.
Elles peuvent craindre de s’alimenter et de prendre du poids et attendre d’être affamées pour manger quelque chose. Ces 2 comportements sont dangereux. Les aliments sont le carburant du corps. En manque d’énergie, le métabolisme ralentit et vous devenez moins actif. Alors qu’en mangeant au bon moment, l’énergie procurée permet de bouger davantage et de brûler les calories ingérées. Pour améliorer la qualité de vos repas, il est recommandé d’ajouter des aliments sains à vos repas et de privilégier des ingrédients naturels.
Faites de l’exercice
Le type et la fréquence de l’activité physique influence la masse corporelle et la mobilité.
En cas de douleurs handicapantes, aux genoux, aux hanches, il faut entretenir et redévelopper la masse musculaire. Un kinésithérapeute ou un spécialiste du sport-santé peut vous aider à comprendre ce qui vous empêche de bouger et à renforcer les groupes et masse musculaires. Vous regagnerez des aptitudes au mouvement. L’alimentation pour sportifs joue également un rôle clé pour soutenir l’activité physique et optimiser la récupération.
Réduisez votre stress
Le stress quotidien n’épargne quasi personne, mais en excès, il peut déclencher de mauvaises décisions et habitudes alimentaires.
Gérer son stress est important car il peut influencer le niveau de grhéline et pousser à manger de manière désordonnée pour se réconforter.
Un psychologue peut aider à canaliser une faim émotionnelle. Se promener dans la nature, écouter de la musique, se détendre, avoir une vie sociale active, etc., permet également apaiser les tensions nerveuses.
Essayez de bien dormir
Ajuster ses conditions de sommeil aide à trouver un repos réparateur.
Un manque de sommeil peut perturber la régulation de la grhéline et provoquer une prise de poids. Méditer avant le coucher, sortir tous les appareils électroniques de la chambre, éviter les écrans en fin de soirée améliorent les conditions de sommeil.
La fatigue pousse à manger des aliments transformés ou ultra-transformés pour recharger les batteries avec des sucres rapides (typiquement des confiseries, des biscuits). Il est aussi important de repérer les aliments déclencheurs d’intolérance qui peuvent perturber la digestion et le sommeil.
Soyez prudent(e) avec les médicaments
Peut-être avez-vous entendu parler des sémaglutides, des médicaments qui miment l’action du GLP-1 (Glucagon-like Peptide-1) ?
Cette hormone peptidique, naturellement produite par le corps, joue un rôle important dans la régulation de la glycémie et de l’appétit.
De nouveaux traitements sont donc prescrits contre le diabète de type 2 et l’obésité, aux USA en particulier.
En France, l’ANMS (agence nationale de sécurité du médicament) autorise une mise sur marché prudente sans remboursement par l’assurance maladie pour éviter les abus et le dévoiement de leur usage.
La Docteure Bose reconnaît que ces médicaments aident le cerveau à mieux contrôler les signaux de la faim. Mais, car il y a un mais, la réduction des fringales est temporaire et reviennent dès l’arrêt du traitement.
Ils ont aussi des effets secondaires (nausée, vomissement, diarrhée, pancréatite), fatigue, hypoglycémie, mal de tête. Comme tout médicament, il faut le prendre à bon escient lorsqu’on est atteint de diabète et d’obésité, les pathologies auxquelles il est destiné.
Pour que le bruit alimentaire cesse d’interférer dans vos décisions de manger, concentrez-vous d’abord sur votre hygiène de vie et parlez de cette nuisance à votre médecin.