
Ce type d’arthrose est due à la dégradation des trois compartiments de l’articulation du genou : intérieur, extérieur et avant. Environ un tiers des personnes âgées de 65 ans ou plus souffrent d’arthrose du genou et environ un quart d’arthrose tricompartimentale.
Le principal symptôme est une douleur sur les côtés et à l’avant du genou. On peut l’apaiser avec des analgésiques et d’autres thérapies mais il est parfois nécessaire de recourir à une chirurgie de remplacement du genou (prothèse).
Quels sont tous les symptômes de l’arthrose tricompartimentale ?
La douleur au genou est le principal symptôme. Son emplacement et sa gravité varie d’une personne à l’autre. Des symptômes connexes peuvent également apparaître.
Douleur au genou
Cette arthrose affecte les 3 compartiments du genou et la douleur peut être ressentie dans ces 3 zones. Certaines personnes ont une douleur chronique (de longue durée) et d’autres intermittente. La douleur peut être sourde, aiguë, légère ou intense. Elle se développe souvent lentement et s’aggrave progressivement.
Plier ou redresser le genou peut être douloureux et rendre difficiles les activités quotidiennes : monter les escaliers, se lever d’une chaise, faire des tâches ménagères, marcher. La douleur a tendance à s’aggraver (apparaître ou s’intensifier) lors d’une activité soutenue et à fort impact.
Symptômes connexes
Des symptômes supplémentaires peuvent être ressentis :
- réduction de l’amplitude des mouvements du genou,
- bruits de claquement ou de grincement quand le genou est en mouvement,
- raideur du genou,
- gonflement du genou,
- blocage de votre genou,
- faiblesse musculaire autour du genou.
Quelles sont les causes de l’arthrose tricompartimentale ?
La surutilisation, les blessures et l’usure générale peuvent endommager le cartilage, l’os et les structures articulaires connexes du genou.
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L’inflammation peut également jouer un rôle. En raison des lésions de ces structures, l’articulation ne peut pas se plier et s’étendre en douceur, provoquant de la douleur.
Certains facteurs de risque peuvent augmenter la probabilité d’arthrose du genou :
- âge avancé,
- antécédents de blessure au genou,
- antécédents familiaux d’arthrose,
- emploi ou un passe-temps nécessitant de s’agenouiller ou de rester debout de manière répétitive,
- faiblesse des muscles autour du genou,
- surpoids, obésité,
- sexe féminin.
Comment est diagnostiquée l’arthrose tricompartimentale ?
De l’imagerie, des analyses de sang permettent de poser le diagnostic.
Le médecin prend connaissance des antécédents médicaux détaillés et effectue un examen physique du genou, tout en recueillant les symptômes. Des examens d’imagerie et un bilan sanguin peuvent être nécessaires.
Examens d’imagerie
L’imagerie peut aider à diagnostiquer l’arthrose tricompartimentale, à suivre sa progression et donner des informations plus détaillées :
- radiographie : sert à diagnostiquer l’arthrose du genou et à obtenir des informations de base sur le degré des dommages articulaires,
- échographie : fournit des informations sur les tissus mous du genou,
- IRM : procure une imagerie plus détaillée, évaluée en vue d’une chirurgie.
Analyses de sang
Les analyses de sang peuvent aider à diagnostiquer ou à exclure d’autres affections et causes :
- numération formule sanguine complète (NFS) : peut donner des indices sur une infection ou d’autres causes possibles,
- tests de la protéine C-réactive et de la vitesse de sédimentation des érythrocytes : vérifient les niveaux élevés d’inflammation, ce qui pourrait indiquer un diagnostic différent,
- facteur rhumatoïde : les résultats de cette analyse sanguine aident à diagnostiquer la polyarthrite rhumatoïde au lieu de l’arthrose.
Comment se traite l’arthrose tricompartimentale ?
Kinésithérapie, exercice adapté, médicaments, modifications du mode de vie et chirurgie.
Plusieurs approches peuvent être proposées pour améliorer l’état du genou. Les traitements non chirurgicaux n’inversent pas la maladie mais permettent de réduire les symptômes et d’améliorer la mobilité.
Kinésithérapie
La kinésithérapie peut être prescrite comme traitement principal pour aider à améliorer le fonctionnement du genou et réduire la douleur. Cette thérapie est utile pour augmenter la capacité d’exercice physique, améliorer la mobilité et aider à adapter ses activités quotidiennes pour moins souffrir.
Exercice physique
L’exercice est utile contre la douleur au genou mais, avec de l’arthrose, il est important d’éviter de trop les solliciter. La marche et la natation sont de bonnes options, tout comme les exercices de renforcement des muscles autour du genou ou d’équilibre.
Médicaments
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont les médicaments analgésiques de prédilection pour l’arthrose tricompartimentale du genou.
Les AINS sont disponibles sous forme de médicaments à avaler ou topiques (crèmes appliquées directement sur le genou).
D’autres analgésiques possibles sont :
- acétaminophène ou paracétamol,
- duloxétine,
- capsaïcine topique,
- Injections de corticostéroïdes dans le genou.
Changements de mode de vie et autres approches
D’autres approches sont envisageables :
- perte de poids, si la surcharge pondérale contribue aux symptômes,
- cannes et orthèses de genou spécialisées,
- thérapie par le chaud ou le froid appliquée sur le genou,
- thérapies corps-esprit (tai-chi, yoga ou thérapie cognitivo-comportementale),
- ablation par radiofréquence (une procédure ambulatoire visant à interrompre la signalisation nerveuse et à réduire la douleur).
Chirurgie
L’opération chirurgicale, appelée arthroplastie totale du genou, implique le remplacement des trois compartiments de l’articulation.
Dans certains cas, la chirurgie peut réduire considérablement la douleur et améliorer la qualité de vie. Cependant, certaines personnes ont encore des douleurs au genou après l’opération. En général, la chirurgie comporte toujours certains risques et n’est donc pas le meilleur choix pour tous. Discuter des risques et des avantages potentiels avec l’équipe médicale.
L’acupuncture est parfois pratiquée après une arthroplastie pour réduire les douleurs post-opératoires.
Comment prévenir l’arthrose tricompartimentale ?
Maintenir son poids dans une fourchette raisonnable pour éviter de stresser et de peser sur l’articulation.
Grâce à l’alimentation et à d’autres changements de mode de vie, les risques peuvent être réduits. Un juste équilibre entre les exercices de renforcement et aérobiques peut aider à perdre du poids tout en améliorant la douleur et la santé en général.
Certaines recherches suggèrent que la réduction de la consommation d’alcool pourrait également aider à prévenir l’arthrose du genou.
Quelles sont les complications possibles ?
L’arthrose tricompartimentale peut entraîner des difficultés à marcher, des chutes, des sensations d’engourdissement, de picotement et de nerfs pincés.
Comment vivre avec l’arthrose tricompartimentale ?
Il est essentiel de rester actif pour maintenir sa force et son endurance.
La douleur au genou et les autres symptômes peuvent parfois nuire à la qualité de vie, il est donc important de gérer la douleur du mieux possible. Il se peut que certaines activités pratiquées dans le passé deviennent impossibles. Un kinésithérapeute peut aider à modifier les activités en question ou en suggérer d’autres.
L’arthrose ne demande pas toujours de chirurgie : les dispositifs d’assistance, les modifications d’activité et une utilisation prudente des analgésiques peuvent suffire pour vivre avec cette pathologie.
Si les symptômes sont trop douloureux ou perturbent la vie quotidienne, il peut être temps d’envisager la chirurgie. Discuter des risques et avantages possibles d’une opération chirurgicale avec un médecin.
Sources :
Osthéoarthritis and cartilage : la répartition compartimentale de l’arthrose du genou
Permanente Journal : arthrose du genou (guide d’introduction)
NHI : imagerie de l’arthrose (développements récents de la recherche et perspective future)
NHI : sévérité de l’effet de l’alcool sur l’arthrose du genou et des mains chez les hommes