Gérer le désespoir climatique : 7 conseils pour agir
Beaucoup de personnes ont dépassé l’éco-anxiété pour sombrer dans le désespoir climatique. 7 conseils de thérapeutes pour être moins accablé.

Environ deux tiers des Américains se disent inquiets du réchauffement climatique, selon un rapport du Yale Program for Climate Communication. Un Américain sur dix déclare s’être récemment senti déprimé en raison de ses préoccupations pour la planète, et un pourcentage similaire décrit être à bout ou incapable d’arrêter de s’inquiéter. De plus en plus de gens ont besoin d’aide pour gérer le désespoir climatique.
Certains entament une thérapie pour déterminer s’ils devraient avoir des enfants à l’ère du changement climatique rapide. D’autres gèrent un trouble de stress post-traumatique lié à des catastrophes naturelles ou sont épuisés par leur travail de sensibilisation.
Comment démêler ce que l’on ressent à ce sujet ? Dans cet article, des thérapeutes sensibilisés au climat partagent leurs stratégies d’adaptation les plus efficaces pour passer de l’accablement à l’action.
Quelles sont les 7 stratégies possibles pour gérer le désespoir climatique ?
En parler
Le changement climatique subit un traitement similaire à la religion et à la politique : les gens évitent d’en parler. Or, il est important de savoir que d’autres personnes ressentent la même chose.
Rejoindre des espaces de discussion, en ligne et en personne, pour parler librement de ses peurs et des autres sentiments liés au changement climatique. Participer à un groupe de soutien qui aide les gens à gérer tout type de deuil, y compris celui pour la planète.
Utiliser ses connexions
La recherche suggère que plus quelqu’un se sent seul et socialement isolé, plus son niveau de détresse climatique est élevé.
Faire partie d’un groupe peut améliorer le moral : participer aux efforts locaux de restauration des terres, s’impliquer dans le jardinage communautaire ou dans une journée de nettoyage d’un espace naturel.
Une grande partie des messages reçus sont individualisés (comme arrêtez de conduire autant). Ces actions sont louables, mais il s’agit d’une situation collective, et c’est dans les réponses collectives que nous avons du pouvoir. On accomplit plus avec les autres que seul(e).
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En cas de difficulté à trouver une communauté partageant les mêmes idées, réfléchir où l’on est déjà impliqué. Une personne qui travaille dans le domaine médical, par exemple, peut demander à ses collègues s’ils veulent aider à lancer une initiative pour la réduction des déchets, ou si le service pourrait superviser un nouveau jardin sur le toit. On a tout une certaine influence et on fait partie de groupes. Si chacun s’engageait dans les cercles où il/elle est déjà actif(ve), cela serait une belle avancée.
Analyser son empreinte carbone
Certaines personnes font face à la détresse climatique en se distanciant du problème : elles l’ignorent, espérant qu’il va disparaitre par magie.
Il est plus efficace de prendre l’énergie de toutes ces émotions pour les rediriger vers une action constructive et cela commence par l’analyse de sa propre empreinte carbone.
Des calculateurs en ligne peuvent aider à déterminer la quantité totale de gaz à effet de serre générée par ses actions. Il peut également être utile de faire l’inventaire de ses habitudes : peut-on marcher ou faire du vélo au lieu de conduire pour se rendre au travail ? Pourquoi ne pas prendre le train plutôt que l’avion pour diminuer ses émissions de CO2.
Il faut être honnête avec soi-même pour comprendre à la fois les opportunités et les défis.
Partager ses opinions
Ce n’est pas le moment d’être humble. Tout le monde autour de soi doit savoir ce que l’on fait pour lutter contre le changement climatique.
Ce n’est pas être indépendant qui motive les gens, c’est de suivre une foule. Quelqu’un pourrait ne pas faire de choix écologiques dans l’intérêt des générations futures, mais le fera si tout le monde le fait. Alors, poster sur ses réseaux sociaux un travail de sensibilisation ou les arbres plantés ou le raconter à des personnes lors d’une fête est utile.
Si les personnes autour de soi ne semblent pas accorder autant de priorité à l’environnement, il est préférable de prêcher par l’exemple plutôt que d’essayer de les faire changer d’avis. Cultiver ses fruits et légumes et les partager avec des voisins, par exemple, même ceux qui ne se soucient pas de réduire leur empreinte carbone avec une alimentation durable. S’ils posent des questions sur le jardin et les cultures, leur expliquer comment commencer.
Se mettre en colère contre les gens ne sert à rien, il est plus judicieux de maintenir le dialogue ouvert. Faire de personnes qui pourraient être nos alliés des ennemis est une erreur.
En faire une affaire de famille
Certaines recherches suggèrent que le changement climatique affecte particulièrement la santé mentale des jeunes.
Si les enfants partagent des préoccupations, il faut les écouter et les valider. Ensuite, faire preuve d’imagination sur la manière dont toute la famille peut agir ensemble.
Si les enfants sont jeunes, ne pas parler des points de basculement climatique mais de planter un jardin, nettoyer un parc, montrer à la Terre que la famille se soucie d’elle.
Les collégiens aiment faire des choses avec leurs pairs : s’unir pour collecter des fonds afin d’installer des panneaux solaires dans leur établissement scolaire.
Les adolescents plus âgés pourraient aimer démarrer ou rejoindre des clubs climatiques. S’ils expriment le désir d’aller à une manifestation, demander s’ils aimeraient qu’on les accompagne ou si l’on peut les aider à s’y rendre.
Dans les réunions de famille, exprimer que les sentiments de chacun ont été pris au sérieux et exposer les choses qui pourraient être faites. Par exemple, ne pas prendre l’avion pour aller en vacances, louer une voiture hybride, camper et regarder les étoiles plus près de chez soi. Réfléchir ensemble à des activités ou à des changements qui aideront tout le monde à initier un changement volontaire.
Faire preuve de créativité artistique
Faire de l’art peut aider les gens à réguler et gérer leurs émotions (art-thérapie et éco-thérapie). Répéter des mouvements structurés fait entrer dans un état de fluidité apaisante. Essayer dans la nature en faisant des croquis devant l’océan ou sur un banc dans les bois, par exemple. Utiliser des couleurs, des formes et des lignes pour exprimer les ressentis à ce moment-là.
L’art, et plus encore l’art-thérapie, sont des moyens d’accéder à des pensées insoupçonnées. En étudiant son œuvre terminée et en essayant de comprendre sa signification, on peut acquérir une compréhension plus profonde de ses ressentis, commencer à distiller ses émotions et être capable de les communiquer avec d’autres personnes.
Savourer le temps passé dehors
Passer du temps dans des espaces verts est bénéfique pour le bien-être. Bien sûr, aller jusqu’à son lac préféré et le trouver fermé à cause d’algues toxiques causée par l’eau chaude peut être compliqué à vivre. Une randonnée dans les bois en plein hiver est agréable, mais la chaleur inhabituelle peut rendre nerveux.
L’amour et le chagrin sont les deux faces d’une même pièce. Il vaut la peine de dépasser les sentiments difficiles pour raviver la raison de se battre pour une cause essentielle et universelle.
Sources :
Nature : éco-anxiété chez les jeunes
MDPI : éco-anxiété, solitude et isolement social perçu