Crise cardiaque, AVC: le froid fait courir un risque mortel

Notre corps a d’incroyables capacités d’adaptation physiologique à des variations externes, mais notre mode de vie contemporain le pousse à ses limites, en réduisant la marge de sécurité dont l’évolution l’a doté. Durant la saison froide de l’hiver la hausse de crises cardiaques et des AVC témoigne du risque que l’on court à ne pas prendre soin de sa santé tout au long de l’année.

Notre corps possède une formidable capacité de s’adapter très rapidement aux écarts de température, quand on revient par exemple d’une destination au soleil durant la période froide de l’année, on peut facilement passer de 30 oC à -10oC en quelques heures à peine, sans que ce brusque changement de température provoque trop d’inconfort physique.

Cette adaptation s’effectue de façon tout à fait automatique: le corps exposé au froid va immédiatement chercher à réduire sa perte de chaleur en resserrant les petites artères situées juste sous la peau, un phénomène appelé vasoconstriction. Le sang est alors moins exposé au froid, ce qui rend la peau pâle et froide, mais ce mécanisme permet de minimiser les pertes de chaleur et de maintenir la température centrale constante pour que les organes internes fonctionnent normalement. Mains froides peut-être, mais coeur chaud.

Des maladies de coeur en hiver pas uniquement liées au froid

Malgré l’efficacité de ce thermostat interne, le froid peut s’avérer mortel pour les personnes qui sont à risques de maladies du cœur.

Plusieurs études épidémiologiques ont en effet montré que les infarctus du myocarde ou les accidents vasculaires cérébraux (AVC) sont plus fréquents au cours des saisons froides. Ces événements cardiaques sont particulièrement bien documentés lors d’efforts physiques intenses effectués par temps froid, comme pelleter de la neige lourde, car la brusque élévation de la tension artérielle et l’accélération du rythme cardiaque peuvent alors provoquer la rupture de plaques d’athéromes présentes sur la paroi des vaisseaux sanguins et ainsi bloquer l’arrivée d’oxygène au cœur ou au cerveau. Cependant, la plupart des infarctus ou AVC qui surviennent par temps froid ne sont pas des conséquences d’un effort physique violent et d’autres facteurs doivent forcément être en jeu pour expliquer cette hausse hivernale de maladies du cœur.

La graisse « brulée » se retrouve dans les artères et les bouche

Pour résoudre cette énigme, une équipe de chercheurs suédois et chinois s’est intéressée à l’impact potentiel du froid sur le métabolisme des lipides sanguins, les principaux responsables de la formation des plaques qui mènent aux infarctus ou aux AVC. En utilisant un système modèle qui reproduit le développement de ces plaques, ils ont tout d’abord observé que les niveaux de mauvais cholestérol (LDL et VLDL) étaient grandement augmentés lors de l’exposition au froid, ce qui se traduit par une accélération marquée du développement des plaques dans la paroi des vaisseaux sanguins.

Cette hausse de gras proviendrait des réserves de graisse brune: lorsqu’il est exposé au froid, ce tissu adipeux possède en effet la particularité de «brûler» la graisse pour générer de la chaleur. Ce phénomène est normalement considéré comme positif, dans la mesure où il contribue au maintien d’un poids normal, mais il semble qu’une portion des graisses qui sont relâchées lors de cette lipolyse sont captées par les vaisseaux sanguins et peuvent avec le temps obstruer la circulation du sang.

Hygiène de vie et vêtements chauds

Les personnes qui ont un historique de maladies du cœur ou dont le mode de vie prédispose à ces maladies (sédentarité, tabagisme, diabète, embonpoint, taux élevés de cholestérol sanguin) sont donc particulièrement à risque d’infarctus et d’AVC au cours des saisons froides. Pour ces personnes, une protection adéquate contre le froid, combinée à l’adoption d’un mode de vie sain (alimentation, exercice physique régulier et maintien d’un poids santé) représente donc le meilleur moyen de diminuer significativement le risque de ces maladies.

Source

Dong M et coll. Cold exposure promotes atherosclerotic plaque growth and instability via UCP1-dependent lipolysis. Cell Metab.  18:118-29.

 

 

Marie Desange est journaliste santé, passionnée tant par les dernières recherches en scientifiques en nutrition, neurosciences et bien être que par les nouvelles approches de santé qui ne sont pas encore passées par le filtre des études scientifiques, mais qui marchent.Ostéopathie, chiropractie, acupuncture, neuro-feedback, méditation, aromathérapie, homéopathie, médecine chinoise ou Indienne (Ayurveda), shiastu, soins énergétiques, techniques corporelles ou thérapies psychologiques, toutes ces disciplines méritent d’être mises en avant pour que les lecteurs puissent être bien informés et faire leur choix sur ce qui peut les aider.De plus, la pratique journalistique lui permet de rencontrer toujours plus d’acteurs de ces nouvelles approches et de sélectionner ceux qui ont une particularité et une réelle maîtrise de ce qu’ils proposent. Les soins complémentaires et les nouvelles approches de santé doivent être rigoureux et sans danger pour les personnes qui se tournent vers elles. Avec le temps et l’expérience, Marie sait sélectionner ce qui peut apporter, selon les cas, de vrais bénéfices pour le mieux être des personnes qui le recherchent. `Journaliste pour le journal on-line pressesante.com, Marie a encore plein de supers sujets sous le coude à vous proposer, que vous ne lirez pas ailleurs.