Athlètes d’endurance masculins après 50 ans: un risque cardiaque à connaître
Chez des athlètes d’endurance masculins de plus de 50 ans, l’effort peut parfois déclencher un trouble du rythme, si une cicatrice dans le cœur est déjà là

Courir, rouler, s’entraîner, ça fait du bien. Pour la plupart des gens, le sport protège le cœur. Mais chez certains profils, le risque n’est pas celui qu’on imagine.
Un fait frappe: la grande majorité des morts subites pendant le sport touche des hommes plus âgés. Ce constat ne veut pas dire qu’il faut arrêter. Il invite à mieux repérer une situation précise.
Chez des athlètes d’endurance masculins de plus de 50 ans, l’effort peut parfois déclencher un trouble du rythme, si une cicatrice dans le cœur est déjà là. Le point important est simple: l’exercice n’est pas “le problème”, il peut devenir le déclencheur chez ceux qui ont un terrain à risque.
Ce que l’étude récente a vraiment observé chez des sportifs très entraînés
Une équipe de l’Université de Leeds (étude financée par la British Heart Foundation, publiée en 2025) a suivi des hommes qui semblaient en bonne santé. Ils avaient plus de 50 ans, et faisaient de l’endurance (course ou vélo). Leur routine était lourde: plus de 10 heures par semaine, depuis au moins 15 ans.
Les chercheurs n’ont pas seulement posé des questions. Ils ont mesuré. D’un côté, les séances ont été suivies avec des objets du quotidien, montres connectées et ceintures cardio, pour enregistrer durée et intensité. De l’autre, le rythme cardiaque a été capté sur le long terme avec un petit appareil placé sous la peau (un enregistreur en boucle).
Le résultat le plus parlant tient en deux idées. D’abord, environ un participant sur quatre a présenté une tachycardie ventriculaire pendant l’effort, ou juste après. Ensuite, chez ceux qui ont eu ces épisodes, la cicatrice du muscle cardiaque était très fréquente (environ trois quarts). Autre point clé, les athlètes concernés ne s’entraînaient pas plus, et pas plus dur, que les autres.
Tachycardie ventriculaire, de quoi parle-t-on en mots simples
La tachycardie ventriculaire est un rythme très rapide qui part des ventricules (les “pompes” du bas du cœur). Quand tout va bien, le cœur bat vite à l’effort, mais de façon ordonnée. Ici, l’accélération est anormale, et peut réduire l’efficacité de la pompe.
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Il existe des formes courtes (dites non soutenues). Elles durent peu, et sont souvent moins graves sur le moment. Elles peuvent quand même servir de signal d’alerte, un peu comme un voyant qui s’allume sans panne immédiate.
Il existe aussi des formes prolongées (soutenues), plus dangereuses. Dans l’étude, trois épisodes soutenus ont été observés. Ils sont survenus pendant l’exercice, et uniquement chez des sportifs avec cicatrice cardiaque.
Pourquoi les données des montres et capteurs changent la donne
Quand on demande “combien t’entraînes-tu ?”, la réponse est souvent approximative. On oublie une sortie, on arrondit, on mélange semaines fortes et semaines calmes. Les capteurs, eux, enregistrent séance par séance. Ils donnent une image réelle du volume et de l’intensité.
Ce croisement, effort mesuré d’un côté, rythme cardiaque enregistré de l’autre, permet de dater l’épisode. Il devient possible de dire: “ça arrive pendant”, ou “juste après”.
Sur le plan pratique, ces outils peuvent aussi servir d’alarme. Un pic soudain et inhabituel de fréquence cardiaque, surtout avec malaise, doit pousser à ralentir. Si la sensation ne passe pas, il faut demander un avis médical.
Le vrai facteur de risque, la cicatrice dans le cœur, pas l’entraînement en soi
Le message central est rassurant, mais exigeant. L’exercice reste bénéfique, et il sauve des vies. Ce travail suggère autre chose: chez certains hommes très entraînés, l’effort peut devenir le déclencheur d’un trouble du rythme, si une cicatrice est déjà présente.
Une cicatrice du cœur (on parle aussi de fibrose) est une zone du muscle cardiaque qui a été abîmée, puis “réparée” par un tissu moins souple. Cette zone n’a pas la même capacité de contraction, et surtout pas la même conduction électrique.
D’où vient cette cicatrice ? Plusieurs causes existent. Un ancien infarctus peut passer inaperçu, ou être minimisé. Certaines maladies du cœur peuvent aussi laisser des traces. Enfin, chez une partie des sportifs d’endurance, des années d’efforts très intenses pourraient contribuer, sans que cela arrive chez tout le monde.
Le point sensible est là: beaucoup ne savent pas qu’ils ont cette cicatrice. Dans l’étude, les chercheurs l’ont repérée parce qu’ils cherchaient, avec des examens adaptés. Sans bilan, elle reste silencieuse.
Comment une cicatrice peut perturber l’électricité du cœur
Le cœur fonctionne comme un réseau électrique bien réglé. Le signal part, se propage, puis s’éteint, et recommence. Dans une zone cicatricielle, le courant passe moins bien, ou plus lentement.
On peut imaginer une route avec un rétrécissement. Les voitures ralentissent, se doublent mal, puis créent un bouchon. Dans le cœur, ce “bouchon” peut favoriser des boucles électriques. Ces boucles entretiennent une accélération anormale, et le rythme s’emballe.
Le risque devient plus marqué pendant l’effort, ou juste après. Le cœur bat plus vite, l’adrénaline monte, le système est sous tension. Chez une personne déjà à risque, ce contexte peut suffire à déclencher l’épisode.
Pourquoi beaucoup d’athlètes ne voient rien venir
On peut se sentir très en forme, et avoir une cicatrice silencieuse. L’endurance masque parfois les signaux. On récupère vite, on se dit que “ça va passer”.
Certains signes sont vagues. Une fatigue inhabituelle, un souffle étrange, des palpitations brèves, un jour “sans”. Chez un athlète, ces sensations sont faciles à banaliser.
C’est aussi pour ça que les bilans ont une place à part après 50 ans, quand l’entraînement est intense et ancien. On ne cherche pas un problème, on vérifie qu’il n’y en a pas.
Réduire le risque sans arrêter le sport, quoi surveiller et quand consulter
Un homme de plus de 50 ans qui fait beaucoup de course ou de vélo n’a pas à vivre dans l’inquiétude. Il a intérêt à être régulier sur un point: le suivi. Un bilan de santé du cœur, discuté avec un médecin du sport ou un cardiologue, aide à mieux classer le risque.
L’idée n’est pas de “casser” l’entraînement. Il s’agit d’ajuster quand il y a un signal. Si un symptôme apparaît, on réduit l’intensité, on s’arrête si besoin, et on note le contexte. Le cardiofréquencemètre peut aider, mais il ne pose pas un diagnostic.
Ce texte ne remplace pas une consultation. Il donne des repères simples, pour décider plus vite quand il faut demander un avis.
Les signes à ne pas banaliser pendant l’effort ou juste après
Une douleur ou une pression dans la poitrine doit alerter. Un malaise, des vertiges, une gêne respiratoire inhabituelle aussi. Les palpitations, surtout si elles s’accompagnent d’un “coup de faiblesse”, méritent d’être prises au sérieux.
Un autre signal est très parlant chez les sportifs équipés: une sensation de cœur qui s’emballe, avec un pic net sur le cardio, sans raison claire (pas de sprint, pas de côte). Dans ce cas, on ralentit, on s’arrête si nécessaire, et on évite de “finir la séance coûte que coûte”.
Si les symptômes persistent, il faut demander de l’aide. Si ça revient, même si ça passe vite, il faut consulter rapidement.
Quels contrôles discuter avec un médecin du sport ou un cardiologue
Le point de départ est souvent un ECG au repos, puis un test d’effort selon le profil. Une échographie peut être proposée pour vérifier la structure et la fonction du cœur. Selon les antécédents et les signes, le médecin peut aussi discuter une imagerie plus poussée, comme une IRM, qui peut aider à repérer une cicatrice.
Chez certains athlètes, un suivi du rythme sur une période longue est utile. Les montres et capteurs donnent des indices, mais ils restent des outils de suivi. Un tracé médical garde une autre valeur.
Après 50 ans, avec beaucoup d’endurance et des années d’entraînement, la régularité des contrôles devient un réflexe de sécurité, au même titre que l’équipement ou la nutrition.
A retenir
Le sport reste un allié du cœur, même après 50 ans. Mais chez des athlètes d’endurance masculins très entraînés, le risque n’est pas lié à “trop d’entraînement” en soi. Il semble surtout lié à la présence d’une cicatrice cardiaque, qui peut favoriser des troubles du rythme pendant l’effort ou juste après.
Écoutez vos signaux, regardez votre cardio comme une alerte, pas comme un juge. Et planifiez un bilan régulier, pour continuer longtemps, avec confiance.