Augmentation des cas de dengue : le changement climatique mis en cause
le changement climatique pourrait provoquer une augmentation de 40 à 60 % de la dengue d’ici 2050, jusqu’à 150 à 200 % dans certaines régions.

Dengue et climat sont désormais étroitement liés, avec des répercussions directes sur la santé publique. Une infection du virus de la dengue sur cinq peut être liée au changement climatique, selon une nouvelle étude, et la progression future de ce virus transmis par les moustiques apparaît inévitable si les températures poursuivent leur hausse. Le réchauffement crée des conditions favorables à la reproduction des moustiques vecteurs et à la multiplication virale, ce qui élargit les zones de transmission bien au delà des régions tropicales.
Quelle est l’ampleur du risque du virus de la dengue ?
Un risque en nette expansion, environ 19 % des cas actuels de dengue peuvent être liés au changement climatique. La zone de transmission par les moustiques s’est élargie partout dans le monde, portée par des températures plus douces, des épisodes de pluies intenses et des habitats urbains propices aux gîtes larvaires. Plus grave, le changement climatique pourrait provoquer une augmentation de 40 à 60 % de la maladie d’ici 2050, jusqu’à 150 à 200 % dans certaines régions. Erin Mordecai, chercheuse en maladies infectieuses à l’université de Stanford, estime que les infections vont probablement augmenter aux États Unis car les températures deviennent optimales pour la transmission, même s’il reste difficile d’anticiper précisément l’ampleur de l’impact mondial.
Un point chaud de température, avec la hausse des températures, les moustiques qui transportent la dengue produisent progressivement plus de virus. Des tests de laboratoire indiquent que 20 à 28 degrés Celsius suffisent pour accélérer le cycle viral et la compétence vectorielle. Une fois ce point chaud atteint, les régions concernées voient leur risque de contamination augmenter sensiblement. Au total, au moins 257 millions de personnes vivent aujourd’hui dans des endroits où le réchauffement pourrait provoquer un doublement des cas au cours des 25 prochaines années, selon les chercheurs, ce qui impose de renforcer la surveillance et la prévention.
Quels sont les symptômes les plus courants ?
Un tableau clinique variable, les symptômes les plus fréquents sont la fièvre, les douleurs, les nausées, les vomissements et les éruptions cutanées. Les formes graves provoquent des douleurs articulaires intenses qui ont valu à la maladie le nom de fièvre de la dengue, avec un risque de complications hémorragiques et de choc. Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique. La prise en charge repose sur le repos, une hydratation abondante ainsi que des antalgiques et antipyrétiques pour soulager la douleur et la fièvre. Un vaccin est disponible aux États Unis pour les enfants de 9 à 16 ans déjà infectés et vivant dans des zones où la dengue est courante.
Quels sont les enseignements de la dernière étude ?
Des données concordantes, les chercheurs ont analysé des séries de cas de dengue et les variations climatiques dans 21 pays d’Asie, d’Amérique du Nord et d’Amérique du Sud. Les pays d’Amérique ont signalé près de 12 millions de cas en 2024, contre 4,6 millions en 2023, ce qui illustre une accélération sans précédent. En parallèle, la Californie et la Floride ont rapporté des infections locales, signe que la transmission ne se limite plus aux zones tropicales. Dans un communiqué de Stanford, Erin Mordecai alerte que le changement climatique est déjà une menace majeure pour la santé humaine et que l’impact sur la dengue pourrait s’amplifier rapidement. Des réductions drastiques des émissions de gaz à effet de serre pourraient ramener la hausse attendue d’environ 60 % d’ici 2050 vers 40 %, mais cela suppose des actions rapides et coordonnées.
Pourquoi les perspectives sont-elles si alarmantes ?
Des projections défavorables, même dans les scénarios optimistes, 17 des 21 pays étudiés devraient connaître une augmentation des cas liée au climat. Les régions où la dengue est déjà endémique, notamment certaines zones du Pérou, du Mexique, de la Bolivie et du Brésil, pourraient enregistrer les plus fortes hausses, de l’ordre de 150 à 200 % dans les prochaines décennies. Le risque mondial est probablement sous estimé car de nombreux territoires susceptibles d’être touchés, comme l’Afrique subsaharienne ou l’Asie du Sud, ne suivent pas systématiquement les infections. Les impacts futurs restent également difficiles à quantifier dans le sud des États Unis, où la dengue apparaît désormais comme une menace locale. Ces résultats demeurent préliminaires tant qu’ils n’ont pas été publiés dans une revue à comité de lecture, mais leur présentation lors d’un congrès médical fin 2024 souligne l’urgence d’agir.
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