Aspirine à faible dose en protection contre le cancer après 70 ans? Cette étude répond
Cette étude à long terme chez des seniors ne montre pas de baisse du risque global de cancer avec 100 mg d’aspirine par jour.

Beaucoup de gens ont entendu cette idée simple. Une petite aspirine chaque jour, et le risque de cancer baisse. C’est une image rassurante, comme un petit bouclier dans une boîte à pharmacie.
Une grande étude de suivi chez des seniors raconte une autre histoire. Chez des personnes de plus de 70 ans, l’aspirine faible dose n’a pas réduit le nombre total de nouveaux cancers. Et pendant la période où les participants prenaient l’aspirine, les décès liés au cancer ont été plus élevés.
Ce message ne doit pas effrayer. L’aspirine reste utile pour certaines maladies du cœur, quand un médecin la prescrit. Le point clé est autre, commencer l’aspirine tard dans la vie, juste pour prévenir le cancer, ne repose pas sur ces données.
Ce que l’étude à long terme a vraiment observé chez les plus de 70 ans
Les résultats viennent du projet ASPREE, un grand essai randomisé mené en Australie et aux États-Unis. Les chercheurs ont recruté plus de 19 000 adultes âgés, vivant à domicile, sans cancer au départ. Les participants ont été tirés au sort pour prendre soit 100 mg d’aspirine par jour, soit un placebo.
La force de ce travail tient au suivi. Les participants ont été observés pendant une durée médiane d’environ 8,6 ans, en combinant la phase d’essai et un suivi prolongé appelé ASPREE-XT. Sur cette période, les équipes ont compté des milliers d’événements, avec 3 448 nouveaux diagnostics de cancer et 1 173 décès liés au cancer.
Le résultat principal est simple. La prise quotidienne de 100 mg d’aspirine n’a pas été associée à une baisse du risque global de cancer, par rapport au placebo. Autrement dit, si l’on regarde tous les cancers ensemble, le « total » ne bouge pas.
Les chercheurs ont aussi regardé la période après l’arrêt de l’essai, pour voir si l’aspirine laissait une trace durable. Cette analyse a inclus près de 15 000 personnes qui étaient sans cancer à la fin de l’essai et qui ont continué le suivi dans ASPREE-XT. Après l’arrêt, le risque ne semblait pas rester augmenté, ce qui va contre l’idée d’un effet à long terme défavorable.
Les auteurs veulent poursuivre l’observation jusqu’à environ 15 ans. Certains travaux antérieurs n’ont vu des liens qu’après 10 ans ou plus. Mais, avec ce que l’on sait en février 2026, l’aspirine ne ressemble pas à une stratégie de prévention du cancer, quand on la commence vers 74 ans.
Pas moins de cancers au total, même avec une prise quotidienne
Quand on parle de « baisse du risque », on parle souvent de l’incidence, le nombre de nouveaux cancers qui apparaissent. Dans ASPREE et son suivi, ce nombre n’a pas diminué dans le groupe aspirine.
C’est un point important pour les lecteurs. On peut prendre un médicament tous les jours, sans voir d’effet sur un résultat large comme le cancer, surtout quand les cancers sont très différents entre eux. Ici, malgré des milliers de diagnostics enregistrés, l’aspirine n’a pas montré de protection globale.
Un détail attire l’œil, une baisse de cas de mélanome a été observée chez les utilisateurs d’aspirine. Les auteurs restent prudents, car le nombre d’événements était faible, et un signal isolé peut tenir au hasard. D’autres études sur le mélanome ont aussi donné des résultats mixtes.
Pendant l’essai, le risque de décès par cancer était plus élevé
Le point le plus sensible concerne la mortalité. Pendant la période où les participants prenaient le comprimé de l’essai, les personnes assignées à l’aspirine ont eu environ 15 % de décès liés au cancer en plus, par rapport au placebo.
Cette hausse a surtout été vue pendant la prise active. En fin de phase d’essai, les analyses ont aussi rapporté plus de cancers à un stade avancé dans le groupe aspirine, ce qui peut aider à comprendre l’écart de décès. Après l’arrêt, le signal ne semblait pas persister de la même façon.
Il faut rester factuel. L’étude ne dit pas que l’aspirine « donne » un cancer. Elle dit que, dans ce groupe d’âge, la prise quotidienne n’a pas réduit les cancers, et qu’elle s’est accompagnée d’un excès de décès par cancer pendant l’essai. C’est déjà suffisant pour remettre en cause l’idée d’une aspirine « préventive » après 70 ans.
Pourquoi l’âge au début du traitement pourrait changer l’effet de l’aspirine
Pourquoi une même molécule pourrait aider à 50 ans, puis ne plus aider à 75 ans. La question revient souvent, et elle est légitime. Le corps n’est pas un appareil figé. Il change, il réagit autrement, et les maladies aussi.
Des travaux plus anciens ont parfois associé l’aspirine à un risque plus faible de certains cancers, surtout le cancer colorectal. Mais ces études portaient souvent sur des adultes plus jeunes, ou sur des personnes à risque très élevé. Et un autre détail compte, l’effet éventuel peut prendre beaucoup de temps à apparaître.
Dans ASPREE, l’aspirine a été commencée tard, avec un âge médian autour de 74 ans. Les chercheurs soulignent que l’âge au début de la prise pourrait être un facteur clé. Ils avancent aussi des pistes liées au vieillissement, comme des changements du système immunitaire, une inflammation de fond plus fréquente, et des différences dans la biologie des tumeurs.
Ces pistes n’expliquent pas tout. Le mécanisme exact de l’aspirine en cancérologie reste incomplet. Mais elles rappellent une idée simple, un traitement peut avoir un profil différent selon l’âge.
Chez les plus jeunes, les bénéfices peuvent mettre plus de 10 ans à apparaître
Pour certains cancers, on parle d’histoires longues. Les cellules changent sur des années. Les études qui suggèrent un effet protecteur de l’aspirine rapportent souvent des suivis très longs, parfois au-delà de 10 ans.
Cela ne veut pas dire que « plus on attend, plus ça marche ». Cela veut dire qu’un effet, s’il existe, peut demander du temps et dépendre du moment où l’on commence. Un comprimé pris à 45 ans ne raconte pas la même histoire qu’un comprimé commencé à 74 ans.
Il y a aussi le contexte des personnes à très haut risque, comme celles avec un syndrome de Lynch, une situation héréditaire qui augmente le risque de cancers digestifs. Ce sont des cas particuliers, qui demandent un avis médical spécialisé. Ils ne doivent pas guider les choix de la majorité des seniors en bonne santé.
Avec l’âge, le corps change, et la réponse aux médicaments aussi
Avec l’âge, les défenses du corps deviennent moins vives. Les cellules qui repèrent et contrôlent des cellules anormales peuvent être moins efficaces. En parallèle, beaucoup de personnes âgées vivent avec une inflammation légère mais durable, sans symptôme clair.
Dans ce contexte, un même médicament anti-inflammatoire peut ne pas produire le même effet. Il peut même interagir autrement avec la façon dont une tumeur se développe. Les chercheurs évoquent cette idée, le vieillissement du système immunitaire, et cette inflammation de fond, pourraient réduire un effet anti-cancer attendu chez des seniors.
L’étude a aussi observé des signaux dans des cancers rares. Par exemple, des hausses pour des cancers du cerveau et des décès par cancers rares ont été rapportées, mais sur de petits nombres. Dans ce cas, la prudence est de mise, car de petits chiffres peuvent donner de grands écarts.
Ce que cela veut dire pour vous, faut-il commencer ou arrêter l’aspirine
Si vous avez plus de 70 ans et que vous pensez commencer une aspirine « pour éviter le cancer », ces données ne vont pas dans ce sens. L’étude suggère clairement que démarrer 100 mg par jour à cet âge ne réduit pas le risque global de cancer, et que la période de prise a été associée à plus de décès par cancer.
Cela ne change pas le rôle de l’aspirine en cardio, quand elle est indiquée. Pour certaines personnes, elle réduit le risque de caillot, après un infarctus ou un AVC, par exemple. La décision dépend du profil, et surtout du risque de saignement, un effet bien connu de l’aspirine.
Il existe aussi des avis de santé publique qui vont dans le même sens pour la prévention du cancer chez les plus âgés. En Australie, le Cancer Council ne recommande pas l’aspirine faible dose pour réduire le risque de cancer colorectal après 70 ans. Entre 60 et 69 ans, la décision en prévention primaire se discute avec un médecin, au cas par cas.
Si vous prenez déjà de l’aspirine pour le cœur, ne changez rien seul
Une règle simple s’applique, ne modifiez pas un traitement prescrit sans avis médical. Arrêter d’un coup peut exposer à un risque vasculaire, selon votre histoire et votre raison de prise.
Une discussion courte avec votre médecin suffit souvent. Pourquoi je la prends, ai-je eu un événement cardio, quel est mon risque de saignement, est-ce encore adapté à mon âge, y a-t-il une autre option. Ces questions cadrent la décision, sans panique et sans automatisme.
Si l’aspirine a été proposée « juste au cas où », il est raisonnable de reposer la question. La prévention n’est pas un réflexe unique. C’est un équilibre entre bénéfices attendus et risques possibles.
Les meilleures actions prouvées pour réduire le risque de cancer après 60 ans
Quand une piste déçoit, on peut revenir aux bases, celles qui marchent. Le dépistage, quand il est adapté à l’âge et à la santé, reste un outil solide, comme pour le côlon, le sein, le col de l’utérus selon les cas, et la peau si vous avez un risque élevé de mélanome.
Les gestes du quotidien comptent aussi. Ne pas fumer, limiter l’alcool, bouger souvent, garder un poids stable, se protéger du soleil, suivre les vaccins recommandés selon votre situation. Ces actions n’ont rien de magique, mais elles ont un effet réel, sans exposer aux risques d’un médicament pris sans indication.
Conclusion
Cette étude à long terme chez des seniors ne montre pas de baisse du risque global de cancer avec 100 mg d’aspirine par jour. Elle signale aussi plus de décès liés au cancer pendant la période de prise, sans effet durable clair après l’arrêt. La conclusion pratique est nette, n’utilisez pas l’aspirine faible dose comme outil de prévention du cancer après 70 ans. Si vous en prenez pour le cœur, ne changez rien sans votre médecin, et misez d’abord sur le dépistage et des habitudes simples, celles qui tiennent sur la durée.
Cet article a été élaboré avec le soutien d’un outil d’intelligence artificielle. Il a ensuite fait l’objet d’une révision approfondie par un journaliste professionnel et un rédacteur en chef, assurant ainsi son exactitude, sa pertinence et sa conformité aux standards éditoriaux.
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