Santé

Syndrome de l’intestin qui fuit : en savoir plus

Le syndrome de l'intestin qui fuit, ou hyperperméabilité intestinale, décrit des parois intestinales endommagées, enflammées et irritées.

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Quand la plupart des organes internes sont protégés du monde extérieur, le tube digestif entre chaque jour en contact de l’intérieur avec des éléments provenant de l’extérieur. Les intestins opèrent le travail d’extraction des nutriments et de l’énergie nécessaire au fonctionnement du corps.

Ce système fonctionne généralement très bien, mais chez certaines personnes, il peut présenter des fuites, comme n’importe quel système de plomberie. Les minuscules fuites peuvent devenir un problème persistant et un syndrome de l’intestin qui fuit. Ce terme très visuel, qui parle aux patients, n’est pas un véritable diagnostic médical.

Appelé également perméabilité intestinale accrue ou amplifiée, la paroi des intestins devient enflammée, endommagée ou irritée : les toxines microbiennes et les particules alimentaires non digérées passent dans la circulation sanguine. Car les jonctions serrées entre les cellules qui tapissent les intestins, appelées entérocytes, s’affaiblissent et deviennent plus perméables. Des particules alimentaires non digérées et les enzymes produits par le corps pour décomposer et absorber les nutriments des aliments se retrouvent à l’extérieur de l’intestin, où elles n’ont pas leur place.

Les cellules qui tapissent l’intérieur de l’intestin sont actives : elles se desquament et sont remplacées tous les quatre à sept jours.  Ce renouvellement constant est une opportunité de formation de “trous” dans la barrière intestinale qui n’est pas impénétrable. Une certaine perméabilité est nécessaire pour que le corps fonctionne mais cela peut aussi occasionner des problèmes.

Quels sont les symptômes de l’intestin qui fuit ?

Il s’agit le plus souvent de ballonnements, nausées et crampes, mais aussi des maux de tête, d’éruptions cutanées, de fatigue, de douleurs articulaires et des troubles de l’humeur.

Des infections et une inflammation généralisée peuvent augmenter le risque de certains troubles auto-immuns.

De plus, ce syndrome peut avoir des implications pour la nutrition : des vitamines et nutriments importants ne sont pas absorbés et les substances nocives qui traversent la paroi intestinale perturbent les hormones et le système immunitaire.

Les troubles de l’humeur comme l’anxiété, la dépression, mais aussi la fatigue chronique, un brouillard cérébral, de l’arthrite et des allergies peuvent accompagner une perméabilité intestinale. Dans certains cas, l’intestin qui fuit peut se manifester sans symptômes liés à l’intestin mais par des problèmes de peau, des parasites et des infections.

Des symptômes aussi larges rendent le diagnostic difficile : certaines personnes ont de la diarrhée ou de la constipation, des ballonnements abdominaux, ou se sentent fatiguées. Parfois, elles présentent des carences nutritionnelles, comme l’explique un spécialiste.

Tous ces symptômes se chevauchent avec d’autres affections et maladies gastro-intestinales. Il faut donc exclure d’autres pathologies telle que la maladie cœliaque, le côlon irritable ou la colite avant de poser un diagnostic d’intestin qui fuit.

Malheureusement, alors que la fonction de barrière de la paroi intestinale a été étudiée de manière approfondie, il n’existe pas encore de moyen précis pour diagnostiquer l’intestin poreux, même après des décennies de recherches.

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Un test non invasif parfois utilisé mesure le rapport entre le lactulose et le mannitol, un marqueur de la fonction de la muqueuse intestinale mais il est rarement pratiqué. Faire un bilan des carences nutritionnelles pourrait également être une bonne idée.

Qui peut souffrir d’un intestin qui fuit ?

N’importe qui peut développer une perméabilité intestinale accrue mais certaines personnes ont des caractéristiques génétiques qui peuvent les prédisposer.

Leur tube digestif est plus sensible. Par exemple, les personnes dont des parents au premier degré souffrent de maladies inflammatoires de l’intestin, de sensibilité au gluten, de maladie cœliaque, d’infections gastro-intestinales fréquentes ou du syndrome du côlon irritable peuvent courir un risque plus élevé de perméabilité intestinale accrue.

Cependant, la génétique n’est pas le facteur principal. La nourriture et le mode de vie sont probablement les principaux  moteurs du dysfonctionnement de la barrière intestinale.

Un régime alimentaire riche en graisses saturées, en sucre et en aliments transformés et faible en fibres est un facteur important de l’altération de la fonction intestinale. La consommation excessive d’alcool, le stress et un sommeil de mauvaise qualité perturbent également la composition délicate de l’intestin.

L’utilisation d’anti-inflammatoires non stéroïdiens, comme l’ibuprofène et le naproxène sodique, pourrait causer des dommages à la paroi intestinale et est impliquée dans la survenue de l’intestin qui fuit. Minimiser leur usage pourrait aider à guérir la barrière qui fuit.

Les personnes souffrant déjà d’un problème de tube digestif (symptômes du côlon irritable, maladie de Crohn, colite) sont plus susceptibles de développer l’intestin qui fuit. D’autres facteurs de risque sont les troubles auto-immuns, l’arthrite, le lupus et la maladie de Hashimoto, une maladie auto-immune affectant la glande thyroïde et les hormones régulatrices du métabolisme qu’elle produit.

La raison exacte de ce phénomène n’est pas complètement comprise, mais les bactéries normales qui résident dans l’intestin et qui aident à soutenir un système immunitaire sain, une bonne digestion et d’autres fonctions corporelles, ont tendance à être remplacées ou perdues, ce qui provoque une inflammation. L’inflammation conduit aux symptômes ou aux signes du syndrome de l’intestin qui fuit, car là où il y a inflammation, il y a  une perméabilité accrue.

Quelles sont les implications pour la santé de la perméabilité intestinale ?

Une perméabilité intestinale accrue a été lié à l’augmentation du risque de développer de l’arthrite, du lupus et du diabète mais plus de recherches sont nécessaires pour solidifier ces connexions.

Alors qu’un trouble auto-immun comme la maladie de Crohn peut élever le risque de développer le syndrome de l’intestin qui fuit, il semble que le risque aille dans les deux sens : l’intestin qui fuit peut également augmenter les risques d’être atteint par d’autres pathologies liées à la prolifération excessive d’agents pathogènes, comme le Candida (infections à levures), le H. pylori (un type de bactérie qui cause des maux d’estomac, des nausées et d’autres symptômes gastro-intestinaux)  et les parasites.

Les carences nutritionnelles prédisposent à divers problèmes de santé. Par exemple, si le corps n’absorbe pas assez d’iode, une hypothyroïdie. Et des palpitations cardiaques peuvent survenir chez les personnes ayant de faibles niveaux de vitamine B12.

Comment traiter le syndrome de l’intestin poreux ?

Il est conseillé d’apporter un certain nombre de changements à son mode de vie pour aider à soulager les symptômes et mieux gérer la maladie. Il n’existe pas de médicaments.

Un professionnel de médecine fonctionnelle peut guider les patients : le concept de la médecine fonctionnelle est de créer un équilibre au sein des systèmes corporels, à commencer par l’intestin. Un praticien en médecine fonctionnelle suivra généralement un cadre en 5 étapes pour la restauration intestinale :

  • retirer les éléments qui affectent négativement le tube digestif, comme les médicaments qui pourraient endommager les intestins, les aliments causant des allergies, les toxines et les facteurs de stress. Cela signifie moins ou pas d’aliments ultra-transformés ou d’excès de sucre,
  • remplacer par des aliments de meilleure qualité qui peuvent favoriser une bonne digestion. Un régime à base de plantes, riche en fibres, est un excellent point de départ. La diversité des plantes dans l’alimentation favorise grandement la bonne santé des intestins,
  • réensemencer l’intestin en aidant les bactéries bénéfiques à prospérer grâce à une consommation accrue d’aliments prébiotiques, probiotiques et postbiotiques. Les aliments fermentés, comme le kimchi et la choucroute, peuvent aider le microbiote intestinal à prospérer et à se diversifier,
  • réparer la paroi intestinale endommagée grâce à des aliments et des compléments alimentaires. Les compléments de vitamines et de minéraux (vitamine D, acides gras oméga-3, L-glutamine, l’aloès) peuvent appuyer les efforts du corps pour réparer la paroi intestinale,
  • rééquilibrer le mode de vie pour soutenir une meilleure santé. Le sommeil, l’exercice et la détente affectent le tube digestif. L’équilibre de tous ces facteurs est crucial pour la santé intestinale. Bien que rester physiquement actif soit une bonne idée pour la santé, les exercices d’endurance (course à pied, vélo ou boxe) peuvent augmenter le risque d’intestin qui fuit : l’exercice excessif et intense provoque un stress qui peut altérer le fonctionnement de la barrière intestinale. Rester actif, sans en faire trop.

Certains praticiens recommandent d’ajouter des compléments de probiotiques, mais les preuves de l’amélioration de la perméabilité intestinale grâce à eux sont rares et souvent mesurées uniquement sur des animaux. Plus de données et de recherches sont nécessaires.

Rester bien hydraté soutient la santé intestinale et le bien-être : boire chaque jour un minimum de 30 millilitres d’eau par kilogramme de poids corporel. Éviter les boissons alcoolisées (les sucres contenus dans l’alcool peuvent exacerber les symptômes de l’intestin qui fuit).

Dans certains cercles de médecine traditionnelle, le concept d’intestin qui fuit est controversé, parce qu’il n’existe pas de référence absolue pour le diagnostiquer. Il n’y a pas de preuves scientifiques documentées que des changements dans la fonction de la muqueuse intestinale entraîneront toujours des changements métaboliques et une meilleure santé.

En cas de soupçon d’intestin qui fuit, consulter un praticien qui peut aider à le gérer.

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