Dépendance au jeu : du divertissement au jeu compulsif
Lorsque les jeux d’argent commencent à nuire aux relations, épuiser les finances et affecter la santé mentale, comment reprendre le contrôle ?

Le trouble du jeu, également appelé jeu compulsif, est un schéma de dépendance persistant, malgré tous les problèmes créés dans la vie du joueur. Toutes les personnes qui jouent ne développent pas une dépendance au jeu et un comportement compulsif.
Il s’agit ici de toutes les activités où de l’argent et des objets de valeur sont pariés pour tenter de gagner bien plus en retour, comme le bingo, les jeux de casino, la loterie, les paris sportifs ou les machines à sous, etc.
Ce problème de santé mentale peut affecter les relations, les performances au travail ou à l’école, les finances, etc. Il modifie le fonctionnement du cerveau et peut se manifester par :
- une réaction de manque (en cas de sevrage),
- une tolérance (besoin d’augmenter la mise) et des envies impérieuses,
- une proximité avec d’autres dépendances, comme celle aux psychotropes.
L’Organisation mondiale de la santé estime que 1,2 % de la population mondiale est confrontée à ce trouble. Un médecin de santé mentale peut aider à le gérer.
Quels sont les symptômes et les causes de la dépendance au jeu ?
Il existe plusieurs signes du trouble du jeu qui peuvent apparaître et se manifester différemment chez chaque personne.
Signes du trouble du jeu
Un signe majeur du jeu problématique est lorsque les paris commencent à nuire aux aspects importants de la vie. Surveiller les comportements suivants :
- continuer à jouer même lorsque cela cause des problèmes majeurs,
- compter sur les autres pour avoir de l’argent afin de jouer ou de rembourser ses pertes,
- se sentir contrarié ou en colère au moment d’essayez d’arrêter,
- jouer quand on se sent triste, stressé ou contrarié (pour échapper à de mauvais sentiments),
- jouer pour regagner de l’argent déjà perdu et se refaire (la « chasse aux pertes »),
- cacher ou mentir à ses proches sur le montant de ses paris,
- avoir besoin de parier plus d’argent pour ressentir la même excitation,
- penser au jeu tout le temps,
- essayer de nombreuses fois de réduire ou d’arrêter, sans y parvenir.
Causes du jeu compulsif
C’est une condition complexe influencée par de multiples facteurs. La prédisposition génétique et les influences environnementales jouent un rôle important qui affecte directement le fonctionnement de votre cerveau
Normalement, le cerveau libère une substance chimique de « bien-être, la dopamine. Le jeu peut déclencher une libération de dopamine inhabituellement importante, provoquant d’abord une excitation et un plaisir intenses.
Au fil du temps, le cerveau s’ajuste et devient moins réactif. Pour obtenir le même niveau de plaisir et d’excitation, il faut jouer plus souvent ou des sommes d’argent plus importantes. Ce cycle peut entraîner une dépendance.
Quels sont les facteurs de risque de la dépendance au jeu ?
Même si l’âge légal pour jouer est de 18 ou 21 ans selon les pays, des personnes plus jeunes peuvent être concernées. Le risque est accru dans certaines situations :
- agir impulsivement et rechercher des sensations fortes,
- avoir faible revenu ou être au chômage,
- trouver difficile de prendre des décisions ou de contrôler ses actions,
- avoir eu vécu une enfance difficile,
- avoir un membre de sa famille biologique dépendant au jeu,
- vivre dans un endroit où il y a beaucoup d’opportunités de jeu.
Il est courant que le trouble du jeu soit accompagné d’autres problèmes de santé mentale :
- anxiété,
- impulsivité,
- troubles de l’humeur, comme la dépression,
- troubles de la personnalité,
- usage de drogues.
Quelles sont les complications de la dépendance au jeu ?
Le trouble du jeu peut nuire aux aspects financiers, relationnels, professionnels, légaux, personnels (risque de suicide ou de modification de la personnalité).
- problèmes de santé mentale, comme la dépression, l’anxiété ou même des idées suicidaires,
- difficulté d’argent,
- relations détériorées,
- nuisance au travail ou durant les études,
- infractions à la loi,
- troubles de la personnalité.
Les personnes atteintes de dépendance au jeu ont un risque accru de suicide. Dans ce cas, appeler le 3114 (numéro national français de prévention du suicide) pour avoir de l’aide. Quelqu’un est disponible pour écouter et conseiller 24 heures sur 24, sept jours sur sept.
Comment les médecins diagnostiquent-ils le jeu compulsif ?
Un médecin peut orienter vers un psychologue ou un conseiller en addictologie qui va utiliser une grille d’analyse pour statuer.
Ils posent des questions à la personne (et parfois à ses proches) sur ses habitudes de jeu afin de mieux comprendre comment et à quel point elle est affectée.
Aux USA, les médecins s’appuient sur les directives du manuel diagnostic et statistique des troubles mentaux de l’Association américaine de psychiatrie. Ce document aide les professionnels à établir un diagnostic. Il faut au moins présenter quatre signes au cours de l’année écoulée pour satisfaire aux critères.
Comment est traitée la dépendance au jeu ?
Pour arrêter de jouer, il faut d’abord en parler. Puis, la psychothérapie est le principal traitement.
Elle aide à :
- gérer les habitudes et les envies de jouer,
- faire face au stress de manière saine,
- réparer les relations détériorées,
- mieux gérer ses finances,
- traiter tout autre trouble de santé mentale.
La thérapie le plus courante est la thérapie cognitivo-comportementale. Elle permet de comprendre et à modifier les pensées et les habitudes qui mènent au jeu. Les autres options sont la thérapie de groupe ou familiale ou les groupes de soutien comme les Joueurs Anonymes.
Le médecin peut prescrire des médicaments pour aider à gérer les envies ou à ralentir les comportements de jeu, un traitement contre les problèmes de santé mentale (anxiété ou dépression). Mais il n’existe actuellement aucun médicament approuvé les institutions médicales spécifiquement pour le trouble du jeu lui-même.
Le rétablissement ne se fait pas du jour au lendemain. Il peut falloir du temps pour trouver l’approche appropriée. Des rechutes peuvent survenir. C’est normal et il ne faut pas se sentir mal à ce sujet. Lorsque cela se produit, contacter un réseau de soutien pour être aidé(e) à reprendre le bon chemin.
Quand consulter un médecin ?
Consulter dès que les habitudes de jeu ne sont plus un simple divertissement et prennent le dessus au quotidien.
Il peut être difficile ou effrayant de demander d’en parler, de demander de l’aide, mais le médecin est là pour soutenir et non juger. Son objectif est de mettre le patient suffisamment à l’aise pour lui permettre de s’en sortir le mieux possible.
Ne pas hésiter à consulter le site joueurs-infos-service.fr ou à appeler le 09 74 75 13 13 en France (ou par messagerie ou SMS).
À quoi s’attendre en cas de dépendance au jeu ?
Le rétablissement n’est ni facile ni rapide : il demande des efforts, de la patience et du soutien. Chercher de l’aide peut permettre de guérir plus rapidement et de reprendre le contrôle.
Toutes les personnes atteintes du trouble du jeu ne sont pas diagnostiquées ou traitées. La honte, la stigmatisation ou le sentiment de faiblesse peuvent empêcher de chercher de l’aide. Mais des traitements comme la thérapie, les groupes de soutien et parfois des médicaments, peuvent aider à chaque étape.
Les déclencheurs de l’envie de jouer peuvent être partout : jeux sur le téléphone, publicités sportives à la télévision. Il est impossible de tous les éviter mais on peut apprendre comment faire face à toutes ces tentations. Avec du temps, du soutien et les bons outils, on peut se sentir à nouveau soi-même.
Comment prévenir la dépendance au jeu ?
Limiter ou éviter le jeu, être conscient(e) de ses antécédents familiaux, gérer son stress :
- limiter ou éviter le jeu : jouer moins souvent, pendant des périodes plus courtes et avec moins d’argent. Dès que le jeu commence à prendre le dessus, en parler immédiatement à un médecin ou professionnel de la santé mentale,
- connaître ses antécédents familiaux : s’il y a des antécédents de dépendance, le risque augmente. Demander à un médecin comment s’en protéger,
- gérer le stress : pour faire face au stress, on peut être tenté de jouer. Trouver d’autres activités comme l’exercice, la méditation ou des passe-temps et, en cas de difficultés, consulter un professionnel de santé mentale.
Sources :
Autorité nationale des jeux : addiction au jeu d’argent
Medecinesciences.org : addiction aux jeux d’argent (apport des neurosciences)
Cet article a été élaboré avec le soutien d’un outil d’intelligence artificielle. Il a ensuite fait l’objet d’une révision approfondie par un journaliste professionnel et un rédacteur en chef, assurant ainsi son exactitude, sa pertinence et sa conformité aux standards éditoriaux.
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