
Il existe plusieurs types de neuropathie diabétique, les neuropathies périphérique et autonome sont les plus courantes. Selon le type, les symptômes peuvent provoquer des douleurs ou un engourdissement aux mains, pieds ou jambes, des troubles de tension artérielle, de la vessie et du système digestif ainsi que d’autres problèmes.
Jusqu’à 50 % des adultes atteints de diabète peuvent développer une neuropathie périphérique, risquant de provoquer de graves complications, allant jusqu’à l’amputation d’un orteil, d’un doigt ou d’un membre.
Quels sont les différents types de neuropathie diabétique ?
La neuropathie périphérique (affecte les extrémités du corps), la neuropathie autonome (le système nerveux autonome), la neuropathie proximale (un seul côté du corps), la neuropathie focale (un seul nerf).
Certaines personnes ne présentent qu’un seul de ces types, mais d’autres peuvent en avoir plusieurs :
- la neuropathie périphérique : le type le plus courant qui affecte les extrémités (orteils, pieds, doigts, mains), et parfois les jambes et les bras,
- la neuropathie autonome : elle touche les nerfs qui contrôlent les systèmes corporels, responsables du fonctionnement du corps, de la tension artérielle, de la transpiration et de la digestion,
- la neuropathie proximale : une forme rare de lésion nerveuse qui affecte la hanche, la cuisse ou les fesses et généralement un seul côté du corps,
- la neuropathie focale : ne concerne qu’un seul nerf, comme dans le poignet ou le dos, et parfois le nerf qui contrôle les muscles de l’œil. Elle est moins courante que les neuropathies périphérique ou autonome.
Il existe beaucoup d’autres formes plus exceptionnelles :
- la neuropathie fémorale,
- l’articulation de Charcot ou arthropathie neuropathique,
- la mononeuropathie de compression,
- la neuropathie crânienne,
- la radiculopathie thoracique ou lombaire,
- le pied tombant unilatéral,
- la neuropathie autonome cardiovasculaire.
Quels sont les symptômes de la neuropathie diabétique ?
Ils sont variables selon le type de neuropathie et les nerfs endommagés. Très légers ou invalidants, ils s’aggravent le plus souvent progressivement.
Des symptômes sévères peuvent apparaître soudainement.
La neuropathie périphérique affecte généralement les deux côtés du corps :
- douleur brûlante dans les mains et les pieds,
- engourdissement et picotements,
- perte de sensation de la douleur ou de la température,
- sensibilité au toucher,
- difficulté à marcher due à des problèmes de coordination,
- faiblesse musculaire,
- plaies aux pieds dues à l’incapacité de remarquer une blessure.
Les symptômes de la neuropathie autonome peuvent varier considérablement, selon les organes impliqués :
- rythme cardiaque rapide,
- étourdissements ou vertiges en changeant de position,
- ballonnements et nausées,
- diarrhée ou constipation,
- incontinence,
- problèmes de vessie,
- sécheresse vaginale,
- dysfonction érectile,
- transpiration excessive ou diminuée,
- incapacité à détecter les signes d’hypoglycémie,
- vision double.
La neuropathie proximale peut provoquer des douleurs dans une hanche, une fesse ou une cuisse, ainsi qu’une faiblesse et une perte musculaire dans la jambe correspondante. La faiblesse peut rendre difficile le mouvement de se lever.
La neuropathie focale n’affecte qu’un seul nerf. Un nerf du bras ou de la main endommagé peut entraîner de la douleur, l’engourdissement du bras ou une faiblesse. Un nerf du visage touché peut provoquer une paralysie de Bell. Des lésions d’un nerf oculaire peuvent conduire à une vision double.
Quelles sont les causes de ces pathologies des nerfs dues au diabète ?
Des taux de sucre dans le sang constamment élevés sont la principale cause de la neuropathie diabétique.
Avec le temps, les taux de glucose incontrôlés interfèrent avec la signalisation et le fonctionnement des nerfs. Cela peut provoquer l’affaiblissement des parois des capillaires sanguins et priver les nerfs d’oxygène et de nutriments.
Un taux élevé de cholestérol sanguin, une tension artérielle haute et de faibles niveaux de vitamine B12 peuvent également provoquer une neuropathie. Le médicament metformine contre le diabète a un effet secondaire qui réduit la teneur de B12 dans le corps. Il est parfois nécessaire de prendre un complément de vitamine B12 pour contrecarrer cet effet.
Le risque de neuropathie augmente avec l’âge, le surpoids et la durée du diabète. Il est significativement accru par le tabagisme et l’abus d’alcool, qui peuvent rétrécir et affaiblir les artères et réduire le flux sanguin aux extrémités.
La neuropathie peut parfois être aussi causée par une maladie rénale, une blessure mécanique comme le syndrome du canal carpien, des facteurs génétiques, certaines toxines ou une inflammation généralisée, qui pourrait déclencher une réponse auto-immune d’attaque contre les nerfs.
Comment est diagnostiquée la neuropathie diabétique ?
Un examen physique, une évaluation des symptômes et des antécédents médicaux ainsi que des bilans spécifiques pour écarter d’autres affections sont réalisés.
Toutes les personnes souffrant du diabète devraient faire examiner leurs pieds au moins une fois par an pour vérifier les signes de neuropathie périphérique. Le médecin vérifie le flux sanguin dans les pieds, l’état de la peau et la sensibilité au toucher, à la température et aux vibrations.
L’examen pourrait également inclure un test d’équilibre, des réflexes et de la démarche. Une étude de conduction nerveuse, ou électromyélographie, peut être effectuée pour surveiller le fonctionnement des nerfs.
Pour la neuropathie autonome, les examens spécifiques dépendent des symptômes ressentis : rythme cardiaque, tension artérielle selon le mouvement. Les fonctions vésicales et digestives, la transpiration, peuvent être examinées.
Il faut écarter d’autres causes possibles de symptômes neuropathiques : radiographie, échographie, analyse de sang pour vérifier la fonction thyroïdienne et le taux de B12, examen de la vue, autres examens spécifiques.
Comment la neuropathie diabétique se traite-t-elle ?
La première chose est la gestion de la douleur, puis la prévention de la progression de la maladie en maintenant le taux de sucre sanguin dans une plage satisfaisante.
Consulter un médecin pour mettre en œuvre un plan thérapeutique incluant des médicaments et des suppléments, une nutrition adaptée de l’exercice physique et des soins appropriés des pieds.
Contrôle du glucose
Tester régulièrement sa glycémie avec un glucomètre aide à savoir où on en est et éclaire les décisions quotidiennes.
Si le contrôle glycémique est stable, il faudrait, selon l’American Diabetes Association, envisager un bilan en laboratoire d’hémoglobine A1C ou une autre évaluation, au moins deux fois par an pour avoir un suivi glycémique moyen au cours des derniers mois.
Si ce contrôle n’est pas adéquat, il faudrait faire un bilan A1C au moins quatre fois par an. De même, réaliser un suivi fréquent si le traitement a été modifié récemment.
Médicaments
Toutes les personnes atteintes de neuropathie ne ressentiront pas de douleurs nerveuses. Celles qui en souffrent pourront prendre soit des analgésiques en vente libre ou des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS).
Le médecin peut également prescrire des médicaments sur ordonnance :
- antidépresseurs tricycliques (ATC) à faible dose pour la douleur chronique,
- inhibiteurs sélectifs du recaptage de la sérotonine et de la norépinéphrine qui aide à stabiliser l’hyperexcitabilité des nerfs endommagés,
- anti-épileptiques qui agissent en diminuant la fréquence des signaux de douleur nerveuse envoyés au cerveau,
- opioïde synthétique parfois prescrit pour la douleur neuropathique,
- antioxydant : peut aider à soulager la douleur neuropathique (généralement recommandé aux personnes qui ont trouvées les autres méthodes de soulagement de la douleur inefficaces ou intolérables),
- thérapies topiques (capsaïcine ou lidocaïne).
Dans certains cas, la douleur neuropathique est insensible aux médicaments antidouleur. Cela peut entraîner un affaiblissement musculaire ou une invalidité plus grave. À discuter avec un médecin pour trouver une solution alternative.
Soins des pieds
Le diabète a un effet silencieux sur les pieds, en raison des nerfs endommagés et d’une baisse de sensibilité : un corps étranger peut rester coincé sous la voûte plantaire, une irritation se transformer en plaie ouverte ou en ulcère et passer inaperçue en raison de la perte de sensation.
Les personnes atteintes de diabète doivent prendre particulièrement soin leurs pieds et les inspecter régulièrement pour détecter des problèmes. La mauvaise circulation du sang peut entraîner une guérison plus lente, des ulcères, des infections ou la gangrène des tissus, ce qui peut nécessiter une amputation.
Plus de la moitié de toutes les amputations chaque année sont dues au diabète et aux complications. La plupart concernent les membres inférieurs et le pied. Des soins des pieds peuvent cependant empêcher que ces opérations ne deviennent nécessaires :
- inspecter, laver et sécher soigneusement les pieds quotidiennement,
- toujours porter des chaussures bien ajustées et des chaussettes propres et sèches (éviter de marcher pieds nus),
- couper droit les ongles des orteils, limer les coins avec une lime à ongles, ou les faire traiter par un podologue,
- ne pas utiliser d’outils ou de produits chimiques pour les pieds : râpes, ciseaux, limes ou traitements pour l’élimination des verrues qui peuvent causer des blessures,
- ne pas fumer : le tabagisme restreint le flux sanguin vers les pieds,
- informer le médecin : si une blessure au pied ne guérit pas normalement dans les deux jours ou en cas de blessure d’origine et de durée inconnues.
Souffrir de diabète de type 1 ou de type 2 rend indispensable d’être à l’affût des signes de neuropathie diabétique. Perdre la sensation ou remarquer des picotements dans n’importe quelle partie du corps est un signal révélateur. Maintenir sous contrôle le taux de glucose dans le sang reste la meilleure façon de gérer et de prévenir la progression de la neuropathie diabétique
Sources :
International diabetes federation : diabète et santé nerveuse
Medline Plus : bilan de conduction nerveuse et électromypgraphie
Cet article a été élaboré avec le soutien d’un outil d’intelligence artificielle. Il a ensuite fait l’objet d’une révision approfondie par un journaliste professionnel et un rédacteur en chef, assurant ainsi son exactitude, sa pertinence et sa conformité aux standards éditoriaux.
PRESSE SANTÉ s'efforce de transmettre la connaissance santé dans un langage accessible à tous. En AUCUN CAS, les informations données ne peuvent remplacer l'avis d'un professionnel de santé.