Selon une nouvelle enquête du magazine HEALTH axé sur la santé, le bien-être, la forme et l’hygiène de vie, des événements majeurs (nouveau diagnostic, maladie ou décès d’un être cher) font penser au vieillissement, qui devient alors une préoccupation proche et urgente. Ces moments modifient souvent la façon de percevoir la santé, l’autonomie et les priorités de l’avancée en âge. Plutôt que de faire l’autruche, les spécialistes recommandent au contraire de s’appuyer sur ces événements pour apporter de petits changements bénéfiques au mode de vie. Cet article est basé sur le Longevity Insights Report (rapport sur le vieillissement) du magazine HEALTH. Voici les principales conclusions.
Dans quels cas les changements de santé amènent-ils à penser au vieillissement ?
Les changements de santé peuvent pousser à penser au vieillissement, s’ils entraînent des modifications drastiques de l’énergie, de la mobilité ou de l’autonomie. Un nouvel événement de santé (blessure, symptôme ou résultat d’analyse anormal) met le vieillissement au premier plan chez 45 % des répondants.
Il est normal d’observer un décalage entre l’âge ressenti et l’âge réel, rappelle le Dr Drew Maygren, psychiatre gériatre basé en Californie. Cela peut aider à expliquer pourquoi seulement 29 % des 1 000 adultes interrogés dans le cadre de l’enquête de HEALTH ont déclaré que les anniversaires marquants faisaient paraître le vieillissement urgent.
De nombreuses personnes ont également déclaré qu’elles pensaient surtout au vieillissement lorsqu’elles se voient en photo ou dans le miroir (31 %), qu’elles constatent jour après jour des changements notables dans leur état de santé (30 %), ou suite à une visite chez le médecin (26 %).
Les répondants à l’enquête ont également identifié d’autres événements de la vie qui font devenir urgents le vieillissement et la santé à long terme : voir une personne du même âge tomber gravement malade (33 %), un parent âgé qui développe un problème de santé ou décède (26 %), et des changements majeurs dans la vie (11 %).
Lorsque les gens se projettent leur vieillesse ou qu’ils réalisent mentalement être dorénavant concernés, l’image négative du déclin leur vient fréquemment spontanément à l’esprit : perdre leurs capacités, leur autonomie, être de plus en plus malade, ajoute la Dre Ellen Lee, cheffe de la psychiatrie gériatrique à l’Université de Californie à San Diego.
Comment aborder les événements de la vie et la perspective de vieillir ?
La recherche suggère que les événements de la vie, bons ou mauvais, peuvent affecter la perception du vieillissement. Les évènements négatifs, par exemple le décès d’un être cher, soulignent les pertes liées au vieillissement alors que ceux qui sont heureux, mariages et naissances, peuvent éclairer les avantages de vieillir.
Se concentrer sur ces gains est crucial, a déclaré Becca Levy, docteure et professeure de santé publique et de psychologie à la Yale School of Public Health.
Ses recherches ont montré que les personnes âgées ayant des croyances plus positives sur le vieillissement étaient plus susceptibles de résister au plan physique, cognitif, ou des deux au fil de l’âge, contrairement à la croyance d’un inévitable déclin : en d’autres termes, on peut aller mieux en vieillissant.
À l’inverse, d’autres études ont montré que s’inquiéter de vieillir peut accélérer le processus de vieillissement.
Comment transformer un signal d’alarme en action bénéfique ?
Les spécialistes estiment qu’il est préférable d’agir pour améliorer sa santé à long terme, même s’il peut être tentant d’occulter ses peurs (63 % des répondants à l’enquête ont déclaré éviter parfois activement de penser au vieillissement).
Il est normal de ressentir des émotions, a déclaré Drew Maygren : un évènement de vie majeur peut provoquer du chagrin, de la peur et un manque de motivation. Mais il ne vaut mieux pas s’attarder trop longtemps dans cet état.
La Dre Ellen Lee recommande de se concentrer sur l’activité physique, les liens sociaux et le temps passé à l’extérieur, des éléments associés à une meilleure santé et longévité. Commencer petit et de façon réaliste, par exemple, en planifiant une marche de 20 minutes avec un ami plutôt qu’en prenant un abonnement d’un an dans une nouvelle salle de sport.
Il ne s’agit pas de courir des marathons jusqu’à 90 ans et plus, précise-t-elle, mais d’apporter de petits changements qui aident à se sentir bien en vieillissant, un objectif motivant pour 80 % des répondants à l’enquête de HEALTH. Il est vraiment utile d’examiner quels obstacles entrent en jeu. De simples tactiques, comme garder ses chaussures de marche bien visibles près de la porte, peuvent déclencher l’action de faire de l’exercice plutôt que de rester sur le canapé.
Les évènements majeurs de vie qui forcent à affronter le vieillissement et la finitude peuvent sembler effrayants mais aussi constituer de puissantes opportunités de repenser ses priorités, développer des habitudes plus saines et se concentrer sur ce que bien vieillir signifie pour soi.
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