Mycothérapie : Les champignons, des armes de pointe contre le cancer

Les champignons comme le shiitake, le maiitake, l’enokitake, sont des aliments surtout prisés en gastronomie pour leur saveur extraordinaire. Mais ces champignons peuvent aussi jouer un rôle de premier plan dans la prévention du cancer, notamment celui de la prostate. Coup d’œil sur les propriétés anticancéreuses de ces végétaux hors du commun…

L’automne est sans contredit la saison idéale pour apprécier la quantité et la diversité de champignons qui tapissent plusieurs de nos sous-bois. Et cette abondance n’est que la pointe de l’iceberg ! Dans la pratique, on estime qu’il existe environ 140 000 espèces distinctes de champignons dans le monde, dont au moins 2 000 sont comestibles et 500 reconnues pour avoir, à divers degrés, une influence sur les fonctions du corps humain. Il n’est donc pas étonnant que les champignons aient toujours occupé une place privilégiée dans la plupart des grandes traditions culinaires, autant en Europe, où ils étaient considérés comme un mets « royal », qu’en Asie, où ils sont encore aujourd’hui un symbole de fertilité et de longévité.

Même si la plupart d’entre nous sont incapables d’identifier sans ambiguïté les espèces de champignons indigènes qui sont comestibles, nous avons néanmoins la chance d’avoir accès à plusieurs espèces cultivées et ainsi de profiter du goût exceptionnel des champignons. En plus des incontournables champignons de Paris et de leurs proches cousins « Porto- bello », on trouve désormais plusieurs espèces fort intéressantes en épicerie, comme les pleurotes et un certain nombre de champignons d’origine asiatique comme le shiitake et l’enokitake.

Mycothérapie : les champignons immunostimulants et préventif de certains cancers

La mycothérapîe asiatiques est particulièrement intéressante en matière de prévention du cancer, car les champignons contiennent de grandes quantités de polymères complexes (polysaccharides), qui sont reconnus pour exercer une modulation positive sur le système immunitaire. Le plus connu de ces polysaccharides est sans doute la lentinane du shiitake, une molécule qui est d’ailleurs utilisée cliniquement au Japon pour améliorer la survie et la qualité de vie des patients qui sont soumis à certains traitements de chimiothérapie. Des polysaccharides aux effets similaires ont également été identifiés dans l’enokitake, le maitake et le kawaratake, suggérant que ces champignons pourraient également jouer un rôle chimiopréventif important.

La mycothérapie contre le cancer de la prostate

En plus de cet effet d’immunoactivation, une étude récente laisse penser que certains de ces polysaccharides pourraient aussi exercer un effet anticancéreux en ciblant directement les cellules tumorales souches qui jouent un rôle capital dans la formation des tumeurs. Ainsi, des chercheurs australiens ont observé que le polysaccharopeptide (PSP) extrait du champignon kawaratake (Coriolus versicolor) était capable de réduire de façon spectaculaire la population de cellules souches présentes dans un échantillon de cancer de la prostate.

Plus important encore, l’ajout de ce polysaccharide à l’alimentation de souris génétiquement programmées pour développer un cancer de la prostate bloquait complètement la formation de ces tumeurs. Alors que le taux de réponse aux médicaments établis dans ce modèle animal est habituellement de 70 %, tous les animaux traités (100 %) avec l’extrait de champignon n’ont pas développé de cancer ! Cet effet spectaculaire et rarement obtenu est cohérent avec les observations qui montrent que les cellules souches cancéreuses jouent un rôle capital dans la progression du cancer du fait de leur énorme capacité à se renouveler et ainsi à former continuellement de nouvelles cellules cancéreuses. De plus, ces cellules souches sont très résistantes à plusieurs médicaments de chimiothérapie et on soupçonne que cette résistance contribue à la récurrence de plusieurs types de cancers. En ciblant spécifiquement les cellules souches cancéreuses, les polysaccharides de certains champignons pourraient donc constituer une arme de choix dans la prévention de plusieurs types de cancers.

La mycothérapie peut jouer un rôle important dans la prévention du cancer, autant en stimulant positivement le système immunitaire qu’en interférant directement avec la croissance de certains types de cellules cancéreuses. Une approche d’autant plus facile à adopter que ces champignons sont de véritables merveilles gastronomiques !

Source

Luk SU et coll. Chemopreventive effect of PSP through targeting of prostate cancer stem cell- like population. PLoS One; 6:e19804.

Marie Desange est journaliste santé, passionnée tant par les dernières recherches en scientifiques en nutrition, neurosciences et bien être que par les nouvelles approches de santé qui ne sont pas encore passées par le filtre des études scientifiques, mais qui marchent.Ostéopathie, chiropractie, acupuncture, neuro-feedback, méditation, aromathérapie, homéopathie, médecine chinoise ou Indienne (Ayurveda), shiastu, soins énergétiques, techniques corporelles ou thérapies psychologiques, toutes ces disciplines méritent d’être mises en avant pour que les lecteurs puissent être bien informés et faire leur choix sur ce qui peut les aider.De plus, la pratique journalistique lui permet de rencontrer toujours plus d’acteurs de ces nouvelles approches et de sélectionner ceux qui ont une particularité et une réelle maîtrise de ce qu’ils proposent. Les soins complémentaires et les nouvelles approches de santé doivent être rigoureux et sans danger pour les personnes qui se tournent vers elles. Avec le temps et l’expérience, Marie sait sélectionner ce qui peut apporter, selon les cas, de vrais bénéfices pour le mieux être des personnes qui le recherchent. `Journaliste pour le journal on-line pressesante.com, Marie a encore plein de supers sujets sous le coude à vous proposer, que vous ne lirez pas ailleurs.