Méfaits de la sédentarité : dysfonctionnement des mitochondries

Auteur: Aline Legrand

Publié le:

Méfaits de la sédentarité : dysfonctionnement des mitochondries
Selon une étude, les adultes en bonne santé avec un mode de vie sédentaire avaient une moins bonne fonction mitochondriale que ceux pratiquant de l'exercice régulièrement.

Centrales énergétiques cellulaires, les mitochondries sont responsables de la production de l’énergie qui alimente presque chaque cellule de l’organisme, ce qui leur confère un rôle démesuré pour la santé à long terme. Une nouvelle étude alerte sur les méfaits de la sédentarité qui peut nuire aux mitochondries, même si on est en bonne santé.

Quelles sont les révélations de l’étude sur les conséquences de la sédentarité ?

Les chercheurs ont observé chez des personnes sédentaires, en bonne santé, une dérégulation significative du fonctionnement des cellules.

Des recherches antérieures avaient associé un mode de vie peu actif à un nombre plus faible de mitochondries, mais on ne savait pas si l’inactivité affectait leur bon fonctionnement, explique l’auteur de l’étude Iñigo San Millan, professeur de médecine à l’Université du Colorado Anschutz.

Pour le vérifier, les chercheurs ont recruté 19 hommes en bonne santé, dont neuf avait un mode de vie sédentaire et 10 un mode de vie actif, pratiquant au moins 150 minutes d’exercice aérobique par semaine.

Ils ont prélevé de petits échantillons musculaires sur les cuisses des participants et ont analysé l’efficacité avec laquelle les mitochondries utilisaient le sucre et les graisses pour produire de l’énergie à l’intérieur des cellules.

Les muscles des participants sédentaires présentaient 49 % de MPC1 en moins, une protéine qui aide à convertir le sucre en énergie. L’enzyme CPT1, impliquée dans le métabolisme des graisses, était environ deux fois moins active chez ces mêmes personnes. Cela aide à comprendre pourquoi les individus inactifs sont moins capables d’utiliser le sucre ou les graisses, principales sources de carburant, aussi efficacement, souligne Satyajit T. Reddy, cardiologue du sport à la Mayo Clinic.

Les participants sédentaires présentaient également des taux de lactate plus élevés pendant l’exercice que les actifs : cela suggère que l’activité physique était plus difficile pour eux et reposait sur un mode de production d’énergie moins efficace, a expliqué le Dr Reddy. Il note que les patients en moins bonne condition physique auront des taux de lactate plus élevés à un niveau d’exercice inférieur.

Ces résultats suggèrent, que même en bonne santé et sans diagnostic de pathologie, être sédentaire peut être le signe que les mitochondries ne fonctionnent pas bien.

Quelles sont les conséquences du dysfonctionnement des mitochondries ?

Les mitochondries sont responsables de la transformation des nutriments en énergie pour le fonctionnement de l’organisme.

Elle est requise pour la fonction cardiaque et cognitive. Une mauvaise fonction mitochondriale a été aussi associée à la résistance à l’insuline, au diabète de type 2 et à d’autres problèmes métaboliques. Les chercheurs pensent que des modifications de la fonction mitochondriale peuvent survenir des années avant que ces troubles ne se développent.

Chez une personne qui semble en bonne santé, une faible fonction mitochondriale peut prédisposer à des problèmes métaboliques plus tard.  Il est très important de maintenir une santé mitochondriale aussi optimale que possible, explique le Dr Reddy.

La nouvelle étude souligne l’importance de l’exercice pour la fonction mitochondriale, mais elle présente plusieurs limites :

  • réalisée sur un petit groupe d’hommes : les résultats peuvent ne pas s’appliquer aux femmes. Leurs processus métaboliques sont légèrement différents, note le Dr Reddy.
  • IMC moyen beaucoup plus élevé chez les participants sédentaires que chez les actifs : Silvia Corvera, professeure de médecine moléculaire à la UMass Chan Medical School, alerte qu’il n’est pas possible de dire si la sédentarité ou le poids ont provoqué la baisse de la fonction mitochondriale du groupe sédentaire.

Malgré tout, il ne fait aucun doute que l’activité physique soutient la santé métabolique. Pratiquer au moins 150 minutes par semaine d’exercice d’intensité modérée, comme la randonnée, la marche ou le vélo. Ce type d’activités permet de maintenir et conserver une bonne fonction mitochondriale, conclut le professeur San Millan.

Vous avez aimé cet article ?


Cet article a été élaboré avec le soutien d'un outil d'intelligence artificielle. Il a ensuite fait l'objet d'une révision approfondie par un journaliste professionnel et un rédacteur en chef, assurant ainsi son exactitude, sa pertinence et sa conformité aux standards éditoriaux. PRESSE SANTÉ s'efforce de transmettre la connaissance santé dans un langage accessible à tous. En AUCUN CAS, les informations données ne peuvent remplacer l'avis d'un professionnel de santé.