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Médecine douce

Médicaments couramment utilisés : Augmentation du risque de la maladie d’Alzheimer

La maladie d'Alzheimer, une pathologie neurodégénérative courante, peut être modifiée par divers facteurs de risque.

Solange Leroy

L’un de ces facteurs réside dans certains médicaments que nous utilisons régulièrement pour traiter diverses maladies. Les médicaments anticholinergiques, prescrits pour des conditions telles que la dépression, l’incontinence urinaire et les allergies saisonnières, ont été liés à une augmentation du risque de développer cette maladie dévastatrice, en particulier chez les personnes âgées.

Les médicaments anticholinergiques et leur rôle

Les médicaments anticholinergiques sont des médicaments qui inhibent l’acétylcholine, un neurotransmetteur crucial pour le fonctionnement du système nerveux. Ces médicaments sont couramment prescrits pour traiter une variété de conditions, y compris l’incontinence urinaire, l’hyperactivité vésicale, les bronchopneumopathies chroniques obstructives (BPCO), les allergies saisonnières et la dépression. Cependant, il a été établi que ces médicaments pourraient augmenter le risque de démence, y compris la maladie d’Alzheimer, chez les personnes âgées.

Lien entre les anticholinergiques et la maladie d’Alzheimer

Des recherches récentes menées par l’université de Californie, San Diego, ont établi un lien entre l’utilisation d’anticholinergiques et le développement de troubles cognitifs légers, qui peuvent évoluer vers la démence et la maladie d’Alzheimer. Ce lien est particulièrement fort chez les personnes présentant des biomarqueurs de la maladie d’Alzheimer dans leur liquide céphalorachidien, ainsi que chez celles présentant un risque génétique accru de développer la maladie.

Interaction entre les anticholinergiques et les biomarqueurs d’Alzheimer

Cette interaction entre les médicaments anticholinergiques et les biomarqueurs de la maladie d’Alzheimer se produit de deux manières. Premièrement, les biomarqueurs de la maladie d’Alzheimer indiquent que la dégénérescence commence dans une petite région du cerveau appelée le cerveau antérieur basal, qui produit l’acétylcholine. Deuxièmement, les médicaments anticholinergiques réduisent davantage les réserves d’acétylcholine du cerveau. Cet effet combiné a un impact significatif sur la pensée et la mémoire des individus.

Augmentation du risque de déficience cognitive

Dans l’étude menée par l’université de Californie, 688 personnes d’un âge moyen de 74 ans ont été examinées. Au début de l’étude, aucun des participants ne présentait de signes de problèmes cognitifs ou de mémoire. Un tiers d’entre eux prenaient au moins un type de médicament anticholinergique. Il a été constaté que ceux qui prenaient ces médicaments avaient une augmentation de 47% du risque de déficience cognitive légère par rapport à ceux qui n’en prenaient pas.

Risque accru chez les individus génétiquement prédisposés

Ce risque était encore plus élevé chez les personnes qui étaient génétiquement prédisposées à développer la maladie d’Alzheimer. En effet, ceux qui prenaient des anticholinergiques et qui étaient génétiquement à risque étaient plus de 2,5 fois plus susceptibles de développer une déficience cognitive légère que ceux qui ne prenaient pas de médicaments et qui n’étaient pas génétiquement à risque.

Risque accru chez les personnes présentant des biomarqueurs d’Alzheimer

De plus, les participants qui présentaient des biomarqueurs d’Alzheimer dans leur liquide céphalorachidien au début de l’étude et qui prenaient des anticholinergiques étaient près de 5 fois plus susceptibles de développer des signes de troubles cognitifs légers.

Il est clair que l’utilisation de médicaments anticholinergiques peut être liée à une augmentation du risque de développer la maladie d’Alzheimer. C’est une découverte importante qui nécessite une attention particulière de la part des professionnels de la santé et des patients. Toutefois, il est important de noter que ces résultats ne signifient pas que les personnes doivent arrêter de prendre ces médicaments. Au lieu de cela, ils devraient discuter de leurs préoccupations avec leurs médecins, qui peuvent leur proposer des alternatives plus sûres si nécessaire.

Source

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter l’étude publiée dans la revue Neurology.

https://n.neurology.org/content/early/2020/09/02/WNL.0000000000010643

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