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Mauvaise santé métabolique : possible même avec un poids « normal »

Un poids et un Indice de Masse Corporelle (IMC) normaux prédisent-ils une bonne santé ? Non, pas forcément.

Un indice de masse corporelle (IMC) normal n’indique pas toujours une forme optimale. Les personnes concernées peuvent avoir un poids normal alors qu’elles présentent des risques cachés de mauvaise santé métabolique comme une résistance à l’insuline ou un taux de cholestérol élevé.

Que veut dire poids normal et mauvaise santé métabolique ?

Le corps transforme l’énergie de manière moins efficace, même si le poids semble « normal » sur la balance. Les personnes ont souvent plus de graisse abdominale (graisse viscérale), moins de graisse dans les jambes, un foie gras et des modifications dans le stockage et l’utilisation de graisses par l’organisme.

L’âge, le sexe, la génétique et le mode de vie peuvent contribuer à la santé métabolique.

Même avec l’apparence d’une bonne santé, un examen plus approfondi de la composition corporelle globale (ratio entre la masse musculaire et la masse grasse), des résultats de laboratoire et d’autres tests peuvent révéler une réalité différente. Une mauvaise santé métabolique augmente le risque de maladies chroniques (diabète de type 2, maladies cardiaques et accidents vasculaires cérébraux), ce qui en fait une préoccupation de santé cachée mais essentielle.

Quels sont les signes d’une mauvaise santé métabolique ?

Une mauvaise santé métabolique se révèle souvent par des résultats d’examens anormaux :

  • un excès de graisse abdominale (viscérale),
  • une résistance à l’insuline,
  • une pression artérielle élevée (hypertension),
  • un taux de sucre dans le sang élevé (glucose),
  • des taux de cholestérol ou de triglycérides trop élevés (faible taux de HDL).

En présence de trois de ces facteurs de risque ou plus, il s’agit du syndrome métabolique, un signal d’alarme pour le diabète de type 2, les maladies cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux.

Qu’est ce qui provoque cette situation de poids normal et mauvaise santé métabolique ?

Plusieurs facteurs incluent le manque de masse musculaire, une alimentation ultra-transformée, la sédentarité, la génétique, le stress et un sommeil de piètre qualité :

  • manque de masse musculaire : une faible musculature (sarcopénie) réduit la capacité du corps à brûler le glucose efficacement. Une masse musculaire réduite diminue mécaniquement le nombre de récepteurs à l’insuline disponibles, ce qui favorise l’hyperglycémie même à poids constant,
  • alimentation ultra-transformée : une consommation élevée de sucres ajoutés et de graisses saturées peut endommager le métabolisme sans pour autant entraîner une prise de poids massive chez tout le monde,
  • sédentarité : l’inactivité physique affecte la sensibilité à l’insuline, indépendamment du poids corporel,
  • génétique : certaines personnes sont génétiquement prédisposées à stocker la graisse à l’intérieur de l’abdomen plutôt que sous la peau. Ce stockage ectopique (graisse viscérale) est métaboliquement délétère. La graisse viscérale a un poids mais il peut être masqué sur la balance par la perte concomitante de masse musculaire. Ou bien, son volume est suffisant pour être pathologique mais pas assez pour provoquer un poids additionnel,
  • stress et le sommeil : un taux de cortisol élevé et le manque de repos perturbent la régulation hormonale du métabolisme.

Cela peut sembler contradictoire car la plupart des facteurs décrits conduisent généralement au surpoids. Le chiffre sur la balance est un leurre qui ne mesure qu’une masse globale et non la composition corporelle ou la fonctionnalité métabolique. Certaines personnes peuvent ne pas prendre de poids tout en ayant des dommages oxydatifs et un métabolisme inefficace.

Qu’est-ce qui est considéré comme un poids normal ?

Dans le contexte de la santé métabolique, un poids normal repose en partie sur l’IMC compris entre 18,5 et 24,9.  Mais c’est insuffisant car l’IMC ne dit pas tout.

Il ne fait pas la différence entre la masse musculaire, la masse grasse et la masse osseuse. Il ne peut pas non plus déterminer où la graisse est stockée, un point crucial pour la santé.

Malgré ses limites, l’IMC reste largement utilisé car il est simple et utile pour identifier des tendances au sein de grands groupes de population. Cependant, pour comprendre réellement un état de santé, il faut des informations plus complètes, comme des analyses de sang, les antécédents médicaux, les comportements de santé, les facteurs liés au mode de vie, l’état émotionnel et un examen physique.

Quels sont les risques pour la santé d’une mauvaise santé métabolique avec un poids normal ?

Le risque de développer de graves problèmes de santé est plus élevé que celui d’une personne obèse ayant une meilleure santé métabolique.

La recherche suggère que les personnes ayant un poids normal mais une mauvaise santé métabolique présentent un risque accru de :

  • de diabète de type 2 : une étude a révélé que les personnes atteintes présentaient un risque plus de 4 fois supérieur de développer un diabète de type 2 par rapport aux personnes de poids et de santé métabolique normaux,
  • décès toutes causes confondues : dans une analyse portant sur plus de quatre millions de personnes, celles atteintes de ce trouble présentaient un risque de mortalité toutes causes confondues supérieur de 47 % à celui de personnes obèses métaboliquement sans problème,
  • de décès et d’événements d’origine cardiaque : par rapport aux personnes obèses métaboliquement saines, celles qui avaient un poids normal et une mauvaise santé métabolique présentaient un risque plus de deux fois supérieur de mourir d’une maladie cardiaque et 73 % plus élevé de subir des événements cardiaques majeurs comme des crises cardiaques,
  • de pression artérielle élevée : une plus grande quantité de graisse viscérale et la résistance à l’insuline, fréquentes chez les personnes en mauvaise santé métabolique, peuvent contribuer à une pression artérielle élevée par le biais de modifications de l’inflammation, de l’activité hormonale et de la rétention de sodium.

Comment savoir si on est concerné ?

Il faut faire des examens (bilan lipidique, test d’hémoglobine glyquée, mesure de la tension artérielle et du rapport taille/hanche, par exemple).

  • bilan lipidique complet : pour vérifier le cholestérol et les triglycérides,
  • test d’hémoglobine glyquée : pour mesurer la glycémie moyenne sur trois mois,
  • mesure de la tension artérielle,
  • mesure du rapport taille/hanches : un indicateur plus précis de la répartition des graisses.

Comment améliorer une mauvaise santé métabolique ?

Des mesures aident à améliorer votre santé métabolique, quel que soit votre poids et des changements de mode de vie modestes et constants peuvent faire une grande différence : nourriture équilibrée, activité physique régulière, bon sommeil, réduction de la consommation d’alcool et suivi par un médecin.

  • manger pour retrouver un équilibre métabolique : privilégier des modes d’alimentation riches en nutriments, comme le régime méditerranéen ou le régime DASH (fruits, légumes, céréales complètes et graisses saines). Ces régimes soutiennent le métabolisme grâce à un apport abondant en antioxydants, vitamines et minéraux et sont pauvres en aliments transformés, sucres ajoutés et graisses de mauvaise qualité,
  • bouger régulièrement : l’activité physique régulière modifie structurellement les muscles, augmente la dépense énergétique et rend les muscles plus sensibles à l’insuline. Viser 150 minutes d’exercice aérobique d’intensité modérée (marche rapide, vélo) et deux séances de renforcement musculaire chaque semaine,
  • optimiser la durée du sommeil : le sommeil et la santé métabolique sont étroitement liés. Un sommeil sous-optimal affecte le contrôle de la glycémie, la sensibilité à l’insuline et les hormones de l’appétit, augmentant ainsi le risque de diabète de type 2 et de syndrome métabolique. Un sommeil court (moins de 6 heures) est associé à une augmentation de 15 % du risque de syndrome métabolique, tandis qu’un sommeil long (plus de 8 à 9 heures) est corrélé avec une augmentation de 19 % du risque de syndrome métabolique,
  • réduire la consommation d’alcool : un excès de graisse hépatique aggrave la santé métabolique, et l’alcool augmente la graisse qui entoure le foie. Réduire ou éviter l’alcool est une sage décision pour le métabolisme,
  • consulter son médecin : des médicaments spécifiques, pour aider à gérer la glycémie, la pression artérielle ou le cholestérol, peuvent être bénéfiques à la santé métabolique.

 

 

 

 

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Cet article a été élaboré avec le soutien d'un outil d'intelligence artificielle. Il a ensuite fait l'objet d'une révision approfondie par un journaliste professionnel et un rédacteur en chef, assurant ainsi son exactitude, sa pertinence et sa conformité aux standards éditoriaux. PRESSE SANTÉ s'efforce de transmettre la connaissance santé dans un langage accessible à tous. En AUCUN CAS, les informations données ne peuvent remplacer l'avis d'un professionnel de santé.