Maladies cardiovasculaires: pourquoi les hommes sont touchés plus tôt que les femmes
ers 50,5 ans, environ 5 % des hommes ont déjà une maladie cardiovasculaire. Les femmes atteignent ce niveau plus tard, vers 57,5 ans

On pense souvent que les maladies du cœur arrivent « d’un coup ». En réalité, elles se construisent sur des années, un peu comme du tartre qui s’accumule sans bruit dans une canalisation.
Un message ressort d’un travail de recherche récent, les hommes voient leur risque cardiovasculaire augmenter plus tôt que les femmes. L’écart commence vers 35 ans, bien avant l’âge où beaucoup envisagent un bilan.
Deux repères parlent d’eux-mêmes, vers 50,5 ans, environ 5 % des hommes ont déjà une maladie cardiovasculaire. Les femmes atteignent ce niveau plus tard, vers 57,5 ans. L’objectif ici est simple, comprendre ce que montre la recherche, puis savoir quoi faire dès la trentaine.
Ce que montre la recherche sur l’âge de début du risque chez les hommes
L’étude s’appuie sur un suivi long, plus de 30 ans, d’un groupe de plus de 5 000 personnes recrutées jeunes (18 à 30 ans). Les chercheurs ont comparé l’arrivée d’événements cardiovasculaires avant 65 ans, chez les hommes et chez les femmes.
Le résultat central tient en une idée, la courbe de risque des hommes grimpe plus tôt. Cette hausse n’apparaît pas seulement à l’approche de la cinquantaine, elle démarre au milieu de la vie adulte, puis persiste.
Autre point marquant, l’écart ne disparaît pas quand on tient compte d’autres éléments. Les analyses restent en faveur d’un risque plus précoce chez les hommes, même après ajustement pour des facteurs connus, y compris l’hypothèse d’un effet protecteur des hormones sexuelles féminines. Il faut garder la tête froide, on parle de risque moyen dans une population, pas d’un destin individuel.
L’écart commence vers 35 ans, avant les bilans habituels
Jusqu’au début de la trentaine, les niveaux de risque se ressemblent. Puis, autour de 35 ans, les trajectoires se séparent. Les hommes accumulent le risque plus vite, comme si la pente devenait plus raide.
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Ce détail compte, car beaucoup de bilans « sérieux » sont repoussés plus tard, parfois quand un problème est déjà installé. Or l’athérosclérose (le dépôt de plaques dans les artères) avance lentement. Attendre les premiers symptômes revient à regarder un compteur s’emballer, après des années de hausse discrète.
Les auteurs insistent sur l’intérêt d’une détection plus attentive au début de l’âge adulte, chez les hommes. En clair, la trentaine et la quarantaine méritent mieux qu’un simple « tout va bien ».
Toutes les maladies cardio ne bougent pas pareil selon le sexe
Le mot « cardiovasculaire » regroupe plusieurs problèmes. Et l’écart hommes-femmes n’a pas la même force selon le type d’événement.
La différence apparaît nette pour la maladie cardiovasculaire au sens large, avec le seuil de 5 % atteint plus tôt chez les hommes (50,5 ans contre 57,5 ans). Elle existe aussi pour la maladie coronarienne (les artères du cœur), avec une avance masculine sur l’ordre d’une décennie pour atteindre un niveau d’incidence autour de 2 %.
En revanche, pour l’AVC et pour l’insuffisance cardiaque, les courbes sont bien plus proches. Les âges où l’on atteint certains seuils se ressemblent davantage. Le message pratique est simple, l’écart de risque existe, mais il dépend de la maladie étudiée. Il ne faut pas tout mettre dans le même sac.
Pourquoi les hommes peuvent être plus exposés plus tôt, sans chercher une seule cause
Le risque cardiovasculaire ne vient presque jamais d’un seul facteur. Il naît d’un mélange, tension artérielle, cholestérol LDL, tabac, diabète, poids, activité physique, stress, sommeil, alcool, et parfois génétique.
On sait aussi que certains écarts entre hommes et femmes ont changé avec le temps. Historiquement, les hommes fumaient plus, avaient plus souvent une hypertension, et plus de diabète. Dans de nombreux pays, ces différences se sont réduites. Pourtant, dans l’étude, l’avance de risque des hommes persiste.
Cela suggère une réalité plus large, une part du risque tient à l’addition de petites expositions, sur des années, et pas seulement à un facteur isolé. Le corps garde une « mémoire » des habitudes, même quand elles semblent banales.
Les facteurs de risque agissent tôt et s’additionnent avec le temps
Le risque cardiovasculaire ressemble à un compte bancaire, chaque petit dépôt compte. Une tension « juste un peu haute », un LDL un peu élevé, une prise de poids lente, et l’addition devient réelle après dix ans.
Prenons des scènes courantes. Un travail assis, des trajets en voiture, peu de marche, puis une fatigue qui pousse à bouger encore moins. Des repas très salés, un sandwich rapide, des plats prêts à réchauffer. Un verre d’alcool « presque chaque soir ». Un sommeil trop court, cinq à six heures, parce qu’on rattrape le temps sur les écrans.
Aucun de ces points ne déclenche une crise en une semaine. Mais sur dix ou quinze ans, ils pèsent. C’est pour cela que l’écart observé vers 35 ans n’est pas si surprenant, il reflète souvent des années déjà passées.
Alimentation moderne et graisses saturées, ce qui compte vraiment
L’alimentation a un rôle majeur, car elle touche le poids, la tension, le sucre sanguin, et les lipides. Un point revient souvent, la place des aliments ultra-transformés. Ils sont pratiques, très présents, et souvent moins chers que des produits frais. Leur consommation élevée va avec une santé cardio moins bonne, ce qui n’a rien d’abstrait quand le budget serre.
Un autre sujet crée de la confusion, les graisses saturées. On voit revenir le beurre, le suif, ou des viandes très grasses, présentés comme « sans souci ». Or, quand l’apport en graisses saturées monte, le LDL (le « mauvais » cholestérol) a tendance à grimper aussi, et le LDL reste un facteur de risque important.
Le bon message n’est pas « zéro viande » ou « zéro laitage ». Une assiette équilibrée peut en contenir. Mais elle doit laisser une grande place aux fruits et légumes, aux fibres, et aux bons gras (huile d’olive, noix, poisson). Sans cet équilibre, on perd un levier simple.
Ce que les hommes peuvent faire dès 30 à 40 ans pour réduire le risque
Les résultats de la recherche pointent une période à ne pas négliger, la trentaine et la quarantaine. Les auteurs parlent d’un besoin de dépistage plus attentif chez les hommes, à un âge où l’on se croit souvent « trop jeune ».
L’idée n’est pas de vivre inquiet. C’est de chercher ce qui est silencieux, puis de corriger tôt. Un risque repéré à 35 ans se travaille plus facilement qu’un problème découvert à 55 ans, quand les artères ont déjà encaissé.
Un point compte, chaque situation est personnelle. Le plus utile reste d’en parler à un professionnel de santé, pour un plan adapté, selon l’âge, le poids, les antécédents, et le mode de vie.
Les contrôles simples à demander, même si on se sent bien
Beaucoup de facteurs de risque ne font pas mal. On peut se sentir en forme, et avoir une tension trop haute. On peut courir le week-end, et garder un LDL trop élevé.
Les bases sont connues, mesure de la tension, bilan lipidique (dont le LDL), glycémie, poids, tour de taille, tabac, niveau d’activité, qualité du sommeil, et antécédents familiaux. Le but est d’identifier un profil de risque, pas de coller une étiquette.
Quand un chiffre dépasse, on ne parle pas toujours de médicament. Souvent, on commence par des changements concrets, puis on recontrôle. Ce suivi, simple et régulier, évite les surprises.
Habitudes qui protègent le cœur, et qu’on peut tenir sur la durée
La meilleure stratégie n’est pas un effort intense pendant trois semaines. C’est une routine qu’on tient. L’activité physique régulière aide la tension, le poids, et le moral. L’arrêt du tabac reste l’un des gains les plus forts. Un alcool modéré réduit des risques, surtout si la consommation était fréquente. Le stress mérite une approche simple, pauses, respiration, sport, temps social. Et le sommeil n’est pas un luxe, il stabilise l’appétit et la tension.
Côté assiette, deux modèles reviennent souvent dans les études, le régime méditerranéen et l’approche DASH. Ils reposent sur des aliments simples, légumes, fruits, céréales complètes, légumineuses, protéines maigres, et graisses de bonne qualité. Ils limitent les boissons sucrées et l’excès de sel, deux pièges du quotidien.
Quand s’inquiéter, et quand consulter sans attendre
Certains signes imposent de réagir vite. Une douleur ou une pression dans la poitrine, un essoufflement inhabituel, un malaise, une douleur qui irradie vers le bras, la mâchoire, ou le dos, ou une fatigue intense qui arrive d’un coup, doivent mener à appeler les urgences. Les symptômes varient selon les personnes, il vaut mieux un appel inutile qu’un retard.
En dehors de l’urgence, il faut consulter si plusieurs facteurs s’additionnent, tabac, surpoids, tension élevée, diabète, ou antécédents familiaux. Il faut aussi revenir si des résultats restent élevés dans le temps. Une prévention bien faite repose sur des ajustements, puis des contrôles.
A retenir
Le risque cardiovasculaire des hommes commence à diverger de celui des femmes vers 35 ans. Et certains seuils arrivent plus tôt, avec environ 5 % de maladie cardiovasculaire vers 50,5 ans chez les hommes, contre 57,5 ans chez les femmes.
Ce n’est pas une condamnation. Un dépistage plus tôt et des habitudes simples peuvent changer la trajectoire, sans bouleverser la vie. Parlez-en à votre médecin, et commencez dès cette année, votre futur cœur vous dira merci.