Longévité: le régime méditerranéen aiderait à vivre plus longtemps en meilleur santé

Auteur: François Lehn

relu par Dr Muriel Dodin

Publié le :

Longévité: le régime méditerranéen aiderait à vivre plus longtemps en meilleur santé
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Des marqueurs sanguins associés au régime méditerranéen sont liés à une survie plus longue, selon une étude récente. Cette association ne prouve pas que ces molécules prolongent la vie.

Ces marqueurs pourraient compléter les questionnaires alimentaires. Les chercheurs ont confronté cette signature biologique aux décès observés dans quatre populations.

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Marqueurs sanguins du régime méditerranéen et survie prolongée : ce que révèle l’étude

Publiés dans l’American Journal of Clinical Nutrition, les travaux d’Estefanía Toledo et ses collègues portent sur une signature de 67 métabolites sanguins. Ces petites molécules, issues notamment de la transformation des aliments, renseignent sur l’alimentation et le fonctionnement de l’organisme.

L’analyse s’appuie sur PREDIMED, un essai espagnol auprès d’adultes à haut risque cardiovasculaire, sans maladie cardiovasculaire initiale. Parmi les 7 447 volontaires, 1 880 disposaient de données métabolomiques au départ. Le suivi de la mortalité atteignait environ 13,2 ans.

Un score élevé était associé à un risque de décès plus faible

Dans PREDIMED, le tiers des participants au score le plus élevé présentait un risque relatif de décès inférieur de 23 % à celui du tiers le plus bas. Chaque hausse d’un écart-type, une mesure de la dispersion des scores, était associée à une baisse relative de 19 %.

Ces pourcentages ne décrivent pas le risque absolu, la probabilité de mourir pendant une période donnée. Une baisse relative de 23 % n’est pas une diminution de 23 points de pourcentage.

Une association retrouvée dans trois cohortes américaines

L’association a été retrouvée chez 12 704 participants des Nurses’ Health Studies I et II et de la Health Professionals Follow-up Study. Leur suivi moyen atteignait 25 ans, avec 4 111 décès enregistrés.

Dans ces cohortes américaines, la comparaison concernait les cinquièmes extrêmes du score, et non les tiers. Le groupe au score le plus élevé avait également un risque relatif de décès inférieur de 23 %.

Pourquoi une analyse de sang peut compléter les questionnaires alimentaires

Huile d’olive, fruits, légumes, légumineuses, noix et poisson caractérisent le régime méditerranéen. Dans l’essai PREDIMED, deux groupes recevaient une alimentation méditerranéenne enrichie en huile d’olive extra-vierge ou en fruits à coque. Le groupe témoin recevait des conseils pour réduire les graisses.

Pour mesurer l’adhésion à ces habitudes, les chercheurs utilisent souvent des questionnaires de fréquence alimentaire. Leur intérêt est réel, mais leur précision dépend de la mémoire et des portions estimées.

Ce que les métabolites révèlent de l’alimentation

Une analyse métabolomique apporte un indice biologique complémentaire. Elle ne dépend pas seulement de ce que la personne se rappelle avoir mangé. Elle reflète aussi la manière dont son corps transforme les nutriments.

Deux personnes déclarant des repas proches peuvent donc présenter des profils sanguins différents. Cette information ne suffit toutefois pas à reconstituer précisément leur assiette. La signature reste un outil de recherche, sans validation actuelle pour guider les soins individuels.

Des liens plus nets pour la mortalité générale et cardiovasculaire

Les scores élevés étaient associés à une mortalité générale plus faible. Les liens cardiovasculaires apparaissaient dans certaines analyses, surtout avec la signature mesurée après un an dans PREDIMED. Chaque hausse d’un écart-type de ce score était associée à un risque relatif de décès cardiovasculaire inférieur de 26 %.

Pour les décès par cancer, les résultats variaient selon les analyses. Après prise en compte de l’ensemble des facteurs retenus, l’association n’était pas statistiquement significative. Ces données ne permettent pas de conclure à une protection contre la mortalité par cancer.

Ce que ces résultats ne prouvent pas encore

Le point central concerne la causalité. PREDIMED était un essai randomisé, mais le lien entre signature sanguine et mortalité repose ici sur des analyses observationnelles. Les chercheurs n’ont pas réparti les participants au hasard selon leur score métabolique.

Les personnes ayant un score élevé fumaient moins souvent et présentaient moins de diabète de type 2. Les ajustements statistiques tiennent compte de plusieurs différences, sans éliminer tous les facteurs possibles. Un meilleur état de santé peut aussi influencer le profil sanguin.

Le sous-échantillon métabolomique de PREDIMED limitait la précision des analyses par cause de décès. Seuls 1 648 participants disposaient aussi d’une mesure après un an. Les changements du score sur cette courte période n’étaient pas significativement associés à la mortalité. Le score pourrait refléter un état alimentaire et métabolique plus durable qu’une variation récente.

La méthode ne mesurait pas certains composés phénoliques et antioxydants. La sélection des participants américains pour les analyses métabolomiques peut aussi limiter l’application des résultats à d’autres populations. La concordance entre cohortes renforce la solidité de l’observation, sans supprimer ces limites.

Avant un usage en consultation, il reste à déterminer si ce score améliore réellement les décisions de prévention. Il faudrait aussi établir comment interpréter un résultat individuel et si son évolution apporte une information utile au suivi.

En quelques mots

Une signature de 67 métabolites liée au régime méditerranéen est associée à une longévité plus importante dans plusieurs cohortes. Elle ne remplace ni les conseils alimentaires ni les essais conçus pour établir un lien de cause à effet.

Les marqueurs sanguins constituent une piste de recherche pour mieux mesurer l’alimentation et la réponse de l’organisme. Leur éventuelle place dans la prévention dépendra de leur utilité démontrée pour les patients.

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