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Maladie d’Alzheimer : 10 signes à ne jamais ignorer

Si vous observez l'un des 10 signes d'alerte de la maladie d'Alzheimer discutés ci-dessous, vous devriez consulter votre médecin

La maladie d’Alzheimer frappe, chaque année, des milliers de familles en France et demeure la principale cause de démence dans la population âgée : elle représentait, selon Santé publique France, près de 60 % de tous les cas de démence recensés (2022). Mais à partir de quand les troubles de la mémoire ou l’oubli banal basculent-ils vers une maladie neurodégénérative profonde ? Savoir repérer les signes précoces d’Alzheimer s’avère crucial. Car si la démence n’est pas toujours réversible, certains troubles cognitifs, eux, peuvent être enrayés à temps grâce à une prise en charge adaptée.

Ce guide détaille les signaux d’alerte que chacun devrait connaître, en détaillant les différences essentielles entre les symptômes de la maladie d’Alzheimer et les modifications naturelles survenant au fil des années.

Comprendre la démence : plus qu’une question de mémoire

Le terme démence, dans le langage médical, recouvre toutes les pathologies entraînant une altération durable des fonctions cognitives, telles que la mémoire, la pensée logique, la parole ou l’aptitude à s’orienter. La maladie d’Alzheimer se distingue comme la forme la plus répandue et débutant, dans la plupart des cas, après 65 ans.

Or, diagnostiquer tôt fait toute la différence : il permet de mieux organiser la vie de la personne, d’anticiper ses besoins et, parfois, de ralentir l’évolution des symptômes, tout en soulageant les proches (source : Fondation Alzheimer, 2023).

1. Perte de mémoire impactant la vie quotidienne

La perte de mémoire constitue le signe d’alerte le plus fréquent. Elle va bien au-delà des trous de mémoire occasionnels : elle perturbe significativement la vie de la personne.

Oublier de temps à autre l’endroit où l’on a posé les clés s’explique souvent par l’inattention ou la fatigue. Mais oublier continuellement des faits importants, ce qui met à mal l’autonomie, doit alerter (maladie d’Alzheimer).

2. Recul social et désintérêt pour les activités habituelles

L’apathie s’installe fréquemment au début de la maladie : la personne montre nettement moins d’enthousiasme pour ses loisirs favoris ou pour son cercle social habituel.

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  • Arrêt brusque de suivre une émission, un sport ou un loisir apprécié
  • Manque d’initiative pour sortir ou accueillir des amis
  • Désengagement des tâches du quotidien, y compris dans la famille (source : d’après François Lehn)

À ne pas confondre avec la nécessité de prendre du temps pour soi ou un passage à vide lié à l’humeur : ici, le repli est durable et inexpliqué par d’autres causes.

3. Désorientation spatiale et temporelle

Le sentiment de ne pas savoir où l’on se trouve ou à quel moment correspond la date actuelle est un signal important.

  • Méconnaissance de la saison ou de l’année en cours
  • Perte de repères dans son quartier, même familier
  • Incapacité à comprendre pourquoi l’on se retrouve en tel endroit

Une personne atteinte d’Alzheimer peut réellement être convaincue d’être quarante ans en arrière, bien après l’apparition des premières alertes. Cette confusion avec le temps qui passe accentue le risque de situations dangereuses.

4. Troubles visuo-spatiaux : la perception altérée de l’environnement

Avec la maladie d’Alzheimer, les fonctions permettant de juger les distances, reconnaître les formes ou les visages se troublent progressivement.

  • Estimation erronée des distances, rendant la marche incertaine
  • Difficulté à identifier des proches ou des objets courants
  • Interprétation faussée d’images ou de plans

Des gestes quotidiens comme gravir les escaliers, franchir le seuil d’une porte ou reconnaître une image familière sur un écran s’en trouvent affectés. Ces troubles précèdent souvent les pertes de mémoire les plus marquées.

5. Déclin des capacités de communication

Les troubles du langage et de l’expression écrite contribuent à l’isolement progressif de la personne concernée.

  • Pénibilité à trouver le mot juste lors d’une conversation
  • Difficultés à structurer une phrase à l’oral ou par écrit
  • Incompréhension croissante de ce que disent les autres
  • Incitation à laisser la parole aux proches par crainte de s’embrouiller

Ces signes se différencient des petits moments de doute verbaux qui touchent parfois chacun ; ils s’expriment par une gêne visible et répétée, affectant la vie sociale.

6. Atteinte des fonctions exécutives : résolution de problèmes et organisation en péril

La démence impacte rapidement les fonctions de planification, d’autocontrôle et d’adaptabilité nécessaires à la vie autonome.

  • Erreurs répétées dans la gestion du budget et des factures
  • Incapacité soudaine à suivre une recette, même connue depuis des années
  • Multiplication du temps nécessaire à accomplir des tâches routinières comme préparer le petit-déjeuner

À ce stade, il importe de consulter un professionnel qui pourra différencier un trouble lié à la surcharge de stress ou de nouvelles responsabilités d’une altération inquiétante des capacités d’organisation (inspiré de “Rajeunir”, 2021).

7. Évolution de la personnalité et instabilité émotionnelle

Les proches notent fréquemment l’apparition de réactions inhabituelles, parfois disproportionnées, face aux événements.

  • Survenue d’irritabilité, de suspicion ou d’anxiété marquée
  • Fluctuations rapides de l’humeur, de la joie à la tristesse par exemple
  • Comportements phobiques ou réactions d’angoisse devant l’imprévu

Ce type de changement, s’il s’étend sur plusieurs semaines et s’associe à d’autres troubles, doit inciter à faire le point auprès d’un médecin.

8. Objets égarés et difficulté à s’organiser dans l’espace

Le désordre dans la gestion des affaires personnelles va plus loin que perdre un porte-monnaie : la personne ne retrouve plus ce qu’elle a posé ni ne se souvient pourquoi elle l’a déplacé.

  • Incapacité à retrouver des objets essentiels, y compris dans un environnement familier
  • Tendance à soupçonner une tierce personne d’avoir « volé » ce qui a été déplacé par distraction
  • Sentiment de confusion et de frustration récurrents lors des recherches

Ce n’est pas une simple distraction passagère : l’acte d’égarer et de « perdre la trace » d’un objet devient fréquent, perturbant fortement l’organisation du quotidien.

9. Faculté de jugement compromise

La modification du discernement peut mener à des situations problématiques, en particulier dans la gestion de l’argent, la sécurité ou les relations.

  • Facilité à se faire abuser par des démarcheurs téléphoniques et à envoyer de l’argent sans méfiance
  • Mauvaise adaptation vestimentaire au climat (sortir légèrement vêtu par temps froid, par exemple)
  • Prise de décisions routières dangereuses, notamment au volant

Il est naturel de prendre, parfois, une mauvaise décision. Mais avec la maladie d’Alzheimer ou une autre forme de démence, l’accumulation de mauvais choix dépasse le simple manque d’attention.

10. Incapacité progressive à mener des tâches courantes

L’une des plus grandes alertes réside dans la perte de compétences acquises depuis longtemps, qui touchent le travail comme les gestes de la vie de tous les jours.

  • Se perdre en rentrant chez soi après un itinéraire habituel
  • Difficultés répétées dans l’accomplissement de tâches maîtrisées (par exemple, manipulation de la cafetière après des années d’utilisation)
  • Échecs dans l’organisation professionnelle ou domestique

Il ne s’agit pas d’un problème lié à l’apprentissage d’une nouvelle technologie, comme la prise en main d’une télévision moderne, mais d’une restriction inattendue affectant ce qui était, jusque-là, parfaitement intégré. Une prise en charge rapide renforce les capacités restantes et apaise le contexte familial.

Mieux faire la distinction : Alzheimer, démence et vieillissement normal

Nombre de manifestations de la maladie d’Alzheimer sont confondues, à tort, avec les conséquences naturelles du vieillissement. Or, l’oubli occasionnel ou la distraction sont communs avec l’âge, mais ne s’accompagnent ni de désorientation majeure, ni de perte des gestes quotidiens. Selon l’INSERM, l’évolution trouble peu à peu l’autonomie fonctionnelle en cas de démence, là où un changement lié à l’âge reste ponctuel ou maîtrisé (2023).

  • Vieillissement naturel : Oublier le prénom d’un voisin mais s’en souvenir après quelques minutes, hésiter devant une tâche nouvelle, demander de l’aide ponctuellement.
  • Début de démence : Répéter toujours la même question, perdre le fil d’un rendez-vous précis, s’isoler durablement, oublier le chemin de retour à la maison.

Un diagnostic précoce et précis reste la meilleure arme : il ouvre la porte à des dispositifs de soutien, à un traitement médicamenteux adapté dans certains cas, et à une meilleure anticipation du parcours de vie.

Quels réflexes adopter si l’un de ces signes apparaît ?

  • Prendre rendez-vous avec un professionnel de santé dès l’apparition de signes inhabituels
  • Rassembler des informations sur les antécédents médicaux et l’évolution des symptômes
  • Observer, sans dramatiser, pour décrire précisément les situations problématiques
  • Ne pas hésiter à solliciter des associations de soutien et des dispositifs d’aide (les structures spécialisées régionales, la Pressesante.com peut orienter également)

L’objectif n’est pas d’autodiagnostiquer, mais d’établir rapidement un dialogue avec le médecin référent pour distinguer un trouble évolutif d’un simple passage à vide.

Ce qu’il faut retenir

La maladie d’Alzheimer, principale cause des syndromes démentiels, bouleverse tous les aspects du quotidien, bien au-delà de la seule mémoire. Repérer les signaux d’alerte – perte de mémoire, désorientation, difficultés de communication, baisse du jugement, perte d’intérêt – constitue le premier pas pour garantir à la fois une meilleure qualité de vie au malade et un accompagnement adapté pour l’entourage. Un repérage précoce ouvre la porte à des interventions médicales et sociales capables de ralentir la perte d’autonomie et d’éviter l’isolement.

Si vous ou l’un de vos proches présentez plusieurs de ces symptômes, il est indispensable de consulter un professionnel de santé, qui pourra poser un diagnostic et orienter vers les prises en charge pertinentes. Bien qu’Alzheimer ne soit pas guérissable à ce jour, les stratégies de prise en charge continuent de progresser, alliant accompagnement médical et humain (source : Fondation Alzheimer, 2023).

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