Le secret de l’activité physique sur la longévité en bonne santé : mélanger plusieurs sports
Selon Harvard, pratiquer plusieurs types d'activité physique, de la marche au jardinage en passant par la musculation, est associé à un risque de mortalité plus faible

Bouger protège le cœur, le cerveau et de nombreux organes. Une grande étude publiée en 2026 dans BMJ Medicine montre que la variété des activités physiques compte autant que la quantité.
Selon les chercheurs de la Harvard T.H. Chan School of Public Health, pratiquer plusieurs types de mouvements, de la marche au jardinage en passant par la musculation, est associé à un risque de mortalité plus faible, même à volume d’activité comparable.
Une étude de plus de 30 ans sur plus de 100 000 personnes
Pour comprendre le lien entre activité physique et longévité, les chercheurs ont analysé les données de plus de 111 000 adultes suivis pendant plus de trois décennies.
Ces participants venaient de deux grandes cohortes américaines bien connues : la Nurses’ Health Study, qui suit depuis 1976 des infirmières, et la Health Professionals Follow-Up Study, qui suit des professionnels de santé masculins.
Tous les deux ans, ils remplissaient un questionnaire détaillant le temps consacré à différents types d’activité : marche, jogging, course, vélo, natation, sports de raquette, musculation, travail de jardin ou de chantier, montée d’escaliers, exercices de tonification plus doux.
Les chercheurs ont ensuite relié ces informations à la mortalité sur la période de suivi
Au total, plus de 38 000 décès ont été enregistrés, dont environ 9 900 d’origine cardiovasculaire, plus de 10 700 par cancer et plus de 3 100 par maladies respiratoires.
Ce volume de données permet d’observer avec précision comment chaque type d’activité, et la combinaison de plusieurs d’entre elles, se relient au risque de décès toutes causes confondues et pour les principales grandes maladies.
Pour limiter les biais, les analyses ont exclu au départ les personnes déjà atteintes de maladies graves susceptibles de limiter fortement leurs capacités d’effort.
Plus on bouge, plus le risque baisse… jusqu’à un certain seuil
Premier résultat, déjà bien connu : plus le volume total d’activité physique est élevé, plus le risque de décès baisse, jusqu’à un certain plateau.
Les auteurs observent une relation dite « dose‑réponse » : le risque diminue quand l’activité augmente, puis finit par se stabiliser au‑delà d’un certain niveau.
Pour la mortalité cardiovasculaire, par exemple, la baisse du risque semble plafonner autour de 20 MET-heures par semaine d’activité totale, soit un peu plus que les 150 minutes hebdomadaires d’activité modérée recommandées par l’OMS.
Quand on regarde chaque type de sport séparément, les courbes ne sont pas parfaitement linéaires non plus.Pour la marche et la musculation, la réduction du risque d’all‑cause mortality semble se stabiliser autour de 7,5 MET-heures par semaine. Pour le jogging ou le vélo, les bénéfices sont marqués jusqu’à environ 9 et 7,5 MET-heures par semaine respectivement, puis la courbe devient plus plate. Autrement dit, une dose modérée et régulière d’activité apporte déjà une bonne partie du bénéfice, tandis qu’en faire beaucoup plus n’ajoute qu’un gain marginal pour la survie.
Varier ses activités réduit encore le risque de mortalité
La nouveauté de cette étude concerne surtout la variété des activités pratiquées.
Les chercheurs ont construit un score de « diversité » en comptant le nombre de types d’exercice réalisés régulièrement sur le long terme, puis l’ont suivi au fil des années. Ils ont ensuite comparé ce score à la mortalité, en ajustant pour le volume total d’activité, l’âge, le sexe, le tabac, l’alimentation, l’IMC et d’autres facteurs.
Résultat : les personnes qui pratiquaient le plus grand nombre de formes d’activité physique avaient un risque de décès prématuré réduit de 19% par rapport à celles qui en pratiquaient le moins, à niveau d’activité globale similaire.
Cette association reste visible quel que soit le volume total d’exercice, ce qui signifie que deux personnes bougeant autant en durée peuvent avoir un risque différent selon qu’elles varient ou non leurs pratiques.
Pour les décès cardiovasculaires, respiratoires ou par cancer, la variété reste liée à une baisse du risque, avec des réductions allant globalement de l’ordre de 13 à plus de 30% selon les causes, même après prise en compte de nombreux paramètres.
Les auteurs et plusieurs experts extérieurs soulignent que cette diversité d’activités permet probablement de stimuler des systèmes physiologiques différents.
La marche et le vélo travaillent surtout l’endurance cardiovasculaire, la musculation renforce la masse musculaire et la solidité osseuse, la montée d’escaliers ou certains sports de raquette sollicitent la puissance, l’équilibre et la coordination.
En combinant ces dimensions, le corps développe une forme de « réserve fonctionnelle » plus complète, qui protège mieux contre le vieillissement, les chutes, la fragilité et de nombreuses complications métaboliques.
Ce que cela change pour notre santé au quotidien
Pour le grand public, ces résultats portent un message plutôt rassurant. Ils montrent qu’il n’est pas nécessaire d’être un athlète de haut niveau pour tirer de vrais bénéfices de l’activité physique. Ce qui compte, c’est d’atteindre au moins les recommandations de base, puis, autant que possible, de mélanger les pratiques au lieu de se limiter à un seul sport.
Marcher tous les jours, faire un peu de renforcement musculaire deux fois par semaine, jardiner le week‑end, monter les escaliers plutôt que prendre l’ascenseur, jouer occasionnellement au tennis ou à un autre sport : mis bout à bout, ces gestes constituent ce « mix » d’activités que les chercheurs associent à une meilleure survie.
Pour les médecins, ce travail offre un support solide pour enrichir le discours en consultation.
Plutôt que de répéter uniquement « 30 minutes par jour », ils peuvent aider leurs patients à construire une « assiette d’activité » équilibrée : un peu d’endurance, un peu de force, un peu de mouvements plus ludiques.
Cette diversité peut également améliorer l’adhésion : alterner plusieurs types d’exercices limite la monotonie, réduit le risque de surcharge ou de blessure sur une même chaîne musculaire et permet d’adapter les séances à la fatigue ou aux contraintes du moment.
Les auteurs rappellent toutefois que l’étude reste observationnelle et que certains biais, comme la qualité de la mesure par questionnaire ou le profil socio-économique des participants, peuvent influencer les résultats.
Malgré ces limites, les données s’inscrivent dans un ensemble de travaux convergents montrant qu’une vie active, variée et régulière reste l’un des meilleurs moyens de prévenir les maladies cardiovasculaires, certains cancers et la mortalité prématurée.
A retenir
Une grande étude publiée dans BMJ Medicine, menée sur plus de 100 000 adultes suivis pendant plus de 30 ans, confirme que bouger plus réduit le risque de décès prématuré.
Elle montre aussi que la variété des activités physiques apporte un bénéfice supplémentaire, indépendant de la quantité totale d’exercice.Pour la vie quotidienne, le message est simple : combiner marche, vélo, musculation, activités de jardin ou de bricolage, sports de raquette ou exercices plus doux semble protéger plus efficacement qu’un seul sport pratiqué en continu. L’objectif n’est pas la performance, mais une palette de mouvements réguliers, plaisants et adaptés à son âge et à son état de santé, pour prévenir les maladies chroniques et préserver sa qualité de vie le plus longtemps possible.
Source
Communiqué Harvard T.H. Chan School of Public Health, « Exercise variety—not just amount—linked to lower risk of premature mortality », janvier 2026.
Communiqué BMJ Group, « Mix of different types of physical activity may be best for longer life », janvier 2026.
Cet article a été élaboré avec le soutien d’un outil d’intelligence artificielle. Il a ensuite fait l’objet d’une révision approfondie par un journaliste professionnel et un rédacteur en chef, assurant ainsi son exactitude, sa pertinence et sa conformité aux standards éditoriaux.
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