Le basilic : un couteau suisse médicinal au parfum méridional

De l’antiquité jusqu’à aujourd’hui, à travers le monde, le basilic est apprécié pour ses bienfaits culinaires et thérapeutiques. Cette plante herbacée aux effluves très identifiables appartient à la famille des lamiacées ou labiées ou labiacées. Elle porte plusieurs noms : Ocimum basilicum (nom scientifique), herbe royale, basilic aux sauces, grand basilic ou encore oranger des savetiers.

Le type le plus commun en Europe, « le grand vert », est aussi populaire en Provence sous l’appellation pistou, à la base du pesto italien. Mais il existe de nombreuses autres variétés. Au Moyen Âge, le basilic était classé parmi les plantes de sorcellerie. Quels sont ses secrets ? Mérite-t-il toujours cette réputation ?

Quelle est la composition du basilic ?

Cette plante est très riche en composants. Ses propriétés sont si nombreuses qu’on le présente parfois comme un couteau suisse médicinal :

  • huile essentielle : la composition change selon les variétés. Celle du basilic romain contient du linalol (sédatif, antalgique), géraniol, 1.8- cinéole, eugénol (des composés aux multiples propriétés thérapeutiques) mais pas de méthylchavicol, un composé jugé toxique et potentiellement cancérigène,
  • polyphénols : des flavonoïdes antioxydants (quercétol et kaempférol), de l’acide caféique et de l’acide rosmarinique (des antioxydants, stimulants, antiviraux, anti-inflammatoires),
  • tannins : anti-inflammatoires, antibactériens, astringents,
  • coumarines : anti-inflammatoires, antioxydantes, stimulantes,
  • triterpènes : acide oléanolique et acide ursolique (protecteurs cardiovasculaire, anti-inflammatoires, antiviraux, antibactériens…),
  • minéraux et vitamines : phosphore, magnésium, calcium, fer, potassium, vitamines A,C,K.

Pourquoi l’utiliser en phytothérapie ?

  • renforcer les défenses immunitaires : stimuler le tonus, diminuer la fièvre et lutter contre les infections (rhumes, angines, toux),
  • apaiser les troubles de la digestion : ballonnements, flatulences, aigreurs et crampes d’estomac, diarrhées, nausées, inappétence,
  • prévenir les maladies cardiovasculaires et ralentir le vieillissement cellulaire,
  • réguler l’hypertension et diminuer le taux de cholestérol,
  • se détendre, apaiser le stress et les petites douleurs.

Des recherches sont menées pour évaluer ses effets contre le diabète : l’acide rosmarinique du basilic pourrait agir contre la résistance à l’insuline (régulation de la glycémie).

Comment en tirer profit pour se soigner ?

  • tisane : faire infuser entre 3 et 5 grammes de basilic frais par tasse et boire après chaque repas.
  • décoction : faire bouillir 2 cuillères à soupe de feuilles de basilic frais et de sommités séchées dans 25 cl d’eau, 20 minutes. Filtrer. Utiliser en gargarisme 2 ou 3 fois par jour.
  • teinture-mère : 30 gouttes dans un demi-verre d’eau, 2 à 3 fois par jour, à distance des repas.
  • huile essentielle : 1 goutte dans une cuillère à café de miel ou masser les zones douloureuses, le ventre par exemple, avec quelques gouttes mélangées à une huile de support.

Y a-t-il des précautions à prendre ?

Le basilic est bénéfique pour la santé dans des quantités normales. Néanmoins, il peut provoquer des allergies ou des intoxications de type vertiges, vomissements, diarrhées, démangeaisons.

Les huiles essentielles de basilic sont déconseillées aux femmes enceintes, allaitantes et aux enfants. Il est recommandé d’utiliser l’huile essentielle du basilic romain. Celle du basilic sacré indien, le tulsi, contient un composant potentiellement cancérigène (le méthylchavicol, également nommé estragole).

L’huile essentielle de basilic doit être diluée dans une huile essentielle de support (risque d’irritation cutanée).

L’eugénol contenu dans la plante peut interagir avec des médicaments anticoagulants.

Toujours prendre l’avis d’un professionnel de santé car l’automédication peut entraîner des risques.

 

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Aline Legrand