Importance des oméga-3 : un nutriment essentiel pour la santé

Auteur: Aline Legrand

Publié le:

Importance des oméga-3 : un nutriment essentiel pour la santé
Un nouveau rapport suggère que la plupart des Américains présentent des taux de deux oméga-3 importants, l'EPA et le DHA, inférieurs à la normale.

L’importance des oméga-3 est démontrée pour la santé cardiaque, cérébrale et oculaire. Les derniers résultats, publiés par les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) sous le nom de Rapport nutritionnel 2026, ont couvert 131 indicateurs biochimiques de la santé nutritionnelle, incluant les vitamines et les minéraux :

  • certains résultats ont été encourageants : notamment une augmentation d’environ 20 % des taux sériques moyens de vitamine D depuis 1999,
  • d’autres ont été plus préoccupants : baisses des taux de folate et d’iode,
  • une conclusion se démarque : la plupart des Américains ne consomment peut-être pas assez de deux acides gras oméga-3 essentiels, l’EPA et le DHA, alors que leur importance pour la santé est démontrée.

Les résultats n’ont pas été un choc, car la consommation des produits de la mer aux États-Unis est depuis longtemps en deçà des recommandations, notamment les poissons gras. Quels sont les enseignements de ce rapport et comment consommer davantage d’oméga-3 ?

Quelle est l’importance des oméga-3 ?

Les acides gras oméga-3 sont des graisses polyinsaturées indispensables à l’organisme, qui ne peut pas en produire suffisamment par lui-même.

Il en existe trois types principaux :

  • l’ALA (acide alpha-linolénique) : présent principalement dans les aliments d’origine végétale comme les graines et les fruits à coque, que le corps ne peut pas fabriquer du tout,
  • l’EPA (acide eicosapentaénoïque) : des oméga-3 à chaîne longue contenus principalement par le poisson et d’autres produits de la mer,
  •  le DHA (acide docosahexaénoïque) : également à chaîne longue, principalement présents dans les produits de la mer.

Le corps ne peut convertir qu’une quantité limitée d’ALA en DHA et en EPA : il faut donc en consommer suffisamment. Les oméga-3 à chaîne longue sont surtout connus pour leur rôle dans la réduction des triglycérides, une forme de graisse dans le sang qui peut augmenter le risque de maladie cardiaque et d’accident vasculaire cérébral lorsque les taux sont trop élevés. Les oméga-3 sur ordonnance sont approuvés par la FDA (Food and Drugs Administration) pour les adultes ayant des taux de triglycérides très élevés.

Les oméga-3 ont également des propriétés anti-inflammatoires et peuvent influencer le fonctionnement des vaisseaux sanguins et le rythme cardiaque.

Le DHA est aussi un composant structurel majeur du cerveau et de la rétine : son rôle potentiel dans la santé cérébrale et oculaire est toujours étudié par les chercheurs.

Ne pas consommer suffisamment de ces oméga-3 signifie passer à côté de nutriments essentiels pour la santé cardiaque et cérébrale. Une carence sévère est rare, mais les spécialistes en nutrition affirment qu’un apport chroniquement faible peut indiquer un besoin alimentaire à combler.

Que dit le rapport de la consommation d’oméga-3 ?

Les CDC ont constaté que 98 % de la population américaine présentait un indice d’oméga-3 inférieur aux niveaux optimaux entre 2021 et 2023, et plus de la moitié un indice excessivement bas.

L’indice reflète la quantité combinée d’EPA et de DHA dans les globules rouges et est généralement interprété selon trois plages : en dessous de 4 %, il est considéré comme indésirable, de 4 % à 8 % intermédiaire, et au-dessus de 8 % optimal.

Les groupes présentant des taux plus élevés étaient et/ou plus âgées, à peau noire, non-fumeurs et d’un niveau d’éducation plus élevé.

Ces résultats offrent un aperçu de l’état des oméga-3 mais n’informent pas sur la quantité d’oméga-3 réellement consommée par les Américains via leur alimentation.

Quelle quantité d’oméga-3 a-t-on besoin ?

Les recommandations varient selon le type :

  • oméga-3 à chaîne longue : l’American Heart Association recommande aux personnes ne souffrant pas de maladie coronarienne de consommer au moins deux portions de poisson par semaine, en particulier du poisson gras. Celles atteintes de maladie coronarienne, la plus fréquente des maladies cardiaques, devrait absorber environ 1 gramme par jour d’EPA et de DHA, de préférence provenant de poissons gras.
  • niveaux d’apport adéquat d’ALA : environ 0,9 à 1,6 gramme par jour pour les hommes à 0,9 à 1,1 gramme par jour pour les femmes, selon l’âge, d’après The National Academy of Medicine.

Quelles sont les meilleures sources alimentaires d’oméga-3 ?

Pour augmenter l’apport en EPA et en DHA, il faut manger plus de poissons gras, l’une des sources directes les plus riches : saumon, sardine, hareng, truite. Pour l’ALA d’origine végétale : graines de chia, de lin, fruits à coque.

Une boîte de sardines sur des toasts, du saumon un soir de semaine chargé, ou une cuillère à soupe de graines de lin moulues dans de l’avoine peuvent faire une grande différence.

Les poissons plus grands, comme l’espadon et le thazard roi, peuvent contenir des niveaux plus élevés de méthylmercure, potentiellement nocifs consommés en grandes quantités, notamment pendant la grossesse ou l’allaitement.

Les personnes qui ne mangent pas de poisson régulièrement peuvent consommer certains aliments enrichis : lait, purée de fruits et dessert aux fruits pour aider à augmenter l’apport. Ils ne remplacent pas les produits de la mer mais peuvent aider à combler les carences.

Que penser des compléments d’oméga-3 ?

La plupart des spécialistes recommandent d’obtenir des oméga-3 par l’alimentation plutôt qu’en compléments car les aliments fournissent des nutriments supplémentaires et comportent moins de risques potentiels.

Avant de prendre un complément d’oméga-3, demander un avis médical. Comme les oméga-3 peuvent affecter la coagulation sanguine, les compléments peuvent interférer avec les traitements anticoagulants ou antiplaquettaires. De fortes doses de compléments d’huile de poisson ont été associées à des cas de fibrillation auriculaire, selon une méta-analyse réalisée en 2024. Les oméga-3 en compléments alimentaires peuvent aussi provoquer des effets secondaires mineurs, comme un arrière-goût de poisson, des rots ou des troubles digestifs.

Les suppléments ne sont pas rigoureusement réglementés par la FDA et il est difficile de savoir si un produit est sûr, efficace ou s’il contient même ce que suggère l’étiquette. Il est indispensable de respecter le dosage recommandé et d’acheter des produits conformes aux normes (en France et en Europe, le cadre normatif est y plus strict qu’aux USA par principe de précaution).

La FDA américaine recommande de ne pas consommer plus de 2 grammes par jour d’EPA et de DHA provenant de compléments et pas plus de 3 grammes au total. Les compléments fonctionnent mieux dans le cadre d’une approche globale et il est préférable d’en discuter avec un médecin. Ce qui convient à une personne ne convient pas toujours à une autre.

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